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 Littérature québécoise vs. française; quelles différences?

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Amour  /  Pippin le Bref


Bonjour!

J'ai remarqué que nous sommes quelques Québécois sur ce forum mais que nous restons une minorité. Aussi, les textes que je lis ici ont souvent des styles complètement différents de ce que je lis autour de moi au Québec.

Mis à part la présence de québécismes et de francismes dans les textes, voyez-vous des traits communs à l'un ou à l'autre des coins du monde? Y a-t-il des différences que vous sauriez nommer?

Mon hypothèse est que ce n'est pas pareil à cause des deux systèmes scolaires, où la langue et l'écriture ne sont pas traitées de la même façon.

Qu'en pensez-vous?
On jase, là Very Happy
 
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Silence écrit  /  Péril 666


Ben... si tu dis que tu perçois "des styles complètement différents" de ce qui se fait au Québec, tu pourrais peut-être commencer par expliquer ce qui te fait dire ça ? Ça nous ferait déjà une piste de réflexion, en plus de nous proposer quelques exemples concrets... :mrgreen:

EDIT : d'autant plus que j'ai énormément de mal à percevoir une unicité des "styles" sur ce forum, quelle que soit la nationalité de l'auteur-e. Toi, tu arrives à dire que telle ou telle est française ou québécoise, simplement grâce au style d'écriture, toute différence de vocabulaire ou de thème mise à part ? scratch
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Mardi  /  Hé ! Makarénine


Je ne sais pas ce qu'il en est ici, n'ayant pas encore eu l'occasion de lire tout le monde, mais pour avoir lu quelques livres québécois, je n'ai trouvé aucune différence fondamentale, hormis quelques rares expressions et faits culturels, et les noms propres (surtout pour les lieux, évidemment).
Je ne pense pas non plus qu'il y ait une unicité de styles intra-nationalités. Il y a à mon avis autant de styles que d'auteurs.
 
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Tim  /  Morceau de musique survitaminé


J'ai lu un peu de Nicolas Dickner, quelques recueils de Gaston Miron, beaucoup de Félix Leclerc (carnets comme romans) et Neil Smith (la littérature québécoise peut être anglophone, non ?). Et puis pas mal d'auteurs de BD Montréalais, aussi. Je leur ai trouvé chacun leur style propre, mais aucune uniformité qui soit semblable ou différente de la littérature contemporaine de France...
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fleur-de-lyss  /  Tapage au bout de la nuit


Salut!

De mon côté, je suis belge et je ne connais ni la littérature belge, ni la littérature québecoise, on baigne dans la production française Very Happy Par contre, ce que tu dis m'interpelles, parce que j'ai participé récemment à une simulation parlementaire où il y avait une délégation québecoise et ils relevaient effectivement une manière de penser et d'aborder une situation différente (bien que l'on soit 120 et que nous-mêmes étions incapables de voir une homogénéité dans notre travail). J'ai également relevé un peu cela en allant vivre quelques mois en France. Difficile à expliquer et de mettre le doigt sur une caractéristique, mais pourtant, on sent quand même bien qu'il y a deux cultures.

Donc je pense que ce que tu pointes est envisageable et mérite qu'on se pose au moins la question (même si c'est probablement trop subtile pour que nous qui baignons dedans puissions t'aider). C'est vraiment intéressant, je trouve!
 
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CristAly  /  Petit chose


Hello ! Alors pour ma part j'ai du lire pour les cours une oeuvre québécoise : La montagne secrète, de Gabrielle Roy... et j'ai été totalement perturbé : je trouve qu'en terme d'écriture et de style il y a quelque de tout à fait différent dans la façon dire et de tourner les phrases. Je pense qu'il faudrait que j'en lise d'autres pour m'y habituer mais c'était pas ma lecture la plus agréable, je dois bien l'avouer.
 
