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 Du vocabulaire du divertissement

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Bzh0  /  Barge de Radetzky


TD;LR => on manque de vocabulaire pour parler de ce qu'on apprécie dans une oeuvre, on reste trop accroché à quelques mesures en sommes peu importantes (cohérence, rythme...)

Récemment, j'ai relu la saga Ewilan (et Ellana) du regretté Bottero, en espérant y retrouver l’enchantement de ma première lecture (looooongtemps auparavant), mais il faut dire que j'ai été déçu. J'ai trouvé beaucoup de défauts à ces livres qui m'avaient totalement échappé la première fois.
Pendant un moment, mon moi présent a fustigé mon moi passé : qu'il était bête! qu'il était peu subtil!
Puis j'ai pris un peu de recul : quel mal y avait-il à aimer cette oeuvre, peu importe ses "défauts"?

Là, vous allez me dire "oui l'art c'est subjectif on sait, ton raisonnement est aussi original et révolutionnaire que la recette des pâtes au beurre".
Je pourrais vous répondre que, révolutionnaire ou non, les pattes au beurre c'est vachement bon, mais j'ai bien peur de m'égarer.

Non, ma réflexion va plus loin : en fait, les éléments que je qualifie aujourd'hui de défauts n'en sont pas. Ce sont juste... des éléments, des choix d'auteurs, des choix de styles... Mais qui sont en fait très dur à qualifier!
Par exemple, un des ressorts scénaristiques des histoires d'Ewilan pour vaincre un obstacle insurmontable est de montrer qu'un des personnages est plus fort que ce qu'on pensait. Et quand je un des ressorts scénaristiques, je pense le ressort scénaristique majeur.
Ce point m'a particulièrement agacé. J'ai crié à l'incohérence, à la fainéantise de l'auteur, au deus ex machina... Et j'avais tort. On pourrait plus facilement parler de... "merveilleux".
Le merveilleux, c'est un monde qui n'obéit pas à nos dures lois physiques, pragmatiques et aveugles. Le merveilleux, c'est un monde où les règles changent d'une scène à l'autre, où les gentils sont forcément plus fort que les méchants, où l'amour est une source de pouvoir et non juste un sentiment. Le merveilleux, c'est un monde qui nous fait rêver en nous faisant sortir du nôtre.
Certains aiment. Certains aiment moins. Certains n'aiment pas.
Mais ce qui sépare ces catégories, ce n'est pas une question de "cohérence" ou autre. C'est une question d'aimer ou de ne pas aimer ce style d'histoire.

Et j'en viens (enfin!) au bout de mon propos : combien d'oeuvres ai-je ainsi dévalorisées parce que je n'en comprenais pas le style? Et à l'inverse, combien en ai-je adoré sans mettre le doigt sur les vraies raisons de ma passion pour ces histoires?

C'est extrêmement dommageable : on manque de mot pour parler de ces choses-là.  La plupart se rabat sur quelques termes vagues pour exprimer son ressentit, ce qui fait qu'on peut entendre de la même oeuvre qu'elle est "bien rythmé avec des personnages attachants" que "molle avec des personnages superficiels". On en revient à la subjectivité de l'art, mais les gens expriment leurs émotions, non ce qui a causé ces émotions.
Un petit cercle néanmoins arrivera à communiquer clairement sur le sujet : ce sont les "littéraires", joignant une grande culture à une connaissance universitaire de l'écrit. Mais malheureusement, ils sont difficilement compréhensibles par le commun des mortels. (Je pense notamment à la notion de "voyage du héros" qui bien qu'elle soit assez connue peut rapidement perdre vos interlocuteurs si vous n'y prêter garde)

Enfin bref, ce post est à la fois une exposition de ma réflexion et une porte ouverte à la vôtre : arrivez-vous à parler de ce qui fait une oeuvre au lieu de ce que l'oeuvre vous fait ressentir? Vous ai-je questionné, ou au contraire ai-je ressorti des idées vues et revues?

NB : je parle ici de "merveilleux" sans forcément parler du style littéraire
 
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Encrelune  /  Homme invisible


Ça me parait compliqué de détacher une oeuvre des émotions qu'on ressent, parce que justement ce sont ces émotions qui vont donner à notre lecture toute sa saveur. Personnellement, les livres qui m'ont le plus marquée sont ceux qui ont réussi à me faire ressentir les plus fortes émotions.
Après, le fait qu'on ne sache pas véritablement décrire pourquoi un roman nous a tant emballé ne tient peut-être pas tant à un manque de vocabulaire (un problème technique) qu'à la faculté à mettre en mots ce qu'on ressent. Je veux dire, si un passage dans un roman nous marque particulièrement, c'est peut-être parce qu'il nous renvoie sous une forme ou une autre à un événement de notre passé, à des personnes qu'on a réellement rencontrées, ou qu'il joue sur des peurs ancestrales, primitives. On se retrouve incapable de dire pourquoi une telle émotion nous a submergé parce qu'on a oublié l'événement ou la personne en question, mais le cerveau a quand même tissé les analogies. Et n'oublions pas l'inconscient, la cerise sur le gâteau...
Bref, pour moi, ce n'est pas un défaut de vocabulaire qui est en cause, mais plutôt la faculté de comprendre pourquoi cela nous a touché et donc de l'expliquer. Enfin, j'espère être à peu près claire :/

