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 Le désir et les sexes

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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


Mais que dire des sociétés qui se sont entièrement construites sur des rapports entre les genres qui n'impliquent pas la jalousie ? Ce ne sont pas des sociétés moins "efficaces" (je ne sais pas quel mot utiliser)


Miettes - Elèves - Nouvelles -Poésie mietteuse
 
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Noxer  /  Effleure du mal


C'est pas parce qu'un mécanisme est inconscient qu'il prime sur les autres, comme si parce que cela se faisait contre notre gré alors on devrait penser que c'est ce qui est le plus important, ce qui a le plus d'importance dans nos choix. C'est faux. Il y a plein d'autres mécanismes. C'est ce qui est désolant dans les messages de Zaou.

Edit : Et l'argument "tous les autres mécanismes découlent de ce mécanisme inconscient ne tient pas la route. Comme le dit Aomphalos, le discours scientifique et le discours culturel évoluent en même temps . On ne peut jamais dire quel paradigme précède l'autre. Cela implique de ne pas seulement prendre pour parole la science et parler du reste par rapport à elle. Ça n'a pas de sens et oui, c'est se positionner. Ce qui est dérangeant c'est cette position, ce ne sont pas forcément les arguments scientifiques qui peuvent être plus ou moins intéressant. (pour le coup ton explication de l'homosexualité me paraît forcée et fausse.)
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Lo.mel  /  Correcteur apolitique pour Sputnik


Pasiphae a écrit:
Mais que dire des sociétés qui se sont entièrement construites sur des rapports entre les genres qui n'impliquent pas la jalousie ? Ce ne sont pas des sociétés moins "efficaces" (je ne sais pas quel mot utiliser)

Tu pourrais développer ? Je ne suis pas sûr de bien comprendre.
Pour répondre partiellement : la prédisposition est sûrement plus vieille que la naissance de la société. Et une société consciente de ses "défauts" va effectivement tenter de les contrebalancer, c'est la démarche la plus saine.

Noxer : on dit en fait que cette dimension là n'est pas un choix. Et même si plein d'autres trucs priment sur cette dimension, son existence transparaît statistiquement.
Deux hommes avec une morale très forte, et par exemple une éducation à la galanterie qui fait qu'aucun des deux ne lèvera la main sur sa femme. Les deux ont un parcours similaire, pour simplifier : pas d'expérience plus marquante, traumatique, chez l'un ou l'autre. La seule différence c'est que l'un a une prédisposition plus forte à la jalousie sexuelle. Même s'il ne fera jamais de mal à sa femme, même s'il s'interdit de battre un homme, il y a toutes les chances qu'il soit plus méfiant que l'autre, surveille plus les hommes, questionne plus sa femme, et ne laisse rien passer durablement. Celui qui n'est pas beaucoup prédisposé à la jalousie sexuelle ne sera pas aussi vigilant et pourra se retrouver plus facilement cocu.
MAIS :
Si le parcours et les valeurs sont différentes, si le jaloux prédisposé a eu et a encore des relations saines avec les femmes, se fait violence pour instaurer la confiance, il y a des chances qu'au final, il soit moins jaloux que l'homme moins prédisposé, mais qui a eu des relations où la confiance a été trahie, si on l'a élevé dans la méfiance (modèle parental, par exemple), si sa femme semble volage.

On peut comparer avec l'image du contenant et le contenu : Si je remplis aléatoirement de grands pots avec de l'eau, et je fais de même aléatoirement avec de petits pots : On trouvera des grands pots moins remplis que des petits pots. Mais statistiquement, il y aura plus d'eau dans les grands pots car les petits pots ont un facteur limitant : il ne peuvent pas être remplis au delà de, disons, la moitié du grand pot. Ce qui limite statistiquement la contenance totale du pot moyen. Car un grand pot rempli vaudra deux petits pots remplis. Si le grand pot est rempli au quart, c'est un quart plus grand que celui du petit pot.
En comparant deux pots on ne peut rien conclure. Mais en les observant tous, on peut tirer une conclusion. Le contenant (taille du pot) c'est la prédisposition. Le contenu (le volume d'eau) c'est le trait général de la personnalité. La fraction d'eau (un quart, un tiers, la moitié, 100%) c'est la dimension acquise. Une même fraction = un environnement similaire.

