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 Le désir et les sexes

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Fatalité  /  Blanchisseur de campagnes


Pour les intéressés :

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Et peut-on échapper à Eva Illouz et ses platitudes ? Elle est partout. (Qui est son agent ? Il est vachement au point, lui)
 
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Eva_Illouz
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Mha  /  Chose simple


Et je découvre coïncidemment que Eva Illouz est née à Fès juste après avoir visionné la dernière vidéo de Dirty Biology, consacré à cette ville précisément. Merci Fatalité!

Par contre si tu sais développer sa pensée ce serait intéressant aussi.
 
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Fatalité  /  Blanchisseur de campagnes


Non hélas, c'est juste que je suis tombée sur cette couverture via Internet, et que je l'ai trouvée pertinente rapport au topic, huhu.

En tout cas belle synchronicité !
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Zaou  /  Gloire de son pair


D'après ce que j'en sais elle dit que la consommation économique a envahit le romantique (la consommation remplace la poésie) et que les raisons pour lesquelles on se met avec quelqu'un conditionnent les sentiments qu'on développe pour lui.
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Holopherne a écrit:
Je poste ici trois articles assez techniques, mais qui pourront peut être faire avancer le débat.

Dans les deux premiers articles, la thèse de l'auteur est en gros que les arguments "scientifiques", en particulier de psychologie évolutionniste, utilisés par certains anti-féministes ou féministes différentialistes pour défendre l'idée que la différenciation psychologique - et sociologique, entre hommes et femmes est le fruit de l'évolution biologique et donc innée, sont le plus souvent contestables. L'approche est épistémologique; il s'agit de montrer 1) les travestissements journalistiques d'études scientifiques - entre autre un bon passage sur les interprétations douteuses que fait Peggy Sastre d'une étude scientifique 2) les problèmes épistémologiques intrinsèquement liés à la psychologie évolutionniste.

http://allodoxia.blog.lemonde.fr/2012/04/25/psychologie-evolutionniste-et-biologie/

http://allodoxia.blog.lemonde.fr/2014/07/23/camion-poupee-jeux-singes/


Le deuxième article, toujours dans une veine épistémologique, s'emploie à montrer que le lieu commun "inné acquis pour la génétique c'est la même chose" est faux. Et qu'au contraire, cette distinction inné/ acquis est de première importance à être pensée pour des raisons politiques.

http://allodoxia.blog.lemonde.fr/2012/05/30/debat-inne-acquis/

Bonne lecture!

Très intéressant, merci pour le partage.
 
   
    
                         
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J’ai commencé à suivre Odile Fillod sur les réseaux sociaux, toujours très critique envers les arguments de Peggy Sastre :
https://www.facebook.com/OdileFillod/posts/1434337223361256
(J’observe de loin leurs thèses à toutes les deux et je m’instruis)


Dernière édition par Jasmin le Dim 21 Jan 2018 - 14:36, édité 1 fois
 
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Chez moi ça dit "page introuvable" - bouh.
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C'est corrigé !
 
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Fatalité  /  Blanchisseur de campagnes


Tiré de ...

Fatalité a écrit:
Cyan a écrit:
Cela dit, peux-tu nous en dire plus sur le contexte dans lequel tu as produit ces écrits ? Retranscription de réflexions personnelles ? Volonté de dialogue et de partage avec d'autre ? D'exposition de tes idées ? Avais-tu au moment où tu as écrit le projet de publier tes raisonnements ?

Honnêtement, ce sont des coups de sang. Je suis une sanguine. Après effectivement, ça ne fuse qu'après diverses maturations, par exemple à travers différents articles découverts en ligne comme j'en mets parfois les liens sur le forum. Je me positionne toujours personnellement - autant que possible - devant ce que je lis, pour y faire le tri, et tenter d'y injecter mon sang, que je veux qualifier de bon sens, en tout cas "à mon sens". Cela part aussi de bribes notées çà et là. Donc oui, il y a retranscription de réflexions personnelles, et farouche volonté de partage : j'écris pour être lue, en croyant très naïvement que cela passionnera mes lecteurs autant que ça m'a passionnée de raisonner.

Au fond, j'ai quelque chose de Peggy Sastre, en lien FB proposé par Jasmin, Mer 17 Jan 2018 18:51 ... en tout cas je me reconnais dans la démarche.

