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 La narration au présent : pourquoi l'éviter

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Lysiah  /  Bile au trésor


Aquae a écrit:
Je me trompe peut-être, mais est-ce que le présent ne serait pas davantage employé lorsque l'auteur ignore lui-même où il va, ou n'en a qu'une idée très vague ?
Très bonne question ! Mais je ne sais pas si tu pourras en obtenir une réponse unique. En tout cas pour ma part, je suis effectivement dans ce cas de figure. J'ai une vague idée de la fin, mais je me laisse la liberté de la changer, l'améliorer au fil de l'écriture. Il m'arrive souvent d'introduire des rebondissements ou nouveaux personnages que je n'avais pas envisagé. Il y a donc une forme de spontanéité dans ce récit. De là à dire que c'est ce qui a influencé mon choix entre le passé et le présent, je n'en sais rien car je fais la même chose dans ce que j'écris aussi au passé. Mais il est certain que c'est plus facile d'être spontanée au présent qu'au passé (allez, voilà un avantage de ce temps ! ^^).
Il serait intéressant d'avoir l'avis de ceux qui préfère le passé dans leurs écrits !

Citation :
Bref, donc je me pose la question : pourquoi la tradition a-t-elle préféré le passé au présent ? N'est-ce pas un peu arbitraire ?
Aujourd'hui, quand on décide d'écrire un texte au présent, c'est généralement qu'on s'est posé cette question là du temps et qu'on a de bonnes raisons d'écrire au présent ; a contrario le passé est considéré comme naturel, c'est le temps "par défaut". Est-ce qu'on ne reproduit pas bêtement la tradition dans ces cas-là ? Est-ce qu'on n'écrirait pas au passé seulement par habitude ?
C'est intéressant de poser la question dans ce sens. Il y a probablement un peu de ça également. La difficulté dans ce débat c'est que chaque auteur a son propre background, sa propre culture littéraire, avec des codes ou références propre à lui/elle qui peuvent fortement influencer sa manière d'écrire.
Cela rejoint un peu ce que je disais sur le genre de la fantasy. Tout ce que j'ai lu dans ce domaine a été écrit au passé, dans un langage globalement soutenu et soigné. Et peut-être par mimétisme (ou tradition), quand j'évolue dans un univers de fantasy, j'écris au passé, sans même me poser la question. Comme si mon cerveau avait un peu été conditionné pour écrire d'une manière différente. Alors qu'en SF, j'en ai peu lu et donc j'ai peut-être eu, à tort, ce sentiment que j'étais plus libre de faire un choix. Mais comme on écrit en général un journal intime à la première personne et au présent, est-ce que ce choix n'était pas aussi influencé par ça ?
Désolée si ma réflexion est un peu brouillonne, mais je trouve qu'Aquae soulève des questions intéressantes Smile

J'ai du mal à faire une généralité sur ce sujet, car j'ai l'impression que ça dépend vraiment de la personnalité de chacun et un peu de son histoire / parcours personnel(le). Et du coup, faut-il vraiment opposer ceux qui écrivent au présent à ceux qui écrivent au passé ? N'est-ce pas l'intérêt de la littérature ? De pouvoir raconter des histoires (vraies ou fictives) avec une grande variété de styles, de genres, etc ?
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Silence écrit  /  Péril 666


En général, tu racontes un truc qui est en train de t'arriver, ou quelque chose qui t'est déjà arrivé ?
Mec, je t'appelle parce que je suis dans un train, et il est en train de dérailler.

Mec, tu vas pas le croire ! J'étais dans un train et il a déraillé !

Voilà. :mrgreen:
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DivaN  /  Homme invisible


je ne pense pas que le présent soit utilisé parce que l'auteur ne sait pas où il va. il peut avoir un plan très construit, mis toute l'histoire du prologue à l'épilogue sur papier avant de commencer à écrire.
finalement, ce qui fait peut être le choix du temps est le genre de roman qui le détermine. par exemple, le je/présent devient une sorte de norme dans la romance (est-ce le choix des auteurs, la demande du lectorat ?) mais a contrario, je trouve très peu d'exemples dans les polars.
Silence écrit : ton exemple est valable pour les dialogues, où effectivement, le présent est règle, mais dans les descriptions, ce n'est pas applicable.
 
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Eyre  /  Pippin le Bref


Je trouve intéressant cet exemple du journal intime, ce n'est pas un cas de figure d'utilisation du présent auquel j'avais pensé, il va falloir que j'aille jeter un coup d’œil au mien histoire de me rendre compte de l'effet ^^.
 
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Silence écrit  /  Péril 666


Eh voilà. A vouloir faire des raccourcis humoristiques je suis mal compris.
Je voulais dire que le fait d'écrire au passé était la règle, historiquement, parce que le récit est supposé s'être déjà déroulé au moment où on le raconte.
Un narrateur, par définition, raconte une histoire a posteriori, ce qui suppose l'emploi du passé. 