Les prédispositions sont des déterminismes partiels. Qui vont dépendre de l'environnement, culture, etc.
De la même manière qu'une prédisposition à une maladie ne signifie pas qu'on développera cette maladie.
Ca dépendra beaucoup du mode de vie de chacun.

Tous mes exemples du genre sont très schématiques, seulement destiné à esquisser un mécanisme global plus complexe.


Dernière édition par Lo.mel le Mar 14 Nov 2017 - 13:39, édité 1 fois


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Noxer  /  Effleure du mal


À partir de ça on ne peut plus discuter du désir. Seulement de statistiques et de tendances. Du coup je me demande de quoi l'on parle : de "c'est quoi le désir ?" ou bien "que représente le désir ?" Les arguments scientifiques ne nous avancent en rien pour formuler le discours que l'on porte sur le désir, n'expliquent rien en ce sens. C'est ça qui je pense est la cause du désaccord. On n'est pas sur le même plan de discours.

Tout au plus la science peut être intéressante dans son influence (à la fois instinctive, soit, mais aussi influence dans la société) sur le discours de mon désir mais c'est tout.


Dernière édition par Noxer le Mar 14 Nov 2017 - 13:40, édité 1 fois
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Pasiphae  /  Truquage geniphasien


Lo.mel a écrit:
Pasiphae a écrit:
Mais que dire des sociétés qui se sont entièrement construites sur des rapports entre les genres qui n'impliquent pas la jalousie ? Ce ne sont pas des sociétés moins "efficaces" (je ne sais pas quel mot utiliser)

Tu pourrais développer ? Je ne suis pas sûr de bien comprendre.
Pour répondre partiellement : la prédisposition est sûrement plus vieille que la naissance de la société. Et une société consciente de ses "défauts" va effectivement tenter de les contrebalancer, c'est la démarche la plus saine.

J'ai retrouvé le nom de l'essai de Malinowski : La Paternité dans la psychologie primitive, publié chez Allia. (Malinowski est l'un des fondateur-ices de l'anthropologie, ce qui existe ce titre qui sent la naphtaline, on ne parle plus de peuples primitifs aujourd'hui).

Je cite la quatrième :

Malinowski a écrit:
Les croyances relatives à la conception des enfants trouvent, dans les îles Trobriand, archipel de la Mélanésie, une expression originale, dans une culture où règne une grande liberté sexuelle. Pour les Trobriandais, un enfant ne naît pas de l'union entre un homme et une femme, mais réincarne l'esprit d'un mort. Il appartient dans sa chair au clan de la mère. L'homme ne fait qu'ouvrir le vagin pour que l'esprit y pénètre. Aussi, le père n'apparaît pas aux yeux des Trobriandais comme un géniteur. Son rôle n’en est pas moins essentiel : il protège la femme, pourvoit aux nécessités économiques de la famille et c'est lui qui prend soin des enfants et se charge de leur éducation. Rôle ensuite relayé par l’oncle maternel.
Cet essai bouleverse la vision traditionnelle de la paternité et de la sexualité en Occident et relativise nécessairement le complexe d'Œdipe qui, depuis Freud, tient une si grande place en psychanalyse. Il montre également avec brio la méthode qui fut celle de Malinowski : une anthropologie de terrain, une immersion à laquelle il invite en retour le lecteur.

Dans cette société, les pratiques sexuelles ne sont pas liées directement à l'enfantement, et sont très libres avant le mariage (les notions de "pudeur" ne sont pas du tout les mêmes, les jeunes gens font l'amour librement, sans trop se cacher). Mes vagues souvenirs me font dire qu'il y a davantage une forme d'exclusivité sexuelle après le mariage, même si dans les pratiques les femmes ne suivent pas du tout cette règle (donc hiatus entre la norme dite, et la pratique réelle, bien plus grande que dans nos sociétés où les infidélités conjugales, condamnées, sont assez peu pratiquées finalement). Mais les hommes ne considèrent de toute façon pas être géniteurs ou pères, ils sont simplement celui qui pourvoit aux besoins matériels de leur femme et de ses enfants (à elle).


Je m'en veux d'être à ce point inculte anthropologiquement parlant, mais il me semble aussi avoir entendu parler de sociétés dans lesquelles "le couple" avait beaucoup moins d'importance que dans la nôtre, en tant que binôme parental. A vérifier.