Du coup, je ne trouve pas que l'article remette bien en cause Peggy Sastre. Après tout, ses partis-pris sont assumés, et elle a en fait l'honnêteté de reconnaître que toute connaissance est une forme de parti-pris, ou de pari (ce qu'on nomme une hypothèse, où Paul Feyerabend nous apprend que le vérificationnisme et le réfutationnisme ne sont pas aussi partie-prenante de l'Histoire des sciences qu'on nous les présente, et qu'au contraire une forme de praticisme-relativisme y règne en maître ès avancées, au point qu'on ne se pose pas la question de vérifier ni de réfuter, pourvu que ça marche, notamment pour les besoins de la cause techno-ingénierique progressiste).

Que Peggy Sastre pioche çà et là dans des articles, pourquoi pas ? pourvu que ce soit renseigné ! ... il me semble en effet que la critique d'Odile Fillod parle au nom de la Raison, d'un mythe selon lequel il y aurait une logique réelle. C'est trop arrogant pour moi, aussi humble cela se veut-il. Je crois d'ailleurs que plus humble se présente quelqu'un, plus imbus de lui-même il est en fait, car souvent ceux qui disent "moi-je-personnellement", ne le disent que d'avoir peur d'être pris pour un autre. Ainsi de Peggy Sastre (?).

D'ailleurs, en dehors de la critique des sources de Sastre, Fillod ne semble rien opposer que ... sa critique ... donc bon ... comme si ça se passait autrement ailleurs, sérieux ...
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Slate - Les femmes se disputeront toujours le pouvoir avec les hommes, Fellini l'avait compris / La Cité des Femmes: Fellini avait tout prédit
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Medhi Belhaj-Kacem, dans un entretien avec Philippe Nassif (''Pop philosophy'', Denoël, 2005), a écrit:
M. B.K. : ... la psychanalyse a effectivement commencé avec cette question : que veut une femme ? C'est la question que pose l'hystérique, premier cas d'étude de Breuer-Freud. La réponse la plus simple que donne la psychanalyse avec tous les malentendus, c'est : elle veut la castration sans le savoir. C'est-à-dire une jouissance en tant qu'elle choit, ne reste pas debout - la castration ça n'a à peu près rien à voir avec le cliché féministe du coup de ciseaux.
Depuis que j'ai fait des remaniements, mon avancée c'est : nous ne sommes pas des êtres biologiques. Le donné biologique, c'est la jouissance phallique mais que nous, nous répétons artificiellement, et - argument béhavioriste - à part les fameux singes bonobos on ne connaît pas de mammifère qui dérègle le cycle dit "naturel" pour accéder à une sexualité autre et supposée beaucoup plus riche et intense - ce qui est un peu la prétention de l'animal parlant, et quand je dis prétention...

Ph. N. : Qu'est-ce que tu entends par "répéter artificiellement la jouissance phallique" ?

