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 Comment ne pas mettre trop de soi dans ses écrits ?

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   Pensée du jour  :  Pantagruélisme : vous entendez que c'est certaine gaieté d'esprit confite en mépris des choses fortuites
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Nedjma  /  Double assassiné dans la rue Morgue


MaddyForeigner a écrit:
Rien de mercantile. Je parle des études de lettres. J'aimais lire donc j'ai fait des études de lettres jusqu'à l'agrégation.
Or toutes les études de lettres en France sont fondées sur ces jugements. On n'etudie pas Tolkien, Herbert ou Agatha Christie. Quand j'étais en prépa, ma professeur, normalienne, était fière de ne jamais s'être abaissée à lire une bande dessinée ou un roman policier. Elle me disait que je lisais trop et peut-être mal. Mais ce sont des jugements communément admis.


Eh ben on n'a pas dû avoir les mêmes profs, Maddy !! Si ce n'est pas indiscret, dans quelle ville as-tu fait tes études ?

Je suis moi-même normalienne, j'ai fait mon mémoire de Master 2 à l'ENS sur le roman policier.
Mon directeur de recherches proposait un cours, que j'ai suivi d'ailleurs, sur la BD.
Un de mes amis a fait son mémoire sur Picsou (si si !). Il existe des études universitaires sur Tolkien, heureusement !

Julien Gracq (qu'on ne peut pourtant pas accuser d'être un fifou subversif qui rêve d'introduire la culture populaire dans les Belles Lettres) écrit des choses très vraies dans En lisant, en écrivant : il dit qu'on ne lit jamais trop, jamais mal, en particulier quand on est adolescent, on lit tout ce qui passe, sans critère de littérarité ou même de qualité, et cette boulimie de lecture nous nourrit pour toute notre vie d'adulte, pour toute notre vie d'écrivain pour certains.

Tout ça pour dire qu'il ne faut pas caricaturer les universitaires, ils sont quand même pas tous aussi obtus !
 
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MaddyForeigner  /  Roland curieux


À Amiens. Avec une professeur de khâgne (et j'ai cubé) qui m'a beaucoup influencée et ne m'a plus jamais écrit à partir de la première fois où j'ai raté l'oral de l'agrégation.
C'est en train de bouger, mais... tu admettras qu'on ne verra pas un roman policier (sauf peut-être en comparée ?) et encore moins Picsou au programme de l'agrégation de lettres pendant encore longtemps.
 
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Nedjma  /  Double assassiné dans la rue Morgue


MaddyForeigner a écrit:
À Amiens. Avec une professeur de khâgne (et j'ai cubé) qui m'a beaucoup influencée et ne m'a plus jamais écrit à partir de la première fois où j'ai raté l'oral de l'agrégation.
C'est en train de bouger, mais... tu admettras qu'on ne verra pas un roman policier (sauf peut-être en comparée ?) et encore moins Picsou au programme de l'agrégation de lettres pendant encore longtemps.

Sympa, ta prof... Suspect

Un roman policier, ça me paraît tout à fait possible au programme de l'agrégation, un jour. Regarde, avec Modiano, on n'est parfois pas si loin de l'enquête policière, dans Rue des boutiques obscures, par exemple, ou Dora Bruder.
En comparée, on pourrait avoir Mendoza (Le mystère de la crypte ensorcelée) ou Bolaño (Les détectives sauvages). Mais même en littérature française, on pourrait avoir Echenoz (Cherokee, par exemple, disons). Ce sont des œuvres "reconnues" par le milieu universitaire. Ce serait d'ailleurs très pertinent en littérature contemporaine, car la forme de l'enquête est vraiment prégnante aujourd'hui dans le roman (Didier Blonde, Modiano bien sûr...). En tout cas, je trouverais ça super intéressant !

Après la BD, c'est plus compliqué car ce n'est pas que du texte, ça fait appel à d'autres compétences comme l'analyse d'images, je ne sais pas si c'est ce qui est recherché pour l'agreg de lettres (mais il y a d'autres concours dans les autres arts...).
 