Smile
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Aquae  /  Autostoppeur galactique


Lysiah : en ce moment, j'écris beaucoup "au fil de la plume", sans avoir réfléchi auparavant à ce que j'allais écrire, et ces textes-là sont systématiquement au présent. Mais ce n'est peut-être pas un très bon exemple parce que ce sont des textes courts ^^ Avant j'écrivais des textes plus longs, plus construits, et pour le coup ils étaient tous au passé, sauf si je voyais un intérêt particulier à utiliser le présent. D'ailleurs tous ceux au passé se situent dans un univers de fantasy, comme pour les tiens, donc l'hypothèse du temps associé au genre de texte tient plutôt bien la route ! (Mais je me dis aussi qu'on prépare peut-être davantage un texte qui prend comme cadre un univers différent du nôtre)

Lysiah a écrit:
Alors qu'en SF, j'en ai peu lu et donc j'ai peut-être eu, à tort, ce sentiment que j'étais plus libre de faire un choix.
Ce n'est jamais à tort que tu prends des libertés dans l'écriture d'un texte, je pense, c'est même ça qui est intéressant Wink

Lysiah a écrit:
Et du coup, faut-il vraiment opposer ceux qui écrivent au présent à ceux qui écrivent au passé ? N'est-ce pas l'intérêt de la littérature ? De pouvoir raconter des histoires (vraies ou fictives) avec une grande variété de styles, de genres, etc ?
Non pour la première question, et oui pour la deuxième :mrgreen:



Silence écrit : je me permets de m'autociter ^^
Aquae a écrit:
Il y a sans doute plein de raisons d'écrire un texte au passé : un cadre historique (par exemple, la seconde guerre mondiale), un narrateur qui raconte son enfance... Dans ces cas-là, les temps du passé s'imposent presque. Mais hormis ces cas précis (et toutes les autres exceptions qu'on pourra trouver), pourquoi opter pour le passé ?
Edit : je viens de voir ton nouveau message, tu fais quoi de la SF, de tous les récits qui se déroulent dans le futur ? Smile



DivaN a écrit:
je ne pense pas que le présent soit utilisé parce que l'auteur ne sait pas où il va. il peut avoir un plan très construit, mis toute l'histoire du prologue à l'épilogue sur papier avant de commencer à écrire.
Oui mais reconnais que tout le monde n'écrit pas de cette manière Wink Et dans le cas, justement, où l'on ne sait pas où on va, est-ce que le présent n'est pas plus naturel ? C'est ça qui m'intéresse.
Et dans le cas où tu as fait tous tes plans, si tu optes pour le présent, est-ce naturellement, sans vraiment y réfléchir, ou est-ce un choix parfaitement justifié, que tu as pris le temps de mesurer ? (J'ai l'impression que c'est plutôt le deuxième cas, mais je peux me tromper)
A part ça je suis d'accord, on constate vraiment des tendances en fonction des genres. Ce serait intéressant de comprendre à quoi elles sont liées Smile


Dernière édition par Aquae le Lun 27 Nov 2017 - 16:38, édité 1 fois
 
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Silence écrit  /  Péril 666


Je... n'ai pas compris ta remarque Aquae... ^_^'
Perso j'écris principalement de la poésie, et sinon de la SF. Mais j'ai toujours lu des romans au passé, quelque soit le genre littéraire, sauf très rares exceptions (sur lesquelles je serais incapable de mettre un titre).

EDIT : je ne décrie absolument pas la narration au présent, je rappelais simplement, du point de vue historique, pour quelle raison la narration au passé avait été la règle. Par goût personnel, je préfère cette dernière, mais c'est tout ^^
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Aquae  /  Autostoppeur galactique


Silence : désolée, c'est moi qui n'avais pas compris, je crois x)
Mais pourquoi le narrateur ne pourrait-il pas raconter une histoire "en direct" ? Un peu comme un commentateur de match *comparaison pourrie bonjour*
Edit (encore un haha) : c'est vrai que c'est tout à fait logique pour expliquer pourquoi le passé a prédominé historiquement Smile


Dernière édition par Aquae le Lun 27 Nov 2017 - 16:45, édité 1 fois
 
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Silence écrit  /  Péril 666


Aquae a écrit:
Silence : désolée, c'est moi qui n'avais pas compris, je crois x)
Mais pourquoi le narrateur ne pourrait-il pas raconter une histoire "en direct" ? Un peu comme un commentateur de match *comparaison pourrie bonjour*

Historiquement encore une fois, c'est une histoire de vraisemblance. Un lecteur du moyen-âge qui tient un livre entre ses mains ne pourra pas croire que l'histoire qu'il lit se déroule en direct. Autre temps, autre moeurs, autre imagination... Wink
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Aquae  /  Autostoppeur galactique


Compris ^^ (Mais il devait bien y avoir quelques livres de fictions au Moyen-Âge, non ? Et le lecteur se moque un peu de la vraisemblance, dans ce cas... Mais j'entends bien ton argument sur l'emploi des temps Smile )
 