M. B.K. : La jouissance mammifère, le rut biologique est interdit d'accès à l'être parlant. La sexualité commence avec cet interdit. Or, et c'est ma thèse, cet interdit s'articule de façon différente pour les deux positions sexuées : la castration chez l'homme, c'est-à-dire la répétition de la jouissance phallique ; la division chez la femme, c'est-à-dire l'inaccessibilité absolue à la pureté du rut biologique.
La castration, qu'est-ce que c'est ? C'est Rocco Siffredi. C'est la répétition par les mecs, par les porteurs du phallus, de la jouissance phallique telle quelle - à ceci près que cette répétition est artificielle. Il y a l'illusion d'un naturalisme chez l'homme. N'empêche que c'est un artifice par rapport à la nature, c'est un forçage. Les animaux ne répètent pas l'acte sexuel, à part les rares espèces qu'on a évoquées. Si l'homme avait une sexualité naturelle, il ne baiserait qu'une fois tous les six mois. Ou, autre argument, il n'y a pas de sodomie, par exemple, chez les animaux, ça mérite qu'on s'y arrête.
La division, c'est encore autre chose. Fondamentalement, la jouissance féminine est une jouissance beaucoup plus complexe. Pourquoi ? Parce que, à la différence des hommes, la jouissance ne succède pas au désir, mais les deux se produisent ensemble.
Cette jouissance autre, on la voit chez les animaux : la chatte en chaleur, en rut, qui feule. On voit bien qu'elle jouit déjà dans le rut et non pas seulement au moment du coït, je dirais même au contraire, le coït est seul à interrompre son désir-jouissance. C'est le mâle qui, lui, va jouir au moment de la castration. Le chat, une fois que c'est fait, c'est fait, il débande. La femelle aussi n'est plus en rut, ça s'arrête pour elle aussi dans le coït, mais elle, elle jouissait déjà dans le rut. Pour la femelle, tant qu'elle est en rut, jouissance et désir c'est exactement la même chose. Comme elle désire, elle jouit, et comme elle jouit, elle désire.
Mais la femme parlante, elle, ne connaît jamais cet état. Elle répète cet irrépétable du rut biologique. Et lorsqu'on dit, un peu méchamment, d'une adolescente qui se tortille : "Ah, elle est en rut", ce n'est jamais qu'une métaphore, ce n'est pas réel. L'événement du rut est inaccessible à qui parle mais il revient par le détour symbolique, c'est-à-dire dans la répétition fantasmatique masculine. On va vendre des pornos aux hommes avec des titres tous plus salaces les uns que les autres du genre Chiennes en rut ou Chiennes en chaleur, mais ce sont des fictions, que nous ne rencontrons jamais dans l'expérience humaine.
Il n'en reste pas moins que la jouissance féminine s'enlève sur un donné biologique. [...] Un exemple : il peut arriver parfois à une fille de mouiller comme un geyser, d'un seul coup, c'est un phénomène assez obscur.
Donc : la division pour la femme, c'est répéter un impossible. L'impossible de la jouissance physiologique du mammifère femelle.
Et la castration, chez l'homme, c'est répéter un possible - le possible de la jouissance phallique - "pour le plaisir", comme dit Herbert Léonard, un cas gratiné, exemplaire de sujet de la perversion qui s'ignore (rires).
Ce qui ne donne un avantage à aucun des deux, puisque ça angoisse mélancoliquement et peut frustrer.


Dernière édition par Fatalité le Mer 24 Jan 2018 - 13:29, édité 3 fois
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Fatalité, poster plusieurs messages d'affilée n'est pas autorisé, depuis le temps que tu fréquentes le forum, tu dois le savoir.

Tant que j'y suis, évite aussi de monopoliser les débats, pour le coup il n'y a rien contre ça dans le régalement, mais c'est du bon sens, une question de courtoisie. Ça agace à peu près tout le monde.

 
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Lo.mel a écrit:
Fatalité, poster plusieurs messages d'affilée n'est pas autorisé, depuis le temps que tu fréquentes le forum, tu dois le savoir.

Pardon, vu que je poste des compléments divers à des heures voire une journée d'intervalle, je ne m'étais pas crue en infraction.

Lo.mel a écrit:
Tant que j'y suis, évite aussi de monopoliser les débats, pour le coup il n'y a rien contre ça dans le régalement, mais c'est du bon sens, une question de courtoisie. Ça agace à peu près tout le monde.

Absolument personne n'est tenu-e de lire mes propositions, je ne coupe la parole à personne, et j'ai même plutôt tendance à nourrir des fils apathiques.

Mais bon, j'agirai au sein de cet "ordre" qui n'en est pas un en conséquence, puisqu'au final tout se résout à des différends et griefs réels ou imaginaires, semble-t-il.

***

Bon. Au titre d'une dernière contribution qui me semble utile, à ce topic :

Medhi Belhaj-Kacem, dans un entretien avec Philippe Nassif (''Pop philosophy'', Denoël, 2005), a écrit:
Ph. N. : Le pathos du manque-qui-nous-constitue psychanalytiquement, c'est de toujours trouver des défauts à nos amis, à nos alliés potentiels, aux gens avec qui nous pourrions avancer.

M. B.K. : Exactement. J'ai un ami - mais justement j'ai arrêté de le voir - qui est typiquement dans ce pathos-là. Dès qu'il parle avec quelqu'un, au lieu de parler du point de réel où la personne essaie de faire quelque chose, il va tout de suite te demander "pourquoi tu fais ça ?", c'est-à-dire "ça" qui à ses yeux "n'est pas bien" - par exemple : "Ah, mais pourquoi tu parles avec Technikart ?" Et évidemment tout de suite après : "Pourquoi tu ne fais pas ça ?" C'est une maladie, il est absolument incapable de parler d'un point concret de ce que tu fais, toujours d'un point absent. C'est très facile de trouver ce qui est absent, ça l'est beauoup moins de traiter le point concret, de réel qui est sous tes yeux. C'est vraiment ce pathos typique du dépressif. Et il ne s'agit pas seulement de lui, le problème, bien sûr, est que la majorité des gens que nous connaissons fonctionne ainsi.

