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 JE Bouquine : Édition 19 : Grand Hôtel (V. Baum) - Lecture et retours

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Quod
   
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Quod  /  Pouyoute (© Birdy)







LISEZ !


L'œuvre choisie pour cette dix-neuvième édition est Grand Hôtel de Vicky Baum.



Vous avez jusqu'au 28 mars (inclus) pour vous procurer et lire ce livre. Ne tardez pas trop !

Ce topic est dédié aux retours, sensations, sentiments, au cours et après la lecture.

Pour ceux qui manquent d’idées sur la façon de faire un retour ou un compte rendu, voici un petit questionnaire TOTALEMENT FACULTATIF. Il n’est là qu’à titre d’inspiration.


Spoiler:
 


Bonne lecture !







Et pour ceux qui aiment les badges :

Spoiler:
 





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Pasiphae
   
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


Merci Quod ! courons chez notre libraire :flower:


Poésie - Miettes - Elèves - Nouvelles - Thèse
 
Quod
   
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La seule bibliothèque a en avoir un exemplaire dans ma ville est super loin, j'envisage de l'acheter...


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PlumeSombre
   
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PlumeSombre  /  Effleure du mal


Voilà voilà, comme je l'avais sous la main, j'ai commencé à le lire avant-hier. Je n'ai pas beaucoup avancé. Je voulais juste prendre le pouls de l'histoire mais j'étais impatiente. Avant de m'y plonger j'ai un service presse à terminer.
J'ai donc lu deux chapitres qui plantent bien le décor et j'ai beaucoup aimé comme l'ambiance de l'hôtel est décrite et comme elle change en fonction du personnage qui est mis en avant. C'est assez subtil.
J'ai juste un regret qui est survenu dès les premières pages lues: j'aurais dû privilégier la version allemande originale et non m'attaquer à une traduction. Quand je l'ai acheté c'était un achat compulsif en librairie Wink
Il y a ce flair tout à fait particulier de la littérature germanophone qui transpire des lignes mais qui perd un peu de son charme à travers une traduction (j'ai lu quelques pages en allemand pour comparer).
Je me tâte... peut-être que je vais me procurer le bouquin en allemand. Je pense que pour le club de lecture, ça ne changera pas grand-chose Smile
 
Quod
   
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Quod  /  Pouyoute (© Birdy)


Si j'avais un meilleur niveau en allemand, je l'envisagerai aussi. C'est vrai que c'est dommage, ce qu'on perd à la traduction.

Je l'ai acheté, ça y est, je commence ce soir. Surprised


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LeBossu
   
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LeBossu  /  Tycho l'homoncule


Lu et déçu à ma première impression, mais je devais être un peu trop enthousiaste avant de commencer.
 
Pasiphae
   
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


J'ai largement entamé le bouquin, qui fonctionne de manière un peu addictive sur moi, sans que je puisse bien l'expliquer.... au tout début je pensais qu'on allait survoler plein de personnages, alors je suis contente de voir que malgré tout les quelques personnages évoqués prennent de la densité, et surtout, nous surprennent de plus en plus (le fonctionnaire pauvre et HS finit par devenir émouvant, ce genre de clichés peu à peu retravaillés au long du livre). Bon, poser la focale sur ces personnages un peu décadents m'a surprise, puisque la préface (très verbeuse) de mon édition parlait d'un bouquin ancré dans les Années folles et que j'imaginais peut-être plus de paillettes et moins de défaites personnelles et collectives, mais ce n'en est que mieux !


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LeBossu
   
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LeBossu  /  Tycho l'homoncule


C'est remarquablement bien construit : tout s'entrelace, se recoupe pour former un destin commun.
Les trajectoires individuelles, les thématiques (de l'argent, de la modernité, la vie et la mort), tout fonctionne par dualité, et se place dans une grande mécanique.


La dualité, on la retrouve dans les personnages : Kringelein/Preysing par leurs rapports sociaux ; Geigern/Otternschlag sur la guerre ; Flammèche/La Grousinskaïa sur la beauté.
Plus généralement, donnant son moteur à toute cette histoire, la dualité de la vie et de la mort.

Le tandem Kringelein/Preysing(/Geigern) est le plus évident, dans le sens où il concentre les antagonismes : sur l'argent, les rapports sociaux, le désir, l'amour. Surtout, sur leurs façons de réagir à la vie quand ils y sont confrontés.
Les deux connaissent une transformation, pourtant l'un ressort grand gagnant, et l'autre perd tout.