Quant au merveilleux dont tu parles, petits, on y a tous cru plus ou moins. Si le merveilleux de Bottero (qui était un auteur jeunesse) n'a plus prise sur toi, ça ne veut pas dire que ses livres sont mauvais, loin de là, ça veut juste dire que tu as grandi par rapport à ta première lecture, et que tu as vécu d'autres expériences.
Après, le phénomène inverse est possible : on peut lire un livre une première fois et le trouver bien mais sans plus, et le relire quelques années plus tard et le trouver bouleversant. Ça m'est arrivée d'ailleurs dernièrement avec une nouvelle d'Eric-Emmanuel Schmitt ^^
 
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Bzh0  /  Barge de Radetzky


Citation :
Après, le fait qu'on ne sache pas véritablement décrire pourquoi un roman nous a tant emballé ne tient peut-être pas tant à un manque de vocabulaire (un problème technique) qu'à la faculté à mettre en mots ce qu'on ressent
Mon esprit d'analyste n'aime pas du tout ça, mais oui c'est une réponse possible.
Après, comme mon exemple avec Bottéro, il est quand même possible de mettre des mots sur certaines choses, bien qu'effectivement il y a beaucoup trop de situation précise,en lien direct avec notre vécu, qu'il est difficile de quantifier.

Citation :
Si le merveilleux de Bottero (qui était un auteur jeunesse) n'a plus prise sur toi, ça ne veut pas dire que ses livres sont mauvais, loin de là, ça veut juste dire que tu as grandi par rapport à ta première lecture
Je me suis peut-être mal fait comprendre, mais c'est quasiment le fond de mon propos Wink
Je ne dirais même pas que c'est une question de "grandir" (qui sous entendrait qu'il faut être jeune pour aimer le merveilleux) mais juste de changer de goûts. (certes, via nos expériences)
 
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fleur-de-lyss  /  Tapage au bout de la nuit


C'est marrant, parce que je suis en pleine séance d'analyse à l'université et que mon prof nous dit de ne jamais négliger l'appréciation personnelle lorsqu'on fait une analyse Razz Je pense que la subjectivité et l'objectivité ne sont pas spécialement en opposition, mais en relation constante. Par contre, je ne suis pas certaine d'avoir compris pour autant la question/thématique exacte que veut dégager ce topic scratch

Perso, je me suis toujours appliquée à mettre le doigt sur les choses que j'aime ou n'aime pas. Je trouve ça intéressant parce que c'est bien de savoir aussi sur quoi on peut jouer quand on a besoin d'un truc un peu "fonctionnel" pour faire passer l'émotion qu'on veut quand on en a besoin. Par exemple, le manichéisme m'énerve au plus haut point, mais son fonctionnement est super intéressant pour voir comment en quelques traits, on dresse des personnages que les lecteurs vont catégoriser en gentils ou méchants. Après, je fais bien partie du petit cercle des universitaires et des grands lecteurs (+ formation d'éditrice qui doit objectiver autant que possible + prof de français qui doit initier les ado à l'analyse), dont tu parles dans ton premier message Razz
 
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Bzh0  /  Barge de Radetzky


Citation :
Par contre, je ne suis pas certaine d'avoir compris pour autant la question/thématique exacte que veut dégager ce topic scratch
Comme je l'ai dit, j'ai livré telle quelle une réflexion que je m'était faite, donc forcément c'est pas super clair ^^
L'idée de base est : catégoriser les éléments de récits qui font qu'on aime / n'aime pas une histoire me semble très difficile.
Je donnais l'exemple du "merveilleux", que certains aiment mais qui en rebute d'autre. Mais ce n'est qu'un élément parmi d'autre, et de plus assez simpliste.
 
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fleur-de-lyss  /  Tapage au bout de la nuit


Ok, je comprends, mais je ne trouve pas que c'est si difficile, en fait. Peut-être que ça dépend des caractères. J'ai commencé assez tôt (15 ans) les critiques et les bêta-lectures, donc il y a peut-être une part d'exercice. C'est vrai aussi que quand je lis un roman, je le lis en partie avec mon regard d'auteur en me demandant quelle est l'intentionnalité des différents procédés. Petite déformation professionnelle, peut-être?

Cela dit, c'est vrai que certains romans m'ont laissée plus perplexe, surtout quand je vois pourquoi l'auteur a fait les choix en question, mais que je n'arrive tout simplement pas à décider si c'est une bonne idée ou non Razz
 
   
    
                         
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