Medhi Belhaj-Kacem, dans un entretien avec Philippe Nassif (''Pop philosophy'', Denoël, 2005), a écrit:
M. B.K. Quand [untel, Deleuze] dit : "La jouissance est une interruption fâcheuse du processus du désir", c'est une topic de mec. N'importe quelle nana est une réfutation vivante de ce qu'il raconte : la jouissance interrompant fâcheusement son désir, ça la laisse perplexe. A la limite, [Deleuze] nous signalerait que ça ne vaut pas que pour les hommes, mais ça se voit qu'il n'y pense même pas. C'est ce que je lui reproche aussi, à Deleuze : son raisonnement est très, comme dirait [untel, Derrida], phallogocentrique.
Cela éclaircirait encore la philosophie et la psychanalyse d'admettre que le clivage entre désir et jouissance qui donne l'angoisse chez Lacan n'existe pas chez la femme. Que son angoisse est autre, du fait que, biologiquement, le rut de la femelle synchronise le désir et la jouissance.
Les mecs ont le phallus et répètent ainsi cette jouissance artificiellement. C'est l'artifice de l'être parlant et c'est peut-être plus du côté du phallus que la sexualité est constituée.
Par ailleurs il y a la femme qui, elle, est séparée du phénomène biologique du rut reproductif. Sa sexualité à elle va donc être d'en avoir une au-delà du rut. Il n'empêche que pour elle la sexualité, a priori, c'est le rut. Ce que la psychanalyse appelle le désir de la mère, c'est ça, il y a forcément ça dans l'inconscient féminin.

Ph. N. : Le désir de la mère ?

M. B.K. : C'est ce que dit [untel, Zizek] à propos du désir et de son interprétation. Le désir ne préexiste pas à son interprétation. Il est déjà interprétation. Et l'interprétation du désir de l'autre. Il y a tout de suite un réseau interprétatif dans lequel on s'inscrit pour désirer. Alors le désir de la mère, qu'est-ce que c'est ? Chez Lacan, c'est très clair : c'est à la fois le désir que tu as de la baiser, et son désir, à elle, de te baiser. Lacan compare le désir de la mère à des mâchoires de crocodile grandes ouvertes qui menacent de se refermer, clac (rires). Et la castration, c'est ce qui l'empêche de se refermer, c'est un bâton qui la bloque, c'est ton phallus et la phallus imaginaire de la fille.
Lacan dit que toute sa vie il a attnedu que les collègues femmes vienent lui donner des informations sur la jouissance féminine, rien, il n'y a jamais rien eu. Françoise Dolto écrivit Sexualité féminine pour dire en définitive que le désir féminin est insituable, et je viens de lire le livre d'une autre nana, je ne sais plus qui : Ce que Lacan disait des femmes, une psy lacanienne. C'est un bon livre, mais on n'est pas très avancé. Comme si cette jouisance féminine était beaucoup plus difficile à dire que la jouissance masculine qui, elle, est collée au phallus.

Medhi Belhaj-Kacem, dans un entretien avec Philippe Nassif (''Pop philosophy'', Denoël, 2005), a écrit:
Ph. N. : Dans ton livre tu prends presque des accents mystiques lorsque tu parles de la jouissance féminine comme d'une coïncidence au grand Autre, comme quelque chose d'infini et d'insaisissable. Tu évoques Catherine Millet qui explique que les plus grandes jouissances sont silencieuses. On voit bien le désarroi du mâle qui est persuadé d'obtenir une jouissance quand la nana gueule, alors que ça relève surtout du rituel...

