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 Les plus beaux poèmes

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Noxer  /  Let's flood until the next one


Remerciements

Je dois beaucoup à ceux
dont je ne suis pas amoureuse.

Le soulagement d'apprendre
que d'autres ils sont plus proches

La joie de ne pas être
le loup de leurs agneaux.

La paix vient avec eux, et la liberté,
choses que l'amour ne saurait donner,
ni prendre au demeurant.

Je ne les attends pas
de la porte à la fenêtre.
Patiente tel un cadran solaire,
prête à comprendre
ce que l'amour ne saurait comprendre,
à pardonner
ce que l'amour ne pardonnerait jamais.

D'une lettre à une rencontre
s'étale non pas l'éternité,
mais quelques jours tout bêtes, ou quelques semaines.

Avec eux les voyages sont réussis,
les concerts bien entendus,
les cathédrales bien visitées,
et les paysages bien distincts,
et lorsque des terres et des océans nous séparent,
il s'agit d'océans et de terres
bien connus de la géographie.

C'est à eux que je dois de vivre
en trois solides dimensions
dans un espace non lyrique, et non rhétorique,
doté d'un horizon réel, mobile, comme il se doit.

Ah ! ils ignorent sans doute
combien ils m'apportent dans leurs mains vides.

"Je ne leur dois rien du tout"
dirait l'amour
à ce sujet ouvert.

PS : lion piteux l'avait déjà partagé je crois ça m'a fait une surprise de le redécouvrir en plein milieu du recueil je n'avais pas fait de lien ni retenu le nom I love you
 
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Noxer  /  Let's flood until the next one


Il y a des poèmes très drôles et d'autres très beaux et touchants, j'aime beaucoup en tout cas c'est léger et sans complexe, et pourtant très sérieux malgré tout, j'en mets un dernier qui résume assez bien le tout

Le 16 mai 1973

Une de ces nombreuses dates
qui ne me disent plus rien.

Où suis-je allée ce jour-là,
qu'ai-je fait - je ne sais pas.

Si un crime avait eu lieu dans le voisinage,
je n'aurais pas d'alibi.

Le soleil éclata et s'éteignit
hors de mon attention.
La terre tourna une fois
sans trace dans mon bloc-notes.

Il aurait été plus léger de penser
que j'étais morte un instant,
que d'avoir tout oublié
de cette vie sans relâche.

Pourtant je n'étais pas un fantôme,
je respirais, je mangeais,
je faisais des pas,
des pas clairement audibles,
et mes empreintes digitales
auront marqué des poignées.

Des miroirs m'ont bien réfléchie.
J'avais mis quelque chose d'une couleur quelconque.
Quelques-uns m'auront tout de même aperçue.

Qui sait, ce jour-là,
j'aurai peut-être trouvé quelque chose de perdu.
Ou perdu quelque chose de retrouvé ensuite.

J'étais plein d'émotions, d'impressions.
Et soudain il n'en reste plus
que trois points entre parenthèses.

Où me suis-je embarquée ?
Où ai-je pu disparaître ?
Pas mal comme tour de passe-passe
de se perdre de vue comme ça.

Je secoue bien fort ma mémoire -
qui sait, dans ses branches, peut-être,
quelque chose qui dort depuis des lustres
s'envolera maintenant avec un bruit d'ailes.

Non.
Sans doute est-ce trop demander :
une seule et entière seconde.

Wislawa Szymborska, De la mort sans exagérer
 
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Loup Colette  /  La Papesse


I love you Wislawa Szymborska I love you
 
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


tu cites presque tous mes préférés, c'est marrant !!


Poésie - Miettes - Elèves - Nouvelles - Thèse
 
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Loup Colette  /  La Papesse





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Kid Chaos  /  Pippin le Bref






Envie de chaos ?  Fais un tour ici.
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Invité  /  Invité


