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 "La Hauteur de la parole poétique" existe-t-elle ?

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Le Trader  /  Barge de Radetzky


Je me baladais gentiment sur les goncourts de la poésie quand je suis tombé sur cet article très savoureux :
http://www.slate.fr/story/158644/avis-de-tempete-sur-le-printemps-des-poetes

et un passage m'a franchement plu, c'est de toute beauté.

Citation :
Un problème de communication apparaît également. Jean-Pierre Siméon «se méfiait d’internet» et aucun community manager de métier n’a jamais été engagé. Sophie Nauleau, elle, dit accorder une certaine importance au web. Un compte Instagram a même été récemment créé, quoi que son approche esthétique ne convainc pas encore tout à fait. Quant aux autres réseaux sociaux, Sophie Nauleau répète leur accorder un rôle tout en s’en méfiant, désirant «rester à la hauteur de la parole poétique.» «Pas la priorité», résume t-elle en tiquant à l’évocation de l’expression «trop anglaise» de community management.


L'expression "rester à la hauteur de la parole poétique" donne à penser que les poètes présents (exclusivement ou non) sur internet ou sur les réseaux ne sont pas à la hauteur de leur art, passion, envie d'écrire ou juste de la prétention de la poésie...


Dès lors trois questions :

- qu'est-ce que la hauteur de la parole poétique ?
- la hauteur de la parole poétique existe-t-elle ?
- quels sont les écrits de Madame Nauleau ?

Ces questions effrayantes apportent un autre article, qui plaira à notre Quart de Majan national
http://www.slate.fr/story/109713/poetes-amateurs-reseaux-sociaux

la question ici serait plus simplement : qu'en pensez-vous ?


:flower:
 
   
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Céphalée  /  Tycho l'homoncule


Lol.

La "hauteur de la parole poétique", c'est bien une expression de curé ou d'intellectuel. Ça loue les histoires du passé sans rien saisir de la métaphysique ou de la poésie.

On dirait que les gens qui organisent le Printemps des poètes n'y connaissent rien à Internet et à la poésie. Mais très honnêtement, je me moque assez royalement de tout ceci. Je ne vois pas pourquoi les poètes mériteraient des subventions. Je ne trouve pas d'intérêt non plus à "faire connaître la poésie" au-delà de ses frontières.

La place très discrète de la poésie dans la société me convient très bien.
 
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art.hrite  /  Chantre brahmane ज्ञानयोग


Je ne suis pas sûr absolument que l'aspect "communautés en ligne" soit un réel problème, notamment en ce qui concerne la poésie. Je n'ai aucune objection à l'idée d'employer des community manager, d'ailleurs c'est un peu le principe des administrateurs et modérateurs de forum, non ? Sauf qu'eux sont des bénévoles. La communauté émerge d'elle-même. On se rassemble, on partage des textes, on débat, on copine, on fait l'amour hors ligne.

Déjà, pour le côté "en ligne", on est bien lotis nous qui écrivons, parce qu'en dehors du fétichisme livresque, lire un texte sur écran, saufs cas rares, ne me semble pas foncièrement bouleverser le rapport imaginatif que nous entretenons aux signes écrits. Ce n'est pas comme avec les arts vivants, ni l'architecture et la sculpture qui réclament une véritable implication physique. Mais à l'heure de la réalité virtuelle, ces petites certitudes deviennent de plus en plus fragiles...  

La hauteur de la parole poétique : réflexe de métaphysique d'un soir orageux de thermidor, mystification béate hugolienne, manifestation d'un romantisme arriéré qui ne veut plus dire grand chose. Refus obtus d'imaginer que la poésie n'a pas un support défini. Hauteur géométrique ? Hauteur acoustique ? Écrivons aussi nos poèmes à voix basse, voulez-vous? du bout des lèvres comme chantait Barbara.

Instapoète : crise de lol, exagération contraire, ironie légère, saucée de sensationnalisme pour faire genre révolution de la poésie, révolution de l'amour, mais révolution qui retourne au même point avec un nom nouveau.

Après, instagram, facebook, forumactif, tumblr, etc. pourquoi pas linkedin, meetic, tinder, etc.
tous les lieux sont bons, mais épargnez-nous les néologismes inutiles Laughing
 
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art.hrite  /  Chantre brahmane ज्ञानयोग


je serais donc un loverpoète sur meetic, un sexfriendpoète sur tinder, un businesspoète sur linkdin et ma parole n'en sera pas moins grosse (comme ma culture) ni haute (comme ma zizi pissou !!! )
 
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Ewigkeit  /  Clochard céleste


Bonjour, Le Trader (le seul et l'unique ? Razz )