Au milieu de ce duo, le cas de Geigern, qui est un facilitateur, un catalyseur.
C'est lui qui permet à la transformation de Kringelein de se faire, c'est sa mort qui cèle le destin de Preysing ; au niveau du roman dans son entier, sa trajectoire brisée sert de lien avec une autre, divergente, qui est celle de la Grousinskaïa.

La Grousinskaïa, elle, est à mettre en parallèle avec Flammèche :
ce sont les deux femmes fatales du Grand Hôtel, elles provoquent la ruine ou la mort, mais révèlent aussi le désir et l'amour.

***
C'est la danse de la vie et de l'amour, du désir et de la mort, le désir brûlant de vivre qui anime tout le roman, qui pousse les personnages vers leurs choix, mais il y a aussi un autre élément, implacable, qui fait que leurs trajectoires sont plus que des vies séparées et s'entrecroisent pour former un destin :

le hasard.

Le hasard, c'est Otternschlag qui en offrant de céder sa chambre, fait entrer Kringelein au Grand Hôtel ;
c'est Preysing en rendez-vous d'affaires ;
son brusque changement d'avis quant aux lettres ;  
le réveil qui ne fonctionne pas ;
c'est un mensonge ;
ça peut aussi être une réclame lumineuse qui tombe en panne ;
de la pitié ;
un cambriolage raté qui oblige à trouver une autre cible ;
un portefeuille ;
la disposition des chambres de l'hôtel ;
ou un simple coup frappé à une porte.

Sans tout ceci, le trio Kringelein/Preysing/Geigern ne se forme pas, Geigern ne rencontre pas la Grousinskaïa, ne meurt pas, et ni Preysing, ni Kringelein ne rencontrent Flammèche.

Pourtant, on le voit bien, cette succession d'événements ne suffit pas pour faire un destin, tout au plus, une intrigue. Il manque du poids, la tension de l'histoire. Pour ça, il faut revenir en arrière et nouer encore les liens.

***
Ce qui fait que ces hasards, ces interactions, ces choix deviennent dramatiques ou tragiques, c'est qu'ils sont alourdis par la gravité de la vie, de l'argent, et de la mort.

Kringelein, petit comptable, qui par son désir de vie se transforme et grandit face à la mort, et dont l'angoisse de perdre son argent reste touchante.
Preysing, lourd de son pouvoir et de désir, qui se perd par le mensonge, la tentation, la rage.
Geigern, à la trajectoire brisée, incarnant la jeunesse et une joyeuse insouciance, mais que ses relations dangereuses et son besoin de moyens retiennent.
La Grousinskaïa, appesentie de vieillesse, sauvée et reprenant son envol.
Flammèche qui se prostitue avant de connaître l'amour simple.
Otternschlag, lui, reste. Il demeure à l'hôtel. Le traumatisme de ce personnage est déchirant, son maigre espoir de servir, d'aider quelqu'un est aussitôt anéanti, ne lui reste plus que son immense indifférence à tout, même aux plus grands drames.
Otternschlag est un personnage mort, le grand œil vide de tout.

À ceci, il faut ajouter une poignée de personnages ou d'éléments secondaires qui renforcent ou nouent l'action :
le personnel de l'hôtel, la naissance, la métaphore de la porte tournante, le chasseur Karl dont le coup frappé à la porte provoque la mort de Geigern, la modernité qui renforce les moments clés : le vertige de la vitesse et l'ivresse du jeu accélérant la transformation de Kringelein, le tourbillon de jazz fragmenté vu par Preysing, la bourse qui préfigure sa ruine, le panneau électrique qui précipite la chute de Geigern, le spectre de la Grande Guerre sur le visage d'Otternschlag, les signes de la Belle Époque.

***
« Ce qui semble dû au hasard est souvent régi par des lois »
Les personnages qui auraient dû se croiser au Grand Hôtel dans cette sorte de « demi-connaissance » voient leurs trajectoires se nouer inextricablement dans un instinct de mort qui les conduit vers la catastrophe finale, et seule la Grousinskaïa semble capable, en renaissant, de proposer un autre envol vers l'art et l'Amour.
 
   
    
                         
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