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Silence écrit  /  Péril 666


Oh oui, bien entendu, le roman (et donc la fiction) date de cette époque. Mais il faut bien se mettre en tête le fait que la conception des choses à l'époque n'était pas du tout la même qu'aujourd'hui. Même un roman avec des dragons et des géants devait respecter une certaine vraisemblance. C'est ce qu'on appelle le principe de la suspension d'incrédulité. Le lecteur est prêt à faire quelques conceptions au réalisme, dans un certain cadre prédéfini. Il acceptera sans sourciller qu'un dragon terrorise une région, mais pas qu'une jeune femme l'affronte à coup de kung fu. 
Triste époque, je sais :mrgreen:
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Aquae  /  Autostoppeur galactique


Triste époque oui Sad

Ce seraient quoi du coup nos cadres prédéfinis à nous ?
 
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Silence écrit  /  Péril 666


Là tu m'en demandes beaucoup :mrgreen: la litté contemporaine c'est pas ma spécialité. 
Tout ce que je peux dire c'est que le roman a EXPLOSÉ au XIXe et surtout au XXe siècle. On se permet aujourd'hui des choses extrêmement variées et impensables il y a un siècle. Le courant de conscience, la prose poétique, la syntaxe à géométrie variable... un lecteur contemporain aura une palette "d'acceptation" du roman immensément large. Cette palette, cependant, dépend dans une large mesure de l'éducation, des lectures et des goûts personnels. On pourra trouver L'écume des jours génial ou complètement hermétique, selon qu'on accepte ou non la poéticité dans le roman, par exemple.
C'est cette liberté qui nous permet des questionnements tels que celui de ce topic, auquel il n'y aura en définitive pas de réponse tranchée. Peut-être dans cent ans la narration au passé sera-t-elle franchement désuète et imbuvable. Pour le moment, elle coexiste à peu près en bonne entente avec la narration au présent. 

Et ça, c'est chouette. Smile
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... ou que la mode de la narration au présent aura passé Wink

Sinon, je ne sais plus qui disait qu'un journal intime s'écrivait au présent, mais je crois qu'on en trouve autant au passé. Me semble-t-il.
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Lysiah  /  Bile au trésor


Divan a écrit:
je ne pense pas que le présent soit utilisé parce que l'auteur ne sait pas où il va. il peut avoir un plan très construit, mis toute l'histoire du prologue à l'épilogue sur papier avant de commencer à écrire.
Je suis assez d'accord avec toi sur le fond. Ce n'est pas forcément deux choses qui vont de paire. Après peut-être que pour certains auteurs c'est plus facile dans ce cas-là, mais à mon avis c'est surtout une question de choix en relation avec l'histoire.

Eyre a écrit:
Je trouve intéressant cet exemple du journal intime, ce n'est pas un cas de figure d'utilisation du présent auquel j'avais pensé, il va falloir que j'aille jeter un coup d’œil au mien histoire de me rendre compte de l'effet ^^.
:mrgreen:
Après coup, je me demande si ma remarque est vraiment juste. A vrai dire, ce serait présomptueux de ma part d'affirmer que tous les journaux intimes sont écrits au présent et à la première personne.
Edit : Orsonwilmer, tu m'as devancée de peu :p

Aquae a écrit:
D'ailleurs tous ceux au passé se situent dans un univers de fantasy, comme pour les tiens, donc l'hypothèse du temps associé au genre de texte tient plutôt bien la route ! (Mais je me dis aussi qu'on prépare peut-être davantage un texte qui prend comme cadre un univers différent du nôtre)
Difficile d'en être sûr, mais c'est une hypothèse que j'aime bien, oui.
Par contre, de là à dire qu'on prépare mieux un texte écrit dans un autre univers, je pense que ça dépend surtout de la méthodologie de l'auteur. On n'écrit pas tous de la même manière. Certains aiment bien écrire à l'inspiration et/ou ont du mal à faire un  plan de chapitre détaillé à l'avance, tandis que d'autres auront besoin de bien se structurer avant de se lancer et ce, quelque soit le genre, le temps, etc.

Silence a écrit:
Historiquement encore une fois, c'est une histoire de vraisemblance. Un lecteur du moyen-âge qui tient un livre entre ses mains ne pourra pas croire que l'histoire qu'il lit se déroule en direct. Autre temps, autre moeurs, autre imagination... Wink
Bien d'accord avec ta dernière remarque Smile

Citation :
C'est ce qu'on appelle le principe de la suspension d'incrédulité. Le lecteur est prêt à faire quelques conceptions au réalisme, dans un certain cadre prédéfini. Il acceptera sans sourciller qu'un dragon terrorise une région, mais pas qu'une jeune femme l'affronte à coup de kung fu.
Ils ne sauront jamais ce qu'ils ont raté, les pauvres :mrgreen:
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