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Noxer : Le débat au départ est plutôt axé sur la différence de nature, de forme, de fréquence, d'intensité, etc, entre le désir masculin et féminin.
Voilà pourquoi on a dévié sur la différence femme / homme et tenté d'expliquer les raisons.  

Parce que pour qu'il y ait éventuellement une différence à la BASE du désir des deux sexes, il faut pour prérequis qu'il y ait une différence à la BASE des deux sexes.

Ca ne suffit pas à affirmer qu'il y a une différence de désir s'il y a une différence entre les sexes. Mais le débat pourrait tourner court si tout le monde s'accordait à dire qu'il n'y a pas de différence fondamentale entre l'homme et la femme.

EDIT :
Spoiler:
 

Les sociétés de ce type ne sont pas moins efficaces, elles peuvent même être plus efficaces : l'intérêt de l'individu n'est pas celui de la société, et la réciproque est aussi vraie. L'important c'est de permettre la reproduction, puis d'assurer la survie de la progéniture. Ces deux critères sont remplis si on se réfère au résumé.
C'est dans la sélection sexuelle que ça se complique, car dans ce domaine c'est la guerre de tous contre tous (au moins dans le domaine intrasexuel) et donc la porte ouverte à l'immoralité, aux comportements anti-sociaux.

D'après ce que je lis, la construction culturelle est parvenue à supplanter en partie le modèle plus répandu qui est sans doute plus directement lié à l'expression des instincts animaux.
Ce qu'il conserve : "il protège la femme, pourvoit aux nécessités économiques de la famille"
Ce qu'il dépasse : le rôle maternel dans les soins et l'éducation des enfants, le statut de "bien matériel" de la femme (dans la majorité des sociétés traditionnelles, c'est la femme qui est troquée, échangée, vendue à une tribu amie, patrilinéarité)
Ce qui n'est pas clair pour moi : la place du géniteur, même s'il n'est pas reconnu comme tel dans la société. On dirait quand même, d'après le résumé, que le père reste lié à sa femme et sa famille, qu'il reste un résidu de modèle familial traditionnel de ce fait. Et si les filles ont des relations sexuelles avant l'union et tombent enceinte, qui élève la progéniture ?

Bon quoi qu'il en soit : la société  établit une nouvelle donne, un nouvel environnement et ne s'en sort probablement pas plus mal. Celui qui s'en sort plus mal, c'est peut-être l'homme qui colle de trop près à l'homme "normé" selon le modèle standard. Nouvelle donne = nouvelle manière d'être adapté (une des raisons pour lesquelles ça coince du point de vue masculin avec le féminisme. Les féministes diront que c'est une tentative du mâle de garder ses privilèges.) .
Pour son côté travailleur et protecteur, ça ne change pas. Mais l'homme jaloux est probablement particulièrement mal vu dans cette société. Moins bien considéré, donc moins attirant ?
Pareil pour l'homme qui manque d'empathie : c'est problématique pour élever des enfants j'imagine.

On peut supposer que ce canon standardisé de l'homme a existé et existe peut être encore dans cette société : les traits attribués à l'homme sont, pour la majorité, bien plus anciens que la constitution des sociétés humaines dignes de ce nom, celle-ci compris (comment je peux avancer ça : ces traits se trouvent chez les mâles de la majorité des animaux proches de l'humain, ils remontent donc à leur dernier ancêtre commun, plus animal qu'humain, à une époque où la société ne pouvait pas contrebalancer la "loi de la jungle". Pas de force au dessus de la loi du plus fort. Dès que la société démarre, il y a la loi, l'héritage, les classes qui modifient ça .)
de là, deux hypothèses :
- La pression sociale a fait disparaître cet homme : inadapté à son nouveau contexte de vie, il a petit à petit été évincé par la sélection sexuelle (c'est très possible : en quelques générations de sélection sur le renard argenté, en sélectionnant des individus aux comportements marginaux (placidité, sociabilité, ça va un peu de pair), on a obtenu une souche au tempérament radicalement différent des individus sauvages : https://fr.wikipedia.org/wiki/Renard_argent%C3%A9_domestiqu%C3%A9 . Ce n'est rien d'autre qu'une sélection sexuelle artificielle).
- Il n'a pas encore complètement disparu, mais représente un choix de reproducteur moins pertinent, bénéficie d'une reconnaissance sociale moindre, etc. Peut-être aussi qu'ils agissent cachés, car tu as l'air d'évoquer une certaine hypocrisie dans ce modèle : la femme a des relations hors-union, mais forcément avec QUELQU'UN. Qui est-il ? Est-ce que ce sont une poignée d'individus, ou la majorité des hommes ? Est-ce que les mieux adaptés à se reproduire se dissimulent parmi eux ? (pas dans le but d'avoir des gosses, mais dans le but d'obtenir du plaisir, mais le résultat est là)