M. B.K. : Si c'était aussi simple. Des fois, je sens que quand ça hurle que ça jouit, mais s'il suffisait que ça hurle... Notre travail à nous n'est pas du tout de se sauver de la misère d'aujourd'hui en retrouvant la mystique genre tantrisme. Mais plutôt de réinterroger le réel des expériences mystiques. C'est pour ça que Lacan s'intéresse aux mystiques féminines chrétiennes car il voit bien que, du point de vue psychanalytique, la mystique féminine et ce rapport au grand Autre, c'est la question de la jouissance. Et il ne le fait pas de manière mesquine. Ce n'est pas la caricature du freudien qui ramène tout au ras des pâquerettes. Il y a un infini de la jouissance féminine. Elle est infinie à répéter un irrépétable, le rut femelle. Contrairement à la position homme qui, elle, compulse la répétition d'un répétable, en gros l'éjaculation.
Alors, pour aller un peu plus loin dans cette dialectisation désir-jouissance, [untel, Kierkegaard] écrit que les femmes ont plus d'aptitudes naturelles à l'angoisse que les hommes. Et Lacan, lui, dit à de multiples reprises que la jouissance de la femme est plus aérée, qu'il y a quelque chose d'étouffant dans la jouissance phallique.

Ph. N. : Ils se contredisent, non ?

M. B.K. : Oui et non. "Les femmes ont plus d'aptitudes naturelle à l'angoisse", ça peut vouloir dire qu'elles angoissent car elles sont tout de suite prises dans le réseau interprétatif. A l'époque de Kierkegaard [le XIXème], l'homme est peut-être moins angoissé sur ces questions de désir, parce qu'il a l'impression que c'est lui qui interprète (mais c'est déjà faux) la petite pouliche.
Mais la petite pouliche, elle, est tout de suite prise dans le réseau interprétatif, elle en est consciente. Elle se sait déjà une interprétation : l'autre me désire, je suis déjà dans son fantasme, mais pourquoi ? Elle ne sait pas, mais ce qu'elle sait, c'est que l'autre la désire et qu'elle a la force de plier l'autre à ce désir. Son désir sera donc d'ores et déjà une interprétation.
Là, je parle du désir. Mais Lacan, lui, parle de la jouissance.
Alors on pourrait en conclure que la position masculine a une angoisse liée à sa jouissance, alors que la position féminine a une angoisse liée à son désir.
Au niveau empirique, évidemment, il y a des femmes qui angoissent sur leur jouissance. Mais c'est alors qu'elles ont un rapport à leur jouissance assez phallique. Ces femmes peuvent avoir un "post coïtum animal triste".

Medhi Belhaj-Kacem, dans un entretien avec Philippe Nassif (''Pop philosophy'', Denoël, 2005), a écrit:
M. B.K. : ... la femme est divisée, elle est vraiment séparée de sa jouissance. Et c'est cette division que je vois dans les magazines féminins.

Ph. N. : Je pige moyen.

M. B.K. : Ce que je disais tout à l'heure : dans le rut femmelle, il y a indivision entre le désir et la jouissance. Mais la femme, elle n'a accès à l'événement du rut qu'indirectement, par la torsion de la représentation. Donc, c'est une indivision-divisée. Les femmes n'ont pas comme les hommes la capacité d'objectiver leur fantasme dans la pornographie. Et du coup les magazines féminins ne parlent que de ça, l'amour et la sexualité, de manière crue et allusive à la fois. Donc l'homme n'est pas plus obsédé que la femme. Simplement, et l'apartheid séparant dans les kiosques à journaux la presse féminine et la presse masculine le montre, l'homme l'est dans l'imaginaire, la femme, elle, l'est dans le réel - obsédé(e).
[...] J'entendais Monica Bellucci à la télé la denrière fois... Monica Bellucci et Vincent Cassel, c'est le couple à l'ancienne qui fait fantasmer un peu tout le monde, s'il y en a encore, enfin c'est un couple un peu glamour. Bon, il y a Béatrice Dalle et Joey Star aussi/

Ph. N. : Eux ils sont plus trash.

M. B.K. : Oui, c'est le glamour Abel Ferrara, le glamour vénéneux - c'est une formule que Virginie Despentes et moi avions inventée il y a quelques années. Alors Monica Bellucci disait en toute simplicité : "Pour un homme, l'amour c'est une partie de la vie, pour une femme, l'amour c'est la vie."
Et bizzarement la formalisation que livre Badiou dans son texte intitulé "Qu'est-ce que l'amour ?" énonce exactement ça. C'est-à-dire que les quatre procédures génériques chez le mec sont en rapport aux autres : l'art métaphorise l'amour qui est métaphorisé éventuellement par le politique qui est méraphorisée par la science, etc. Il y a un jeu d'allers-retours permanents entre les quatre sphère, mais elles restent bien séparées, bien distinctes.
Tandis que, chez la femmme - la polarité femme, hein - les trois procédures génériques que sont politique, art et science sont tout entières métaphorisées par l'amour. Monica Bellucci à la télé et Badiou avec ses schémas mathématiques disent littéralement la même chose. C'est ça, la vérité.