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MaddyForeigner  /  Roland curieux


Je crois que c'est moins un décalage spatial que temporel. J'ai passé mon bac  L à 16 ans, en 1995, et n'avais pas envie d'aller à la fac. Comme dans mon lycée, il y avait une prépa littéraire, j'y suis restée, lisant et écrivant un roman (les épines du bleuet) dans le fond de la classe. Puis en khagne est arrivée une professeur parisienne, première à l'agrégation, et là, impossible de ne pas suivre ses cours. Elle m'a dit que nous n'étions que deux étudiants intéressants, un autre et moi, a entamé une correspondance, m'a dit que mon cabotinage était irritant. C'est simple : à 20 ans, je n'étais plus la même qu'à 17. Même ma graphie avait changé. Elle m'a écrit cette année-là que vu la qualité de mon mémoire de maîtrise, on pouvait regretter que mes maîtres aient choisi de me donner de l'avance parce que si j'avais passé l'ENS à 20 ans et pas à 18, je l'aurais sans doute eu. Ou comment me donner l'envie de me pendre.
Et puis à 21 ans, j'ai seulement été admissible à l'agrégation, j'ai profité du Capes pour commencer à enseigner parce que mon père était ouvrier et mieux valait que je travaille. Du coup, elle ne m'a plus écrit.
Et j'ai mis un moment avant de réaliser l'influence qu'elle avait eue sur moi.
Mais des universitaires comme elle, j'en ai croisé d'autres. Et puis aussi des personnes beaucoup plus ouvertes.
Mais entre 1996-1998 et maintenant, ça a dû évoluer dans le bon sens.
 
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MaddyForeigner  /  Roland curieux


D'ailleurs, elle ne comprenait pas l'intérêt de la littérature comparée. Very Happy
Mais il y a toujours une distinction : Zola tombe parfois en comparée alors qu'en littérature française, c'est souvent le Nouveau Roman. Modiano ou Echenoz pourraient-ils être au programme en littérature française ? J'ai un doute. (Par contre, Chénier, en tant que seul poète du 18e siècle, y est souvent... alors que...)
 
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Nedjma  /  Double assassiné dans la rue Morgue


Bah je sais pas, quand j'ai passé l'agreg, c'était Maupassant au XIXème siècle (deux recueils de nouvelles toutes simples et touchantes).
Pour le XXe c'était du théâtre (Jean-Luc Lagarce), donc pas le Nouveau Roman, et un auteur inédit dans les concours. C'est encourageant : le corpus se renouvelle de temps en temps.
En 2016, il y avait Zola, La fortune des Rougon, au XIXème ; en 2014 c'était Stendhal, Le rouge et le noir...
Modiano est prix Nobel de littérature, ça m'étonnerait qu'il n'y soit pas un de ces quatre, ce ne serait pas un truc hallucinant en tout cas. Après, le souci, c'est que c'est un auteur du XXIème siècle et que le programme ne va que jusqu'au XXème... Laughing

Par contre, ta prof avait l'air vraiment d'être quelqu'un de spécial... Je trouve sa façon de te parler bizarre : elle résumait tout à une affaire d'ego, non ? Réussir tel ou tel truc, être un élève prometteur ou non... Les profs que j'ai aimés au cours de mes études, ne me parlaient pas de ma carrière, de ma personnalité, de mes qualités, de mes défauts, ils me parlaient de littérature, point barre. Je n'ai jamais eu de mentor, comme ça, mais ça m'aurait mise mal à l'aise, je crois.
 
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MaddyForeigner  /  Roland curieux


Oui, c'est la seule année où Maupassant a été au programme (et c'était mentionné dans l'Atlande... un événement). Je ne sais plus quelle année, mais je me souviens que je lisais Maupassant et La Fontaine dans ma voiture, donc ça devait être l'année où La Fontaine était au programme aussi. Lagarce, comme Novarina ou Koltès, est reconnu.
Stendhal est reconnu aussi. Zola, non, et il n'est pas tombé le jour J (il est considéré comme un auteur mineur. Maupassant aussi).

Ma professeur de khâgne était protestante. Selon elle, Dieu choisit ses élus : si tu es normalienne, agrégée, tu fais partie des élus... Bref, à peu près comme ça que j'ai fini par comprendre sa façon de penser. Elle finissait par ne plus parler à aucun de ses collègues. Ceci dit, elle avait fini 1ère à l'ENS et 1ère à l'agrégation.
En y repensant, ça a été particulier. Mentor, je ne sais pas, parce qu'elle me trouvait cabotine, insolente, etc. Mais elle ne pouvait pas ne plus nous influencer. Elle avait appelé son cours "laboratoire d'idées". Elle cochait chaque semaine les films que nous devions aller voir (arts et essais, Arnaud Desplechin est un génie...), nous donnait des listes de livres. D'ailleurs, Lagarce y a figuré. Novarina était son préféré (je n'y comprenais rien). Je ne serais pas étonnée qu'elle ait déjà fait partie du jury de l'agrégation.
Bah.
Ce ne sont pas forcément de bons souvenirs. Sad

 
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Zetta  /  Effleure du mal


Mince je pars une semaine et je rate un débat passionnant sur mon propre post !
Merci pour vos réponses et pour les digressions intéressantes.

