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 [Personnage] Cacher au lecteur qu'un personnage est mauvais.

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Dixie O'Near  /  Pippin le Bref


Bonjour, bonsoir,

Alors, comme mon titre l'indique, j'aimerais savoir comment cacher au lecteur qu'un personnage assez principal, est en fait le vilain.

Mon roman se passe dans un univers d'horreur, au royaume des morts, où toutes sortes de créatures voient le jour, et mon personnage principal, Camille, doit traverser un lieu rempli d'épreuves pour atteindre le roi des morts et émettre une requête. Celui qui l'accompagne tout du long, Selassie, est une créature issue de cet univers, et c'est de lui qu'il s'agit quand je parle de cacher au lecteur les réelles intentions du personnage, car celui-ci doit apparaître amical jusqu'à la toute fin. Selon mon plan, il ne laisse aucun indice de sa fourberie.

Hors, pour enlever quelques doutes au lecteur, j'ai penser l'attendrir, mais ça n'allait pas avec le roman. J'avais penser le créer sous forme de chat "style cheshire" vêtus très richement, contrastant avec le reste du décor de mon roman où tout est en ruines et miséreux, mais alors j'ai pensé que le lecteur se douterait de quelque chose simplement parce qu'un chat, c'est malin au départ, et que d'être vêtu ainsi le rendrait... trop important, trop pimpant.

Ensuite, j'ai pensé le rendre encore plus mignon, mais avant même d'avoir une image précise, j'ai su que c'était une mauvaise idée car ça irait à l'encontre de toute l'idée derrière mon roman et que, de plus, il faudrait alors qu'il ait le caractère qui va avec, ce qui n'allait pas, juste pas.

J'ai donc pensé le rendre humain, normal et masculin, pour donner l'illusion d'une possibilité d'histoire d'amour entre les deux personnages, et de lui donner une personnalité plus complexe et amicale. Le truc, c'est qu'au départ, je voulais que Camille soit totalement immergée dans ce monde absurde, qu'elle ne rencontre pas d'autres humains pour "absorber le choc".

Et ça c'est seulement pour "créer" le personnage, parce qu'ensuite, viendront ses paroles au travers du roman, ses insinuations, ses conseils, car lui, son objectif, est d'amener Camille au roi des morts en lui faisant croire qu'il peut réaliser ses souhaits. Donc tout du long, il la manipule, mais comment faire en sorte que le lecteur ne se rende pas compte de son manège ? Je me dis que parfois, il suffit que le personnage principal, Camille, y croit, pour que le lecteur y croit aussi, vous en pensez quoi ?

Merci tout le monde ! :squee2:
 
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Nordgia  /  No fun allowed


Il est assez fréquent dans l'horreur de rencontrer des personnages difficiles sinon impossible à situer sur le plan moral.
Parfois, il suffit de comprendre que la morale est changeante, et que tout est une question de point de vue. Le plus important à mes yeux est que tout personnage suive une logique, et que cette logique soit perçue comme "bonne" par ledit personnage. Le principe d'endurer/exécuter des actions mauvaises, mais en se persuadant que c'est au nom d'un plus grand bien.
Le type de personnage que tu cherches doit pouvoir susciter l'amitié du lecteur. Tu as plusieurs façons d'amener ce rapport : raconter un passé, construire un personnage aimable => Ceci peut bien entendu être une construction dudit personnage afin d'amadouer le "héros".
Donner un "faux objectif". Le personnage inventera une histoire à son sujet, et donnera au héros une raison qui justifiera sa présence en tant que compagnon => la rendra nécessaire.
Il aura compris la voie du héros, cerné sa personnalité/son caractère/ses attentes, et tentera à chaque action de le faire dévier un peu plus vers sa propre voie => dans une démarche de manipulation, il faut établir une relation de confiance. Le personnage aura aidé ou convaincu d'avoir aidé le héros.
Ses conseils ne doivent jamais être discutés par le héros => si c'est le cas, ça voudra dira que la dérive est trop importante. On ne convainc pas un personnage "bon" à organiser un massacre comme ça, du jour au lendemain. C'est un cheminement, et chaque pas doit conduire à l'objectif fixé par le personnage-conseiller.

C'est une sorte de "vampirisation" : le personnage va comprendre le héros, penser comme lui, se l'approprier avant de diriger ses pensées dans une direction logique et l'amener à une situation à laquelle le héros n'aurait aucune prise.
De même, le lecteur, qui se sera identifié au héros, tombera lui-même sous l'emprise de ce personnage, lui fera confiance etc.

