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 Fractales et fractures contemporaines

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Fatalité  /  Blanchisseur de campagnes


Je suis tombée sur ces deux articles qui ont retenu mon attention, l'un d'un sociologue et l'autre d'un géographe, et j'aurais aimé savoir ce que vous en pensiez :

* Michel MAFFESOLI, Le tribalisme postmoderne
* Christophe GUILLUY, Des fractures qui vont durer

J'ai peur de préciser ma pensée avec une question ou des citations, car les articles ne s'y résumeraient certainement pas. Néanmoins allons-y sur ce qui m'a frappée :

Michel MAFFESOLI, Le tribalisme postmoderne, a écrit:
On peut caractériser la postmodernité par le retour exacerbé de l'archaïsme. C'est, certainement, ce qui choque le plus la sensibilité progressiste des observateurs sociaux. Au progrès linéaire et assuré, cause et effet d'un évident bien-être social, est en train de succéder une sorte de « régrès » caractérisant le « temps des tribus ». Là encore, il faut trouver le mot opportun décrivant un état de fait n'étant pas, simplement, régressif. On peut parler, à cet égard, de « régrédience », retour spiralesque de valeurs archaïques conjointes au développement technologique2.

Voilà ce qui me semble être en jeu pour nos tribus contemporaines. Elles n'ont que faire du but à atteindre, du projet (« pro-jectum »), économique, politique, social, à réaliser. Elles préfèrent « entrer  dans » le  plaisir  d'être ensemble, « entrer dans » (« ingrés ») l'intensité du moment, « entrer dans » la jouissance de ce monde tel qu'il est.

Ainsi que je l'ai souvent indiqué, on peut repérer ce vitalisme dans les effervescences musicales. Mais on peut, également, l'observer dans la créativité publicitaire, dans l'anomie sexuelle, dans le retour à la nature, dans l'écologisme ambiant, dans l'exacerbation du poil, de la peau, des humeurs et des odeurs, en bref dans tout ce qui rappelle l'animal dans l'humain. Ensauvagement de la vie ! Voilà bien le paradoxe essentiel de la postmodernité, mettant en scène l'origine, la source, le primitif et le barbare. Et, ainsi, en redynamisant, d'une manière pas toujours consciente, un corps social quelque peu vieillissant, la fidélité aux sources est gage d'avenir. En ce sens, le tribalisme est l'expression d'un enracinement dynamique. Pour le tribalisme, le lieu fait lien.

Christophe GUILLUY, Des fractures qui vont durer, a écrit:
L'émergence de la société multiculturelle est l'autre moteur de ce mouvement. Dans ce type de société, « l'Autre » (l'immigré, les minorités) ne devient pas « soi ». Or, quand l'Autre ne devient pas soi, les individus ont besoin de savoir combien va être l'Autre dans son quartier, son village, sa ville. L'anxiété des populations sur la question de l'immigration est liée à l'angoisse de devenir minoritaire. L'instabilité démographique génère ainsi une insécurité culturelle qui est prioritairement ressentie par ceux qui n'ont pas les moyens de construire une frontière invisible avec l'Autre.

De leur côté, les catégories supérieures ont la possibilité d'ériger de telles frontières (elles peuvent choisir leur lieu de résidence ou l'école où seront scolarisés leurs enfants), elles peuvent donc porter le discours de la société ouverte en s'en protégeant.

En somme, ce dont s'exalte l'un est perçu dramatiquement par le second. Qu'est-ce à dire ?
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Fatalité  /  Blanchisseur de campagnes


Je renvoie à ces vidéos publiées dans l'Horloge parlante, aussi (Alain Deneault, sur la médiocratie et la perversité économique actuelle). Ce que je me demande, c'est si nous ne vivons pas déjà dans une science-fiction dystopique, avec ce qui précède. Une science-fiction dystopique dont on ne pourrait se tirer qu'animés par des sentiments dignes de la plus high fantasy, devant ces "titanopoles" territoriaux et entrepreneuriaux. Le tout, dans un monde où une forme d'apocalypse aurait déjà eu lieu, telle que la Seconde Guerre mondiale, et la crise écologique.


EDIT: je tombe là-dessus : Causeur - « A Nous Paris », le magazine de l’élite « globish » qui « s’enjaille »
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