Depuis le début de ce topic, je pense à modifier le récit pour que le narrateur soit masculin. Les ressorts vont fonctionner quand même, mais comme le dit Bohr je crois, je crains que ça sonne faux. Pour mon premier roman, j'avais joué la sécurité pour me simplifier la tâche. A voir, ça doit mûrir encore un peu.

Je trouve la comparaison sur les acteurs très pertinente. Bacri fait toujours du Bacri, alors qu'un mec comme François Cluzet fait de tout.

Il y aurait plus à dire mais faut que je relise tous vos posts à tête reposée. Il y a le narrateur, les caractéristiques du personnage principal, mais aussi les enjeux, les centres d'intérêt -- qui peuvent être ou pas des thèmes de notre vie. Et par-dessus tout ça il y a le ressenti des autres, et leurs projections...
http://zettamarino.wix.com/romances-comme-ca
 
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Bohr  /  Gloire de son pair


Zetta a écrit:
[...] mais comme le dit Bohr je crois, je crains que ça sonne faux.

Cela dit, il me semble que s'inspirer d'une personnalité quel l'on estime bien connaître me paraît une prise de risque limitée. Ainsi, tu parles d'adopter un point de vue masculin: si tu te sers, pour le construire, de la personnalité d'un ami proche, d'un parent, ça ne me paraît pas problématique. Certes, on ne vit pas dans les babouches de l'autre, mais on a, à l'inverse, un recul à son sujet dont l'autre, précisément, est privé (ce qui limite aussi par la même occasion l'idée de s'inspirer de soi-même).
https://lestresrichesheuresdelagalaxie.wordpress.com
 
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Ahava-brumes  /  Le bruit et la pudeur


MaddyForeigner a écrit:


Ma professeur de khâgne était protestante. Selon elle, Dieu choisit ses élus : si tu es normalienne, agrégée, tu fais partie des élus... Bref, à peu près comme ça que j'ai fini par comprendre sa façon de penser. Elle finissait par ne plus parler à aucun de ses collègues. Ceci dit, elle avait fini 1ère à l'ENS et 1ère à l'agrégation.



#AwardDeLaMeilleureProf

Pour ce qui est de ce débat passionnant, moi je vais me la jouer Sartre et répondre d'une voix caverneuse "DE TOUTE FAÇON LA LITTÉRATURE EST MORTEUH".

Et pour en revenir à Zetta. D'une des câlins, de deux, laisse pisser. Les gens et leur fantasme de lire une autobiographie, c'est usant. Tellement usant.
Je ne sais pas quoi ajouter d'autre, tout semble avoir été évoqué. Après, en ce qui me concerne, je n'ai pas l'impression d'avoir des similarités avec mes personnages, si les gens le pensent, c'est leur problème.
 
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Eleanore Pikes  /  Petit chose


Je ne vois pas en quoi c'est mal de mettre de soi même si c'est trop de soi dans un texte ...
 
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MaddyForeigner  /  Roland curieux


Ahava-brumes a écrit:
MaddyForeigner a écrit:


Ma professeur de khâgne était protestante. Selon elle, Dieu choisit ses élus : si tu es normalienne, agrégée, tu fais partie des élus... Bref, à peu près comme ça que j'ai fini par comprendre sa façon de penser. Elle finissait par ne plus parler à aucun de ses collègues. Ceci dit, elle avait fini 1ère à l'ENS et 1ère à l'agrégation.



#AwardDeLaMeilleureProf

Pour ce qui est de ce débat passionnant, moi je vais me la jouer Sartre et répondre d'une voix caverneuse "DE TOUTE FAÇON LA LITTÉRATURE EST MORTEUH".

Laughing

Sinon, je ne mets pas de moi dans un texte. À savoir que ma personnalité réelle, la prof maman sans histoire, appréciée de ses élèves, heureuse dans ses pénates n'est absolument pas dans mes écrits.
Mais je mets le dandy nerveux, sensible, dans son costume trois pièces un peu partout.
Et il déteint sur moi... Rolling Eyes Laughing

De même que je mets trop de moi das mes écrits dans le sens où je m'investis trop, suis une écorchée vive à leur sujet (travers dont j'aimerais me défaire).
Du coup, parfois, je me demande pourquoi j'écris.
Peut-être que mon train-train ne me satisfait guère Neutral et en même temps, je ne renoncerais pour rien au monde à mon train-train (mais pas non plus à l'écriture...).

Mais si je ne me jugeais pas insignifiante, je mettrais sans doute de moi dans mes écrits. scratch

M'enfin, on s'en fout : "DE TOUTE FAÇON LA LITTÉRATURE EST MORTEUH". What a Face

 
   
    
                         
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