Trois chemins possibles :
=> Le lecteur saura très tôt que le personnage manipule le héros. Il assistera impuissant à la perdition du personnage, à sa dégradation en tant qu'idéal. Effet dramatique assuré.
=> Le récit aura disséminé des indices sur la "malfaisance" du personnage, sans jamais que ceux-là constituent une preuve suffisante pour amener plus que la méfiance.
=>Le récit dissimulera tout jusqu'au bout du cheminement : la scène où la trahison sera révélée.

En fin des trois chemins, trois possibilités principales :
=> Une fois la lumière faite, le héros recouvrera toute sa raison et luttera contre le personnage comme un ennemi. Auquel cas, le procédé de persuasion aura été un échec.
=> Semi-persuasion : le héros réalisera toute l'horreur de ses actes passés. Il pourra combattre ou non le personnage-conseiller, bien que dans son esprit, la défaite sera déjà ancrée.
=> Si, au contraire, la persuasion est menée d'une main de maître, le héros sera impuissant à voir les atrocités commises. Dans cette situation, la psyché du personnage-conseiller se sera calquée sur celle du héros. De toute évidence, ce choix conduit souvent à une bad ending.

Des idées très en vrac. Tu devrais aussi te renseigner sur les différentes méthodes de contrôle mental. Certaines sont tellement simples que c'en devient terriblement efficaces. Un exemple tout con:  le toucher. Sans avoir besoin d'aller jusqu'à une scène d'amour, le simple fait d'avoir un contact physique avec quelqu'un le rend plus malléable.
Aussi, se convaincre qu'une personne tient à nous suffit à purger tout le mal dans ses conseils et décisions prises à notre encontre.
 
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Destinée  /  Pour qui sonne Lestat


J'ai écrit pas mal de jeux de rôle à une époque où mon personnage devait manipuler l'autre sans que l'autre joueur s'en aperçoive. Pour ça, j'utilisais uniquement le point de vue de l'autre personnage. Je ne disais jamais ce que mon personnage ressentait ou pensait, mais seulement ce qu'il paraissait ressentir et ce qu'il avait l'air de penser. L'autre joueur (et donc par extension l'autre personnage) prenait ces signes extérieurs pour argent comptant et ne se posait pas de question sur ce qui se passait en réalité dans la tête de mon personnage. Ca marchait très bien ! Twisted Evil

Donc le plus simple, dans ton roman, ce serait de prendre le point de vue de Camille pour raconter l'histoire. Elle va projeter ce qu'elle pense, sa façon de voir les choses sur ce méchant personnage en supposant (comme on le fait souvent) qu'il est de son avis. Si Selassie est malin, il devrait la conforter dans ses suppositions. Si le lecteur n'a que le point de vue de Camille, il ne pourra pas en savoir plus qu'elle, à moins que tu ne donnes des indices invisibles pour Camille (ou qu'elle refuse de prendre en compte pour x raison).
 
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Dixie O'Near  /  Pippin le Bref


Eh bien merci de ces réponses plus que complètes, ça m'aide beaucoup ! Énormément, même ! J'étais complètement perdue, je n'avançais plus car ça me trottais trop dans la tête, mais là, ça décolle, c'est mieux !

Nordgia, je reconnais mon personnage style humain-masculin dans à peu près tout ce que tu nommes alors je me sens encouragée dans cette direction, surtout quand tu parles, vers la fin, de comment le simple fait du "toucher", peut venir jouer sur la relation et la manipulation. Je crois que je vais opter pour un jeune homme presque normal, amical et avec une histoire qui le rend encore plus attendrissant, sans citer une seule fois qu'il soit inquiétant ou étrange, pour ne pas donner la puce à l'oreille au lecteur. D'autres personnages vilains prendront cette place plus tard.

De plus, comme Destinée le dit, si j'écris du point de vue de Camille exclusivement, on se doute encore moins que Selassie est mauvais, puisque les seules pistes qu'on a sont celles données par Camille et que celle-ci n'a que d'avis positifs à l'égard de son "allié".

Vous m'avez grandement aidé, merci beaucoup ! Very Happy
 
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Une autre astuce pour rendre ce personnage sympathique, c'est qu'il ait de l'humour : on aime toujours les personnages qui nous font rire ou sourire.
Tu peux aussi jouer sur les clichés : un personnage de vieillard suscitera moins la suspicion  (le stéréotype du vieux sage crée certaines attentes du lecteur que tu peux exploiter pour l'induire en erreur), ou au contraire un enfant (on ne s'attend pas à ce qu'il soit rusé ou mauvais, on l'associe spontanément à l'innocence et la fragilité).
Enfin tu peux aussi rendre ce personnage maladroit ou simplet d'apparence, sa fourberie surprendra à la fin.