Medhi Belhaj-Kacem, dans un entretien avec Philippe Nassif (''Pop philosophy'', Denoël, 2005), a écrit:
Pour continuer sur cette question de la castration et de la division, on peut remarquer que le porno est localisé. C'est une des raisons pour lesquelles les mecs ont honte de consommes du porno. La raison n'est pas tant morale que structurale. On peut se demander pourquoi les filles, elles n'ont pas honte, vu ce que racontent les magazines féminins...
C'est ce que dit Deleuze sur les femmes : elles disent tout et puis elles sont un secret, elles sont un devenir-secret, elles sont un devenir-secret tout entier. Elles accèdent à une espèce de vitesse infinie à force de légèreté, tout est question de vitesse, et elles deviennent elles-mêmes tout entières un secret à force de tout dire. C'est vrai qu'il y a quelque chose de féminin qui est de cet ordre-là, de devenir tout entière un secret, tandis que le mec - le pôle masculin, hein - il a son petit secret sexuel vaguement honteux, "le sale petit secret" comme disait D.H. Lawrence, référence deleuzienne. Et ça tu le constates tout à fait empiriquement dans la honte que les mecs ont du porno. C'est bien connu : le mec, il cache son porno sous son lit, et puis il finit par le jeter au bout d'un moment.
Alors on peut se demander pourquoi il n'y a pas de honte du côté des femmes. C'est peut-être que c'est localisé. Le porno, c'est quand même totalement un défouloir. Tout ça est circulaire, c'est ça la castration, c'est le circuit du fantasme qui s'assouvit, devient mélancoliquement angoissé, étrangement frustré, et revient. [...]
C'est vrai que le porno c'est le fantasme, avec l'effet de péremption du fantasme, le côté jetable. Sans doute parce que au-delà de l'amour, ou en-deça de l'amour, le sexe est peut-être plus localisé pour le mec que pour la femme.
Ca va avec l'énoncé sur l'inertie sexuelle des mecs. C'est-à-dire, pour parler clair, si les nanas se plaignent souvent de l'inertie sexuelle des mecs, c'est parce qu'elles ont ce rapport autre à la jouissance que sténographient les magazines féminins. Meme si elles peuvent fantasmer sur des trucs de cul, pour elles il n'y a pas de coupure entre le sexe et le reste.
Inversement les mecs ont l'air plus obsédés parce que ça passe par le fantasme, donc par le porno. Mais il y a une limite au porno, ça s'appelle la castration en psychanalyse. La castration ce n'est pas "couper la zigounette", c'est la jouissance phallique. Après tu m'étonnes que les féministes contestent le phallocentrisme, pour rester dans un désir-jouissance permanent ! [...]
Alors, si on veut devenir cynique ou pessimiste ou houellebecquien, on dira que pour le mec l'amour pourrait se réduire au sexe, tandis que pour la femme les deux sont identifiables. Parce que les magazines féminins ne parlent que de ça, au final. De l'amour. En gros, on a beau dire "féminisme", "libération de la femme", tout ce qu'on veut, tous les magazines féminins depuis qu'ils existent et qui sont quand même tenus par des femmes, ne parlent que de ça. Et qu'effectivement, avant que je ne découvre Badiou et la littérature lacanienne, ce qui me frappait, dans [mon ouvrage] Society, c'était de signaler quand même ce gigantestque symptôme que ce qu'on appelle presse masculine, c'est le porno, et qu'on appelle presse fémine c'est ...

Ph. N. : C'est l'intimité exhibée, disséquée.


Medhi Belhaj-Kacem, dans un entretien avec Philippe Nassif (''Pop philosophy'', Denoël, 2005), a écrit:
Ph. N. : Tu parles beaucoup de représentaiton, puisque nous, Occidentaux, vivons plus que jamais dans la civilisation de la représentation, des écrans. Mais ce qui est très intéressant, c'est que tu réinjectes aussi beaucoup de présentation, de réel. Par rapport à cette espèce de surenchère dans le langage et à la déconstruction des sexes, toi tu arrives et tu dis : voilà, il y a du présenté, il y a du biologique. Et du coup, une nana qui écrit sur sa sexualité, ça m'intéresse. Car du seul fait qu'elle a un vagin, elle a un mode de pensée qui n'est pas celui des mecs.

