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 Super ? – ordinaire.

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pehache  /  Gloire de son pair


Super ? – ordinaire.

Humainement, je ne peux que respecter la décision du lt colonel Beltrame, qui, fidèle en cela à sa vocation militaire, a pris la décision, au péril de sa vie, de prendre la place d’une otage civile.
Politiquement, je me méfie de l’instrumentalisation de sa mort, je me méfie des sociétés qui ont besoin de héros qui ressortiraient de l’extraordinaire.
Les totalitarismes de tout poil et de toute obédience chérissent ces archétypes.
Pour quand, l’héroïsation de l’ouvrier, voire du prof, qui va, ordinairement, bosser tous les jours ?
Pour quand, l’éloge des « gens de peu », ancrés dans le don et la philia ?


Dernière édition par pehache le Mer 28 Mar 2018 - 13:26, édité 1 fois
 
   
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Céphalée  /  Tycho l'homoncule


Si tous les gens qui vont travailler sont des héros au sens héroïque le plus vif, alors le mot "héros" n'a plus beaucoup de sens ; tout l'intérêt d'un héros est encore d'avoir un comportement rare et précieux. Le héroïsme et la banalité sont par essence des notions assez opposées ; on les rapproche le plus souvent pour faire sentir l'oxymore. Un héros, dans le fond, n'est jamais ordinaire.
Quand à ce que les ouvriers aient leur héros, ou les profs le leur, etc., je trouve ça délicat. D'abord, qui élit ce héros ? Est-ce tout le monde ou les ouvriers qui choisit le héros ouvrier ? Si c'est tout le monde, les ouvriers ne l'aimeront pas et en seront même jaloux, parce que ceux qui ne sont pas ouvriers méconnaissent trop la situation de ceux-là pour juger des qualités qui rendent un ouvrier vraiment exceptionnel, vraiment héroïque. Ça me ferait même penser à ce bon vieux stakhanovisme ; en somme le héros deviendrait un modèle, et le modèle un objectif pour tout le monde ; or il n'y a rien de pire pour un ouvrier que de s'entendre dire qu'il peut bien soulever X kilos de terre si l'autre le peut. Ça dérive déjà vers de la course à la productivité. Une classe n'aime pas qu'on lui choisisse un modèle. Et si ce sont les ouvriers qui choisissent ce héros, par rapport aux qualités qu'ils estiment, eh bien, c'est le peuple qui ne le reconnaitra pas.

Glorifier le quotidien de tout un chacun, tout le temps, ça n'a pas vraiment de sens ; je dirais même que c'est sociologiquement impossible. Ce qui se répète se banalise nécessairement, et ne se remarque plus. On ne peut pas démocratiser le héroïsme sans détruire la notion d'héroïsme.

Faire trente-neuf heures par semaine ne vaut pas donner sa vie pour sauver un innocent.
 
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pehache  /  Gloire de son pair


Vous m'avez mal compris, je ne parlais pas de stakhanov.
Je rêvais d'un e société suffisamment adulte pour délaisser le culte des héros et leur instrumentalisation, d'une société où l'on valoriserait les gens de peu au lieu d’idolâtrer la réussite financière, le talent foutabolistique ou les vertus guerrières.
Un monde où l'on n'a plus besoin de héros.
 
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Avant d'ériger l'ouvrier ordinaire / le travailleur en héros (ce qui, effectivement, ressemble beaucoup à ce qui s'est fait dans les républiques communistes totalitaires), il faudrait commencer par l'étape intermédiaire : les respecter simplement pour ce qu'ils sont et ce qu'ils font.
On en est très loin. Pourtant je pense que la majorité ne demande pas plus : être utiles à la société et reconnus pour leur utilité sociale. Cette reconnaissance passe par un respect minimum de leurs aspirations (il y a de plus en plus de métiers complètement inutiles, et les gens en tombent malade), mais aussi de justes revenus et diverses protections. Et un respect de la part de chacun : un mec qui gagne son pain en vidant tes poubelles a beaucoup de courage et mérite le respect pour ça.

Ensuite, par définition, un héros ne peut pas être ordinaire. Sinon ça galvaude la notion de héros.
Je ne suis pas un héros. Je n'ai pas envie d'être traité en héros. Ça ne m'est pas dû. Ça n'aurait aucune valeur, ni pour moi, ni pour les autres.

Pour la récupération politique, je suis d'accord avec toi, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain : malgré les récupérations, l'acte héroïque reste un acte héroïque. Des facteurs extérieurs ne peuvent pas le déchoir.

Et tu ne peux pas comparer le sacrifice d'un policier pour épargner une innocente d'un fou furieux à un acte "héroïque" de guerre, un footballeur ou à un bankster. Éthiquement, le premier a prouvé une dévotion sociale extraordinaire au service des autres, les autres tiennent plus de la fétichisation, ou de l'adoration d'un acte partisan à double tranchant pour le cas du héros de guerre (dans un clan, c'est un héros, dans l'autre un criminel, ou au moins un ennemi).

Un monde où il n'y a plus besoin de héros, c'est beau dans l'idée. Mais ce monde ne peut pas exister, parce que la réalité est intrinsèquement crue et violente.
Donc quitte à ériger des personnes en modèles à suivre (ne rêvons pas : certains en ont besoin. Un peu tout le monde en fait) autant que ce soit des êtres qui ont œuvré de manière forte symboliquement pour la société. Qui ont participé à renforcer le lien social. C'est comme ça qu'on avance dans le bon sens, vers un monde meilleur : en se préoccupant des autres, pas seulement dans les discours, mais surtout dans les actes.

C'est le cas de ce gendarme.
 
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s.tupido  /  Autostoppeur galactique


Ca m'amuse toujours quand je vois de grandes critiques lancées contre "la société".
La société n'est qu'une somme d'individus, et si elle ne plaît pas il ne tient qu'aux individus de travailler quotidiennement à la changer.
Beaucoup de gens ne valorisent pas (ou très peu) l'argent, le football ou la guerre. Beaucoup sont justement des petites gens dont on ne parle jamais. Ce n'est pas dans les médias ou les discours politiques qu'il faut chercher des grands changements (d'ailleurs ce n'est pas leur vocation première), mais dans les actions quotidiennes. Vous voulez valoriser les gens qui sont au bas de l'échelle ? Commencez par les respecter en tant que personne et non en tant qu'ombre, par exemple en disant bonjour à la femme de ménage que vous croisez sur votre lieu de travail et en éviter de lui laisser plus de travail parce que vous vivez comme un cochon.

Quant au gendarme, dans la mesure où il est allé nettement au-delà de ses prérogatives, on peut le considérer comme un héros sans galvauder le terme.
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pehache  /  Gloire de son pair


"La société n'est qu'une somme d'individus": non, pas une somme. Tu fais fi de la notion de lien, d'échange, de don, de ce qui, justement, outrepasse l'individu.
 
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s.tupido  /  Autostoppeur galactique


Je me suis mal exprimé dans ce cas. Je fais moi aussi référence au lien entre les individus.
Ce que je veux dire, c'est que la société n'est pas une entité extérieure qu'on peut se contenter de critiquer tous les jours, mais quelque chose sur lequel chaque individu peut et doit agir.
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pehache  /  Gloire de son pair


C'est drôle (enfin...), vous dites à peu près la même chose que moi, mais sur un ton accusateur (qui m'accuse).
A priori ?
 
   
    
                         
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