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La Branche de Gui  /  Gloire de son pair


Tim a écrit:
J'ai lu un peu de Nicolas Dickner, quelques recueils de Gaston Miron, beaucoup de Félix Leclerc (carnets comme romans) et Neil Smith (la littérature québécoise peut être anglophone, non ?). Et puis pas mal d'auteurs de BD Montréalais, aussi. Je leur ai trouvé chacun leur style propre, mais aucune uniformité qui soit semblable ou différente de la littérature contemporaine de France...

Oui, anglophone et même yiddishophone, crie, innue ou inuite, mais on l'oublie souvent puisque l'institutionnalisation de la littérature québécoise s'est produite de concert avec l'élaboration d'un projet politique d'affirmation nationale visant l'émancipation des Franco-Québécois. Comme ce catalyseur idéologique fait moins effet (dieu que je vais dire une grossièreté), l'unicité de la production est difficilement décelable (ce qui est normal, je dirais). Peut-être que les thèmes ou les sujets abordées reviennent d'une œuvre à l'autre, par contre, mais ça ne saurait rendre les choix stylistiques de chaque écrivain (probablement des écrivaines, en fait) un tant soit peu homogène.

Je pense qu'on peut difficilement déceler les tendances stylistiques en comparant des œuvres prises au hasard de façon individuelle. Pour se prononcer, il faudrait procéder à une analyse de corpus systématique et rigoureuse, reproduire l'expérience et changer l'époque à laquelle on s'intéresse pour ensuite mettre en commun les résultats des études portant sur la production québécoise et sur la française Bon, il faudrait idéalement décliner la chose pour chaque territoire appartenant à la francophonie, mais ce serait de la folie et c'est le genre de truc qui intéresse uniquement une poignée d'universitaires. Tout ça pour dire qu'une société donnée fixe certaines normes esthétiques en fonction de son degré d'autonomie. Les modèles artistiques changent. Affirmation gratuite : les Québécois singeaient probablement beaucoup les auteurs français auxquels ils avaient accès au dix-neuvième siècle. De nos jours, c'est nécessairement moins vrai parce que l'affirmation nationale dont j'ai parlé procède d'une double logique de décolonialisation : par rapport au Canada anglophone et à la France. Le français québécois populaire a joué un rôle immense sur le plan de la construction de la différence culturelle du Québec (qui s'est divorcé de la question franco-canadienne au même moment).

Cela dit, on peut probablement situer un texte géographiquement et temporellement si on tient compte du traitement littéraire qu'on réserve à la langue populaire ou à certains sociolectes. Les régionalismes ou leur absence relative trahissent la provenance des auteurs. À mon avis, le phénomène est sans doute des plus manifestes au théâtre.
 
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isallysun  /  Double assassiné dans la rue Morgue


CristAly a écrit:
Hello ! Alors pour ma part j'ai du lire pour les cours une oeuvre québécoise : La montagne secrète, de Gabrielle Roy... et j'ai été totalement perturbé : je trouve qu'en terme d'écriture et de style il y a quelque de tout à fait différent dans la façon dire et de tourner les phrases. Je pense qu'il faudrait que j'en lise d'autres pour m'y habituer mais c'était pas ma lecture la plus agréable, je dois bien l'avouer.
Je ne connais pas ce titre, mais je me demande si c'est la seule lecture québécoise que tu as lu, surtout que ces origines sont manitobaines et qu'elle à étudier à Paris avant de s'établir au Québec. Oui, elle fait partie de notre littérature québécoise, mais je ne dirais pas qu'elle représente ce qui se fait présentement au Québec. Ce n'est pas le style le plus facile à lire de ce que j'ai lu. Je n'ai lu que Bonheur d'occasion qui est, selon moi, entré dans les "classiques" pour le point de vue de la société. Et ça me fait demander à quel point tu viens à bout des intégrales de Hugo, Dumas, Zola.

Je n'ai pas lu les auteurs que cites Tim,
mais même au sein de chacune de nos littératures, on a des différences. Le style de Patrick Senécal est différent de celui d'Amélie Dubois par exemple.
Tout comme je trouve que le style de La fille de papier de Musso est différent de La part de l'autre de Schmitt.