Voilou pour les quelques idées qui me viennent en plus des pistes qui t'ont déjà été données. Smile
 
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Bohr  /  Gloire de son pair


Sans vouloir spoiler, j'ai été très enthousiasmé par un personnage qui prend un ascendant sur la galaxie entière, alors qu'il est chétif, semble en avoir conscience et se montre craintif et geignard. De surcroît, il se prétend poursuivi pour avoir déplu à son souverain en tant que bouffon.
Pourquoi ne pas le rendre en apparence inoffensif, voire faible, en lui prêtant des qualités généralement associées à des métiers ou des personnalités bénignes?
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Tim  /  Morceau de musique survitaminé


Je dirais que tu peux aussi rendre crédibles ses actions, son comportement, du point de vue de ce qui va lui bénéficier à lui seul: de façon à ce qu'on se dise "bah non, bien sûr qu'il n'est pas fourbe/traître, à quoi ça l'avancerait ? Quel intérêt aurait-il à jouer un double jeu ?". Si on a l'impression que c'est de l'altruisme gratuit d'accompagner ton héroïne, qu'il l'aide alors que ça ne lui apporte rien et que c'est contre-nature compte tenu de l'ambiance de l'endroit et du comportement de tous les autres habitants du coin, il aura beau être le plus agréable et drôle du monde, on va à un moment se poser la question de sa bonne foi. Il faut que son comportement dévoué soit cohérent avec ses propres objectifs, ses propres motivations - quitte à ce qu'il mente (habilement) sur celles-ci, preuves et démonstrations à l'appui (et que ses mensonges puissent convaincre autant le lecteur que ton héroïne).

Sinon, ça rejoint peut-être ce que Nordgia avait en tête au début de son message: s'il est ni tout blanc ni tout noir (et franchement, c'est toujours un peu plus agréable quand aucun personnage ne l'est), qu'il est dévoué et amical mais capable d'actions cruelles envers d'autres personnages, qu'il défend l'héroïne au péril de sa vie mais est parfaitement exécrable à d'autres moments: le lecteur ne sait plus quoi penser. On va le soupçonner, c'est certain, mais les signaux contradictoires et la personnalité ambiguë feront qu'au final, on hésitera tout du long sur ses véritables intentions (et finalement, qu'il se révèle 100% bon ou mauvais au fond de lui sera un twist dans les deux cas).
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Destinée  /  Pour qui sonne Lestat


Attention quand même si tu décides de ne donner aucun indice sur le fait qu'il est mauvais : le lecteur risque de se sentir trahi, en se disant que c'est incohérent avec ce qu'il avait lu avant. L'idéal, de mon point de vue, c'est que tu dissémines des indices tout le long qui annoncent la fin, mais sans que le lecteur comprenne au moment où il tombe dessus que ce sont des indices. Sauf qu'à la fin, il se dit "mais bien sûr ! Pourtant il y avait eu ça, il avait dit ça, c'était évident !". C'est dans ces cas là qu'on apprécie de relire le livre pour retrouver tous ces indices et qu'on se dit que l'histoire est drôlement bien ficelée. S'il n'y avait aucun indice, on se dit juste que le retournement de situation tombe comme un cheveu sur la soupe.
 
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OrsonWilmer  /  Hé ! Makarénine


Usual Suspects, même si c'est un film, est une référence pour l'écriture du twist "mais le gentil c'était le grand méchant".
L'idée d'un caractère chétif, comme l'indique Bohr, est une technique qui fonctionne pas mal.
http://orsonwilmer.fr
 
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Matthieu Gatino  /  Barge de Radetzky


Alors, globalement j'ai pas lu tous les commentaires, mais j'ai peut-être un truc pour toi.

En fait, le mieux pour cacher un personnage mauvais, c'est que l'auteur lui-même parte du principe qu'il est bon. Comme ça, on "l'écrit" comme étant bon, tout en gardant à la lisière du subconscient qu'il pourrait basculer. C'est un moyen de brouiller la frontière entre le lecteur et l'auteur, mais c'est assez difficile à faire.

Voilà, c'était ma petite contribution (aussi modeste soit-elle Smile)
 
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Luos  /  Autostoppeur galactique


De mon côté, j'essaie de relativiser avec mon vécu. C'est à dire que je prends exemple sur les cons qui m'ont bourré. Comment ont-ils fait ? Pourquoi me suis-je fait avoir ? Si tu t'identifies avec ton personnage principale, je commencerais de ce côté.

Sinon, je rejoins les idées énoncées plus haut : ces traites ont de l'humour ou du charisme, suscite l'amitié ou l'admiration, mais sont outrement hypocrite. Tout ce qu'ils font, ils le font que dans leurs intérêts. Même s'ils te rendent service, il se cache toujours une arrière pensée. Avoir une touche de fragilité peut aussi rendre le personnage plus attendrissant. Par contre, dans ton univers, tu ne devrais pas le mettre trop faiblard, car survivre dans le royaume des morts ne devrait pas être facile !