M. B.K. : Je suis sûr que là il y a des avancées à faire. Je ne sais pas si c'est dans le champ psychanalytique qu'elles se feront ou ailleurs. Mais il est évident qu'il y a beaucoup de choses à revoir sur cette dialectisation entre déisr et jouissance à propos de laquelle Lacan a déjà aperçu beaucoup de choses.
Nous, êtres de représentations mentale, c'est-à-dire "êtres de perception et d'interprétation" ou "êtres d'esprit", nous vivons constamment dans la présentation, le corps, la physique. On baise vraiment, mais ce qui articule cela, c'est tout autre chose.
Donc ce qu'on va appeler le désir, jouissance, ce n'est assurément pas le simple désir-jouissance du rut animal. Ce n'est pas ça qu'on vit. Ce n'est pas ça notre désir, ce n'est pas ça notre jouissance.
Au fond, il y a trois méthodes.
Il y a les analytiques : eux, ils sont trop occupés à mettre en doute toutes les règles de langage pour parler de la chose même. Ca ne va pas les intéresser, ils sont ailleurs.
Il y a la méthode, on va dire, centrée sur l'interprétation de la logique de ce qui paraît, qui a tendance à noyer la daurade : il y a toujours plus de différence, donc il y a une différence plus profonde que la différence sexuelle, donc on va prendre cinq cents pages à tout déconstruire. Résultat : on n'a rien appris de plus. Autant quelques lignes de Lacan me servent à vivre concrètement au jour le jour, autant Derrida - dont j'ai été un grand lecteur - ne m'a pas concrètement aidé à penser la sexualité.
Et il y a la méthode, disons, kacémo-badiousienne si j'ose dire, qui est d'affirmer : attention, nous ne vivons que dans la représentation mais nous partons d'un réel présenté.
On va chacun se fabriquer notre subjectivité, qui sera toujours une conjonction d'éléments extrêmement complexes. C'est ce qui s'appelle l'errance de l'excès : un sujet est un point local de l'infini, il va prendre ce dont il a besoin, il va faire son tri à lui. Nous sommes tous des groupuscules, disait [untel, Guattari]. Chacun va pouvoir se présenter avec son propre imaginaire intime et à l'extrême jusqu'au transsexualisme.


Medhi Belhaj-Kacem, dans un entretien avec Philippe Nassif (''Pop philosophy'', Denoël, 2005), a écrit:
M. B.K. : Sommes-nous homme ou femme ? C'est de ça qu'il est question lorsque tu vas faire une psychanalyse : c'est pour choisir ton sexe. Moi-même j'en ai vu de toutes les couleurs, la lecture de la psychanalyse m'a servi à choisir ma sexualité qui n'est pas forcément masculine, qui est aussi très féminine.
Mais attention : on part d'un réel présenté, biologique. Ne le perdons jamais de vue, il n'y a que deux sexes. On aura beau virtualiser, déconstruire, arriver à une zone d'indiscernabilité où l'on ne sait plus, femme, homme, ce qu'on constate c'est qu'on retrouve en même temps toujours, dans notre imaginaire, ces signifiants pour ponctuer nos fantasmes.
Alors, on sait bien qu'on peut avoir des fantasmes masos ou sadiques, qu'on peut devenir gay, hétéro ou lesbienne. D'une certaine façon, nous sommes tous des pervers polymorphes.
Il y a une impossible adhérence du phallus symbolique à soi-même dans l'idée, qu'on ait un pénis ou un clitoris. Et tous les fantasmes tournent autour de cette impossible coïncidence. Nous sommes donc amenés à travers tous les fantasmes sans jamais arriver à un point de coïncidence. Car il n'y a de libido qu'en référence à ce phallus vain.
Et cela est vrai pour tous, y compris dans le transsexualisme. Sur toutes ces questions, le seul penseur vraiment intéressant ces dernières années est un spécialiste du transgenre, [untel, Pierre-Henri Castel]. [... Il était l'un des chouchous de l'université en disant :] d'une part, oui, la pensée est sexuée; d'autre part, mon truc c'est le transsexualisme. [...]
Il y a un côté Michel Foucault de sa démarche - je pense au dernier Foucault. Je viens de lire un texte de [untel, Badiou] dont l'hypothèse est : Foucault est devenu philosophe avec La Volonté de savoir, avec ses écrits sur le sexe. Avant, était-ce un philosophe ? "Je ne suis pas sûr", dit Badiou. Mais c'est un gigantesque penseur. [...]
Pour revenir à Castel, ce qu'il démontre admirablement dans son ouvrage La Métamorphose impensable, c'est que, même chez le transsexuel, les polarités féminines et masculines sont conservées.
Donc, oui, effectivement : on peut tout virtualiser, tout déconstruire et ce, jusqu'au transsexualisme. A condition d'ajouter qu'on ne dépassera jamais cette limite des deux sexes. Autrement dit : comme l'écrivait Blanchot, tout dépassement trouve le point de gravité dans ce qu'il dépasse. Toutes nos déconstructions ne s'affranchiront jamais de l'existence des sexes masculin et féminin. Tout ce que nous pensons et vivons quant à la jouissance sexuelle est incorporation et redistribution des coordonnées homme/femme.