Prendre corps


Je te narine je te chevelure

je te hanche

tu me hantes

je te poitrine

je buste ta poitrine puis te visage

je te corsage

tu m’odeur tu me vertige

tu glisses

je te cuisse je te caresse

je te frissonne

tu m’enjambes

tu m’insupportable

je t’amazone

je te gorge au ventre

je te jupe

je te jarretelle je te bas je te Bach

oui je te Bach pour clavecin sein et flûte



je te tremblante

tu me séduis tu m’absorbes

je te dispute

je te risque je te grimpe

tu me frôles

je te nage

mais toi tu me tourbillonnes

tu m’effleures tu me cernes

tu me chair cuir peau et morsure

tu me slip noir

tu me ballerines rouges

et quand tu ne haut-talon pas mes sens

tu les crocodiles

tu les phoques tu les fascines

tu me couvres

je te découvres je t’invente

parfois tu te livres



tu me lèvres humides

je te délivre et je te délire

tu me délires et passionnes

je t’épaule je te vertèbre je te cheville

je te cils et pupilles

et si je ne m’omoplate pas avant mes poumons

même à distance tu m’aisselles

je te respire

jour et nuit je te respire

je te bouche

je te palais je te dents je te griffe

je te vulve je te paupières

je te haleine

je t’aine

je te sang je te cou

je te mollets je te certitude

je te joues et te veines



je te mains

je te sueur

je te langue

je te nuque

je te navigue

je t’ombre je te corps et te fantôme

je te rétine dans mon souffle

tu t’iris

je t’écris

tu me penses



Ghérasim Luca
Paralipomènes, Editions Le Soleil noir, 1976

Ohlala <3 Embarassed ça donnerait de belles éditions illustrées.
 
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Kid Chaos  /  Pippin le Bref


Jasmin a écrit:
Ghérasim Luca
Paralipomènes, Editions Le Soleil noir, 1976
I love you

C'est marrant il y a un extrait de Pichette, le mec qui lit au-dessus de ton post, qui ressemble énormément dans Les épiphanies.
"Je t'usine je te jambe je te charbon je te fer je te lune je te caisse je te thé je te livre je te cage je te torse"
et ça dure 2 pages.

Comme un lien secret entre nos deux posts eheh.  bounce



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   Pensée du jour  :  Ton prénom est une bouche sans yeux ils bavent tu as ce qui empire petits clous de finition barrage retenu par l’épaule les anneaux s’affinent au fond du lac il manque ton corps"
   Date d'inscription  :  27/05/2017
    
                         
Hel  /  Pour qui sonne Lestat


Citation :
Ghérasim Luca
Paralipomènes, Editions Le Soleil noir, 1976
Ah bon. J'ai cru que c'était du Thomas moi. Shocked

Remerciements que tu as posté est trop chouette Noxer
 
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Hobbes  /  Attention : chat méchant


Precious Okoyomon a écrit:

Precious Okoyomon a écrit:

J'aime bien celui-là aussi même si son recours systématique à l'ironie lui donne un air timide et paresseux.
https://premierdegre.com/
 
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Loup Colette  /  La Papesse


Kid Chaos a écrit:
Jasmin a écrit:
Ghérasim Luca
Paralipomènes, Editions Le Soleil noir, 1976
I love you

C'est marrant il y a un extrait de Pichette, le mec qui lit au-dessus de ton post, qui ressemble énormément dans Les épiphanies.
"Je t'usine je te jambe je te charbon je te fer je te lune je te caisse je te thé je te livre je te cage je te torse"
et ça dure 2 pages.

Comme un lien secret entre nos deux posts eheh.  bounce

haha oui, clairement ! un jour j'avais fait le lien aussi entre les deux en disant que Luca faisait du mauvais Pichette ou l'inverse je ne sais plus
(mais je n'aime vraiment pas ce qu'ils font tous les deux, alors ca compte pas pareil Embarassed )


tiens jasmin d'ailleurs c'est bien connu mais Arthur H a repris ce texte en chanson https://www.dailymotion.com/video/xxhd2v
 
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   Pensée du jour  :  Ton prénom est une bouche sans yeux ils bavent tu as ce qui empire petits clous de finition barrage retenu par l’épaule les anneaux s’affinent au fond du lac il manque ton corps"
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Hel  /  Pour qui sonne Lestat


Le féminicide de Juarez

Pierre DesRuisseaux




A César Vallejo, poète péruvien

Je suis né un jour
où Dieu était malade

tous savent que je suis vivant
que je suis féroce, que je
ne peux distinguer décembre de janvier
je suis né un jour
où Dieu était malade

il y a un vide
de mon être métaphysique
que personne n’a pu saisir
un silencio qui s’exprime à fleur de peau
voyez-vous je suis né un jour
où Dieu était malade

mon frère écoute-moi
pour que je ne parte pas
sans emporter décembre
sans oublier janvier
je suis né un jour
où Dieu était malade

tous savent que je suis vivant
que je me nourris mais ignorent
pourquoi dans mes vers râpeux
il y a un obscur sentiment d’inconfort
un grand vent qui interroge
le désert

tous savent et ne savent pas
que la lumière se consume
et l’ombre est immense
que le mystère est une triste musique
qui de loin en loin dénonce la mort
moi je suis né un jour
où Dieu était malade.
 
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Fatalité  /  Blanchisseur de campagnes


Tu te tairas, ô voix sinistre des vivants !