Un nom me vient en tête lorsqu'on parle de quelqu'un qui, en apparence, était gentil : Adolf Hitler. Oui oui! LE Fuhrer! Car, au départ, aux yeux de (presque) tous, il était le sauveur d'un pays en déshonneur... Si ce n'est pas de la manipulation à haute échelle, je ne sais pas ce que c'est !


Dernière édition par Luos le Lun 18 Sep 2017 - 0:50, édité 2 fois
 
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Nordgia  /  No fun allowed


Je note un point Godwin. On peut dire que "ça a escaladé rapidement", pour franciser un peu la chose What a Face
 
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Joy  /  Pippin le Bref


Mon commentaire n'apportera certainement pas plus de précisions que ceux de mes prédécesseurs, mais plutôt un petit conseil.

Se renseigner sur le domaine de la psychologie pourrait être d'une grande aide. Sur les mécanismes de manipulation utilisés notamment par les pervers narcissiques. Car, si l'on se penche sur la question, la victime de ce genre de personne est persuadée que son bourreau est un ange, et qu'elle-même est l'entière responsable de son malheur. Peut-être pourrais-tu faire quelques recherches quant aux moyens qu'utilisent ces manipulateurs pour avoir le contrôle sur la perception des autres à leur sujet. Cela pourrait t'aider à en faire de même avec tes lecteurs, en laissant croire que ton personnage est bon.

Bien sûr, comme on l'a déjà précisé plus haut, fais tout de même attention à ne pas trop prendre ton public pour un "idiot", dans le sens où la révélation de la véritable nature doit surprendre, mais pas indigner ; un lecteur violemment trompé pourrait ne pas ressortir satisfait de sa lecture, si tu comprends ce que je veux dire.
 
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Bohr  /  Gloire de son pair


Une "trame" de méchant me revient, et m'avait beaucoup botté (même si je pense que ça représente un boulot monumental en amont): le méchant qu'on croit que sous ses dehors méchants, ben en fait, il est gentil, jusqu'au twist final où on s'aperçoit que c'est l'ennemi ultime. Cerise sur le cupcake: lorsqu'on découvre qu'il est le über-méchant de l'histoire, il reste sympathique, civilisé, drôle et lucide sur ses propres motivations.
Donc, en gros, ça marchait en trois étapes:
1/ à la recherche d'un illégal infiltré à Moscou qui n'a pas donné signe de vie depuis des lustres, l'espion anglais n'a d'autre choix que de s'acoquiner avec un gangster moscovite au fait de la vie la plus interlope de la capitale; il est d'emblée détestable: grossier, macho, xénophobe, vénal et pas fiable.
2/ à mesure que l'enquête avance, et que, l'un comme l'autre ont échappé plusieurs fois à la mort, l'Anglais et le Russe apprennent à se connaître, se confient l'un à l'autre, et la carapace d'ours mal léché du mafieux cède la place à un portrait plus civilisé qu'il ne peut se permettre de laisser soupçonner devant le reste de la pègre.
3/ lorsque l'illégal anglais est retrouvé, avec, sur lui, la liste de tous ses indics, on découvre alors que le Russe, loin d'être un malfrat, est en réalité un haut gradé de la division contre-espionnage du FSB; il abat la taupe, et laisse fuir le héros protégé par son passeport diplomatique. Avant cela, ils ont une conversation au cours de laquelle le Russe semble présenter ses excuses, "rien de personnel, seulement le boulot".

J'avais adoré cette surprise de découvrir qu'après un moment où on aurait pu le croire (en fin de compte) gentil, le méchant s'avère réellement méchant, mais pas comme on l'aurait supposé au début. Plus encore, j'ai adoré sa capacité à se justifier de ses actes, ses états d'âme, qui le rendent, à la fin de l'histoire, impossible à détester en définitive.
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Luos  /  Autostoppeur galactique


Nordgia a écrit:
Je note un point Godwin. On peut dire que "ça a escaladé rapidement", pour franciser un peu la chose What a Face

Malgré tout, j'accepte ce point Godwin...:mrgreen:  Vu que j'avais mentionné être un fanatique de la 2e guerre et particulièrement de la mentalité de cet Antagoniste si mal-aimé des Forums... silent pale Remarque, j'aurais pu utiliser Mussolini, Staline, Pol Pot, Hirohito, Kim Jung Un... La liste est longue!

Mais bon, j'arrête ça là, ça n'avance pas le topic! What a Face
 
   
    
                         
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 [Personnage] Cacher au lecteur qu'un personnage est mauvais.

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