Je dois admettre que la formule est intrigante et, bien que je ne connaisse ni les écrits de cette personne, ni ses prises de position, j'aurais du mal à penser la notion de "hauteur de la parole poétique" sans la référer soit à son objet, soit à ses codes.
Soit l'on estime que la hauteur vient de la noblesse de ce dont on traite, et alors cette phrase fait l'éloge des grandes épopées mythologiques, les pièces religieuses etc. Un poème ou une pièce sur des sujets triviaux ne serait pas digne de la parole poétique car son objet aurait partie liée avec le bas corporel, par exemple.
Soit l'on pense que la parole poétique  est avant tout le résultat d'une certaine contrainte qui, dans la production de son discours, l'élève au-delà de l'ordinaire, de l'habituel (peu importe son sujet, l'important tient au respect des conditions formelles)
Soit, enfin, l'on réunit ces deux critères et l'on juge, dès lors, qu'il n'y a de poésie que sur des sujets nobles sous une forme contraignante, position qui paraît la plus sensée des trois.
Je comprendrais la hauteur selon cette dualité sujet/objet, à titre personnel.

Il serait néanmoins possible de prendre le terme de hauteur dans un sens éthique et, alors, imaginer que la poésie serait investie d'une visée morale. Nul besoin d'être édifiante, il s'agirait seulement pour elle d'illustrer par la force du Verbe de grands principes moraux.

Quant à savoir si cette hauteur "existe", ta question pourrait se comprendre de deux façons différentes : est-ce qu'elle existe actuellement, dans les productions actuelles de la poésie ? (1) est-ce que la poésie a à montrer cette "hauteur", indépendamment de son époque, comme son essence ? (2)
Pour la première, je dois admettre que les productions de mes contemporains en matière de poésie m'indiffèrent au plus haut degré, je ne saurais donc apporter de réponse correcte. Je regrette seulement qu'on puisse attribuer l'épithète de poétique à tout texte qui laisse entendre un rythme quelconque et qui emploie des termes en des sens peu reconnus (qui ne seraient donc justifiables qu'au sein d'un poème compris comme production d'un texte dont toute règle serait absente). Sans revendiquer quelque "hauteur" inhérente à une parole poétique (la simple association de la poésie à la parole est déjà fort douteuse, mais bon), je pense que l'on peut à bon droit s'indigner de ces poètes autoproclamés qui voient de la poésie dans chaque ligne que leur esprit accouche.
Quant à savoir, en revanche, si la poésie manifeste une certaine hauteur par son essence, je trouve la question plus intéressante. A titre personnel, je trouve lé poésie indissociable d'une certaine forme, d'une certaine contrainte qui lui sied et qui fonde son originalité. Aristote, dans La Poétique, codifiait énormément le genre, que ce soit d'un point de vue formel, ou d'un point de vue moral : la poésie, ayant un but (variable selon la forme qu'elle adopte), doit respecter cette hauteur. Aristote n'a pas de mots assez durs pour blâmer ceux qui, par exemple, montrent sur scène (en tragédie, notamment, l'épopée peut en faire un usage plus libre à ses yeux) des exemples de perversité non nécessaire. La tragédie, qui appartient au genre poétique, doit rester conforme aux normes du vraisemblable et du nécessaire ; de la même façon que, toujours selon Aristote, l'épopée se distingue de la tragédie avant tout par des critères de métrique. On retrouve la hauteur selon la forme, dont je parlais au début.
Bref, la hauteur de la parole poétique pourrait se comprendre en termes de dignité formelle et, en ce sens, je ne vois rien que l'on puisse objecter à ce critère, ni rien qui puisse nous l'imposer comme norme nécessaire d'un texte poétique.  La hauteur comme conformité à un canon dont on est libre de faire usage me paraît hors d'attaque. L'on pourrait objecter que le goût, critère du jugement esthétique, n'a aucun droit à faire valoir ça comme une "hauteur", mais ce serait se méprendre, je pense, sur la nature du canon qui ne doit rien aux goûts individuels et se constitue comme exigence formelle à part d'eux.

J'ai écrit bien plus que je ne l'imaginais, mais l'expression de "hauteur poétique" sonne juste à mes oreilles, bien que "hauteur de la parole poétique" lui ajoute une dimension d'oralité tout à fait accessoire, aucunement essentielle en tout cas.
http://omniavanitas.over-blog.com/
 
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Moïra  /  Effleure du mal


art.hrite a écrit:
Je ne suis pas sûr absolument que l'aspect "communautés en ligne" soit un réel problème, notamment en ce qui concerne la poésie. Je n'ai aucune objection à l'idée d'employer des community manager, d'ailleurs c'est un peu le principe des administrateurs et modérateurs de forum, non ? Sauf qu'eux sont des bénévoles. La communauté émerge d'elle-même. On se rassemble, on partage des textes, on débat, on copine, on fait l'amour hors ligne.

Déjà, pour le côté "en ligne", on est bien lotis nous qui écrivons, parce qu'en dehors du fétichisme livresque, lire un texte sur écran, saufs cas rares, ne me semble pas foncièrement bouleverser le rapport imaginatif que nous entretenons aux signes écrits. Ce n'est pas comme avec les arts vivants, ni l'architecture et la sculpture qui réclament une véritable implication physique. Mais à l'heure de la réalité virtuelle, ces petites certitudes deviennent de plus en plus fragiles...  