Medhi Belhaj-Kacem, dans un entretien avec Philippe Nassif (''Pop philosophy'', Denoël, 2005), a écrit:
M. B.K. : On s'invente nous-mêmes, c'est évident que c'est ce qui intéresse [untel, Sloterdijk]. [...] Grâce à la représentation, des possibilités inouïes s'ouvrent à nous, jusqu'à influer sur la présentation avec le transsexualisme, en changeant réellement de sexe. Mais toujours sur ce point de gravité idéel que sont les deux sexes. Parce que, pour l'instant, on n'a pas inventé, comme le dit Indochine, de troisième sexe (rires).
Ca a l'air simple ce que je dis, mais les philosophes se comportent très souvent comme s'il y avait un au-delà, lointain, de la limite, lointaine. On en revient à cette question du grand Autre qui est très importante.
L'Autre est premier, l'infini est premier, ça veut dire aussi : attention, la limite absolue est derrière nous et non pas devant. Par exemple pour les sexes, il y a une limite absolue à tout ce qu'on peut faire, dire, réfléchir, c'est homme/femme. Mais cette limite est derrière nous : on commence avec ça. Donc déconstruire le phallus, je n'en vois absolument pas l'intérêt. Ce dont on a besoin, c'est d'inventer des énoncés nouveaux et, chacun pour son compte, une subjectivité précise, éventuellement queer. Mais le phallus, je ne vois pas trop l'intérêt de le déconstruire. Il est toujours déjà déconstruit.

Ph. N. : Je ne suis pas sûr de comprendre : déconstruit comment ?

M. B.K. : Je dis cela contre l'idée d'une dispersion originaire plus profonde que la distinction homme/femme. C'est le motif interprétatif : il y a aurait une sexualité plus originaire que les deux sexes. Longtemps j'ai été d'accord avec énoncé heideggerien. Mais problème : qu'est-ce que ça nous donne pour commprendre notre propre sexualité ?
Ma percée radiale, instruite de toutes mes lectures mais surtout de la denrière en date, Castel, c'est : dans le réel subjectif, effectivement, il n'y a que du troisième sexe. C'est pour ça que la thèse heideggerienne est extrêmement séduisante. Mais pour penser ce qui nous arrive de sexué, pour, tout simplement, que la sexualité soit un savoir et non une interprétation dans le vide, alors il faut bien comprendre que, dans tous nos fantamses, la limite absolue c'est homme/femme. Ce n'est pas une prescription, c'est un fait de polarisation des représentations sur la base de la présentation quasi-absolue, en-dehors de l'exception intersexe qui confirme la règle.
Car, pour ce qui est du rapport de chaque sujet à sa sexualité, le mystère est : pourquoi n'y a-t-il pas deux sexes ? pourquoi les intersexes nous interroge-t-il autant sur cette troisième sexualité dans la représentation ?


Medhi Belhaj-Kacem, dans un entretien avec Philippe Nassif (''Pop philosophy'', Denoël, 2005), a écrit:
M. B.K. : ... Le manque est partout. Mais ce n'est pas le réel qui manque, c'est lorsque tu traites un point de réel qu'il y a manque. Et il faudrait parvenir à traiter du manque autrement que sur le mode du pathos, comme ça a toujours été le cas [...]
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 Le désir et les sexes

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