Je suis Québécoise, et lorsque je lis sur le forum, je n'ai pas l'impression de voir des choses qui me font dire, tiens, ça c'est clairement un Français qui a écrit, excepté lorsque je vois des putains/bordels!
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La Branche de Gui  /  Gloire de son pair


isallysun a écrit:

Je suis Québécoise, et lorsque je lis sur le forum, je n'ai pas l'impression de voir des choses qui me font dire, tiens, ça c'est clairement un Français qui a écrit, excepté lorsque je vois des putains/bordels!

Même si je me suis pas exposé à grand-chose depuis mon retour ici, je pense que ton impression s'explique par l'interaction entre le niveau de langue privilégié par les membres, le type de textes produits et l'univers qui y transparaît. Je sais par exemple qu'il s'écrit beaucoup de fantaisie sur le forum. Puisque ce genre présuppose la création d'un monde distinct du nôtre, il est normal que la narration se fasse et que les personnages s'expriment d'une manière qui renvoie à aucune réalité géographico-temporelle reconnaissable. Procéder autrement reviendrait à saboter la vraisemblance interne du texte : un elfe a aucune raison de parler joual ou d'employer des belgicismes; une intrusion idoine, qu'elle soit lexicale ou syntaxique, est tout autant à proscrire sur le plan narratif. Je pense qu'on peut dresser le même constat pour les textes de science-fiction.

On pourrait beaucoup plus facilement déterminer le chronotope d'une nouvelle de facture réaliste, naturaliste ou entretenant à tout le moins un rapport patent avec un milieu socioculturel donné sur un territoire précis à une certaine époque. C'est une question de parti pris esthétique : cherche-t-on à représenter plus ou moins fidèlement une expérience humaine reconnue comme telle en mettant en scène des personnages évoluant dans un cadre grosso modo identique au nôtre (ou à sa manifestation passée s'il s'agit d'un texte historique) ou préfère-t-on plutôt construire, de toute pièce ou pas, un monde détaché du nôtre, dans lequel les gens communiquent au moyen de langues fictives? Si on souhaite inventer un univers, le français (ou toute autre langue) fait alors figure de générique et devient un outil de travail qu'il faut manier avec précaution pour le départiculariser au maximum puisqu'il sert à représenter une utopie (ici, « lieu qui existe pas ») et les personnes qui y vivent.

Bon, il est bien sûr possible d'envisager des scénarios dans lesquels une variété régionale de français aurait droit de cité dans un genre comme la fantaisie, mais je crois pas que ce soit une option très populaire. Il s'agirait probablement de textes humoristiques visant à parodier un univers quelconque ou de tentatives d'intégration d'un personnage issu de notre monde dans un cadre fictionnel prédéterminé. Par exemple, on pourrait penser à écrire un roman mettant en vedette Xavier Dolan et racontant son épopée dans la Terre du milieu, où il devrait se débrouiller pour filmer la trilogie du Seigneur des anneaux, mais sous la forme d'un documentaire. Là, les québécismes seraient à leur place. Tout ça pour dire qu'on peut intégrer des régionalismes dans un monde fictif si le contexte s'y prête, mais que c'est probablement pas le cas en général parce que les œuvres en question mettent en scène des univers en tout point indépendants du nôtre.
 
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Nast  /  Barge de Radetzky


Shu québécouèze pis je voua pas pentoute de différences !

Very Happy Disons que ça dépend si l'auteur garde le style et la façon de sa culture ou si on fait dans l'universel. Je parle par exemple des auteurs québécois qui publient des romans se déroulant aux États-Unis. Vous n'y verrez pas grand différence avec une auteure française.

Je vous balance ça en vous jugeant tous !

VIVE LE QUÉBÉC LIBRE OU PRESQUE !

MOUAHAHAH
 
   
    
                         
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