La hauteur de la parole poétique : réflexe de métaphysique d'un soir orageux de thermidor, mystification béate hugolienne, manifestation d'un romantisme arriéré qui ne veut plus dire grand chose. Refus obtus d'imaginer que la poésie n'a pas un support défini. Hauteur géométrique ? Hauteur acoustique ? Écrivons aussi nos poèmes à voix basse, voulez-vous? du bout des lèvres comme chantait Barbara.

Instapoète : crise de lol, exagération contraire, ironie légère, saucée de sensationnalisme pour faire genre révolution de la poésie, révolution de l'amour, mais révolution qui retourne au même point avec un nom nouveau.

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D'accord avec art.hrite. Sans forums en ligne, bon nombre de poète.sse.s ne se seraient jamais rencontré/ne se rencontreraient pas. C'est une nouvelle forme d'émulation, qui produit des effets sans doute différents mais qui n'en sont pas moins intéressants.

Concernant la lecture sur internet, c'est juste le support qui change, mais la poésie en elle-même et ses aspects spirituels ne changent pas.
 
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


Oh que si la poésie change et c'est tant mieux !

Quant à Sophie Naulleau Laughing


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Moïra  /  Effleure du mal


Oui bien sûr, ce que je voulais dire c'est que ce n'est pas le support qui la change !
 
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art.hrite  /  Chantre brahmane ज्ञानयोग


le changement de support ferme certaines possibilités formelles et en ouvre d'autres. écrire ses poèmes directement sur la plateforme JE par exemple limite les possibilités d'exploiter le versant graphique de la poésie ; mais en même temps : vive les logiciels graphiques.

pareil pour les mouvements : poésie cinétique, poésie vidéo, etc.  

après on peut toujours se demander si l'usage fait la plupart du temps de ces supports et de ces nouvelles possibilités est +1 ou +0 pour la poésie, mais entre l'usage fait et la possibilité de faire quelque chose de "spirituellement cool" (je provoque), il y a de la marge, donc se méfier de l'impact d'internet et des réseaux sociaux pour "la hauteur de la parole poétique" = lol quand même
 
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


Moïra je pensais a quelques nuances près comme art.hrite !
Mon projet de thèse repose sur la poétique des textes produits sur des forums, je reviendrai développer si ça t'intéresse (là écriture depuis le téléphone)


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Pour le coup je pense que si, c'est aussi le support qui la change. Pour prendre l'exemple du forum, où nous ne sommes pas seulement poéte.sses mais aussi lecteurs et lectrices, l'expérience de lecture de poèmes sur JE est différente que sur Facebook ou que sur un livre ; et dire que cette expérience de lecture n'influe pas sur l'écriture serait naïf. Je sais d'ailleurs que pas mal de gens écrivent leurs textes directement sur le forum, et que l'esthétique imposée par celui-ci influe sur la versification, sur les choix graphiques, on peut faire bouger les mots, on peut mettre des smileys, bref. Je n'irais pas jusqu'à dire que cet exemple change la poésie avec un grand P mais ce sont quand même des pratiques où l'on a bien une rupture avec l'écriture du "poète seul" et ça multiplie les lieux de publication et les lieux de vie des communautés poétiques.

Après faut voir les communautés. Sur instagram ou Facebook ou autres cités bon je sais pas si on peut appeler ça communauté. Les expériences sont différentes selon le lieu virtuel. Peut-être y a-t-il des paroles poétiques et pas une parole poétique ?
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art.hrite  /  Chantre brahmane ज्ञानयोग


donc toi aussi tu es pour la smileypoésie Noxer ? Laughing

 
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Noxer  /  Let's flood until the next one


Depuis mon pastiche de Jean le Baptiste, j'écris en secret des poèmes basketball Basketball
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


C'est du jargon universitaire mais c'est aussi mon paragraphe introducteur de projet de thèse (tout en reprenant quelques-unes des idées émises par Noxer) :
Spoiler:
 

Evidemment ce n'est pas spécifiquement sur la poésie en tant que genre, mais il me semble que ce sont les poéètesses qui expérimentent le plus de ce côté-là (je suis sans doute victime du préjugé de celle qui ne connaît que son domaine !)

En gros je pense qu'il est essentiel de distinguer un "texte nu" (qui n'a que peu de sens en espace internet) d'un texte mis en contexte, inséré dans un "système auctorial", beaucoup plus indispensable en ligne.
Il y a beaucoup de belles réflexions sur le sujet dans L'écriture sans écriture du poète américain Kenneth Goldsmith et dans Pour une poétique du numérique, de Gilles Bonnet, qui crée le néologisme rigolo d'"écranvain"


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Oui je suis d'accord avec toi Noxer.
Enfin ce que je voulais dire (lol encore) c'est qu'à mon avis ok on change un peu la forme mais ça ne change pas fondamentalement le pourquoi on écrit de la poésie.

Il est cool le début de ta thèse Pasiphae.
 
   
    
                         
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