Blasphèmes furieux qui roulez par les vents,
Cris d'épouvante, cris de haine, cris de rage,
Effroyables clameurs de l'éternel naufrage,
Tourments, crimes, remords, sanglots désespérés,
Esprit et chair de l'homme, un jour vous vous tairez !
Tout se taira, dieux, rois, forçats et foules viles,
Le rauque grondement des bagnes et des villes,
Les bêtes des forêts, des monts et de la mer,
Ce qui vole et bondit et rampe en cet enfer.

Tout ce qui tremble et fuit, tout ce qui tue et mange
Depuis le ver de terre écrasé dans la fange
Jusqu'à la foudre errant dans l'épaisseur des nuits !
D'un seul coup la nature interrompra ses bruits,
Et ce ne sera point, sous les cieux magnifiques,
Le bonheur reconquis des paradis antiques,
Ni l'entretien d'Adam et d'Ève sur les fleurs,
Ni le divin sommeil après tant de douleurs ;
Ce sera quand le Globe et tout ce qui l'habite,
Bloc stérile arraché de son immense orbite,
Stupide, aveugle, plein d'un dernier hurlement,
Plus lourd, plus éperdu de moment en moment,
Contre quelque univers immobile en sa force
Défoncera sa vieille et misérable écorce,
Et, laissant ruisseler, par mille trous béants,
Sa flamme intérieure avec ses océans,
Ira fertiliser de ses restes immondes
Les sillons de l'espace où fermentent les mondes.

- Leconte de Lisle, Solvet Seclum.
http://libertephilo.forumactif.org
 
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   Pensée du jour  :  « seul sage dans un banquet de gens ivres »
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rodé  /  Blanchisseur de campagnes


LES ANNEES D'UNE VIE

Sept. L'enfant perd ses dents et d'autres les remplacent
Et son esprit s'accroît. Sept ans encor se passent
Et son corps florissant se prépare aux amours.
Trois fois sept : sa vigueur va grandissant toujours
Et sur sa fraîche joue un blond duvet se lève.
Sept encore : il est mûr pour les travaux du glaive ;
Son esprit et son corps sont tout deux accomplis.
Cinq fois sept : il est temps que vers de justes lits
Il tourne sa pensée et choisisse une femme.
Six fois sept : il a su, enrichissant son âme,
Vivre, penser, combattre, obtenir, s'efforcer ;
S'il le fallait, sans deuil il pourrait renoncer
Aux biens trop éloignés, au but peu accessible,
Comptant dorénavant de jouir du possible.
Sept fois sept, huit fois sept : son aisance est suprême ;
Il s'impose à autrui, il se connait soi-même ;
Neuf fois sept : tout en lui a gardé sa fierté,
Mais sa voix au conseil est désormais moins sûre,
Il sent diminuer sa vieille autorité.
Dix fois sept : de la vie il a pris la mesure :
Il va pouvoir dormir avec sérénité.

Solon, traduit par Marguerite Yourcenar dans La Couronne et la Lyre
 
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art.hrite  /  Chantre brahmane ज्ञानयोग


XXVIII

J'ai aujourd'hui lu presque deux pages
Du livre d'un poète mystique,
Et j'ai ri comme qui a beaucoup pleuré.

Les poètes mystiques sont des philosophes malades
Et les philosophes sont des hommes déments.
Car les poètes mystiques disent que les fleurs ont des sentiments
Et disent que les pierres ont une âme
Et que les fleuves connaissent des extases sous le clair de lune.

Mais les fleurs, si elles avaient des sentiments, ne seraient pas des fleurs,
Elles seraient des personnes ;
Et si les pierres avaient une âme, elles seraient choses vivantes, et non des pierres;
Et si les fleuves connaissaient des extases sous le clair de lune,
Les fleuves seraient des hommes malades.

Il faut ne pas savoir ce que sont fleurs et pierres et fleuves
Pour parler de leurs sentiments.
Parler de l'âme des pierres, des fleurs, des fleuves,
C'est parler de soi-même et de ses propres fausses pensées.

Grâce à Dieu les pierres ne sont que pierres,
Et les fleuves ne sont rien que fleuves,
Et les fleurs, fleurs, tout simplement.

Pour moi, j'écris la prose de mes vers
Et j'en suis content,
Parce que je sais que je comprends la Nature de l'extérieur;
Et je ne la comprends pas de l'intérieur
Parce que la Nature n'a pas d'intérieur ;
Sinon elle ne serait pas la Nature.

Le gardeur de troupeau Alberto Caeiro (F. Pessoa)



 
   
    
                         
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