Troisième possibilité quand même
- L'environnement dans lequel il a grandi est parvenu à inhiber le développement de ses prédispositions non désirées. Mais même dans ce cas, il en reste toujours de moins adaptés que d'autres, retour à l'hypothèse 2.

C'est intéressant parce que ces sociétés montrent qu'une modulation culturelle est possible, pour ceux qui en doutaient encore. Et la modulation culturelle, c'est le triomphe de la dimension morale (qui n'existe pas dans la dimension biologique), même si la moralité est inhérente à chaque culture.
C'est désespérant parce qu'elles sont très rares. Elles sont les exceptions, on en a déjà discuté et c'est au moins un point où presque tout le monde s'accorde.

Le point intéressant serait de comprendre COMMENT cette société en est arrivé à ce qu'elle est. Il y a forcément quelque chose qui a fait qu'un jour, les hommes se sont mis à élever les enfants, chose qui n'existe pas, ou tellement peu, chez les mammifères. Concours de circonstance, croyance, je ne sais pas, mais le fait est que dans ce cas précis et sur une période donnée, ce modèle a triomphé.
De même, j'aimerais savoir le rôle de la femme dans ces sociétés. C'est certainement un élément clé.

Les règles fondamentales ne changent pas, restent les mêmes. En tout cas je ne vois pas de bonne sraisons pour qu'elles ne s'appliquent pas. Ce sont les modalités qui changent.
Si cette société pouvait évoluer suffisamment longtemps selon ce modèle, il naîtrait un nouveau standard d'homme avec une distribution statistique des traits comportementaux différents. C'est peut être en partie fait.
Mais il disparaitrait à son tour si société en question s'alignait en s'ouvrant. Dans un contexte de "village monde" (so 2005 cette expression), de globalisation, les cultures alternatives et les spécificités ethniques souffrent énormément, ce n'est pas un scoop.


Évidemment je ne connais pas du tout le dossier. J'essaye de trouver des hypothèses.  My 2 cents.
J'ai peut-être répondu à côté.

(Et juste un dernier truc : pour le couple : c'est probablement en partie une construction sociale, beaucoup de sociétés ne fonctionnent pas sur la base du couple (il y a une hypothèse qui évoque d'ailleurs le couple comme modèle d'apaisement / stabilité sociétale : chacun coopère mieux quand il a sa part du gâteau.) . Rien n'empêche un mâle de s'accaparer plusieurs femmes. Et j'ai vu passer une étude qui indique que dans des conditions très spécifiques, et/ou dans des populations / espèces très précises il arrivait qu'une femelle singe s'accapare plusieurs mâles. Il est normal qu'un modèle soit contredit de temps en temps. Un modèle n'est pas une vérité, c'est une représentation simplifiée de la réalité à un moment X dans un cas borné, et encore une fois : statistiquement. Et plus il s'applique largement, moins il est précis, moins il est pertinent.
Il ne s'agit pas de nier l'extrême complexité, l'extrême diversité des stratégies de reproduction. Il faut juste, à mon sens, veiller à ce qu'on ne nie pas leur existence.)


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Intéressant votre sociologie du désir via les sciences de la nature. Sauf que ça peut pas marcher pour les sociétés humaines car d'autres clivages existent comme celui en classes ou couches sociales... Et même plein d'autres, ethniques, nationaux j'en passe et des meilleurs.
Parler du désir en évacuant tout le reste dans le cas des sociétés humaines c'est certes intéressant mais forcément réducteur.
Il y a un concept intéressant en sciences développé je crois par la philosophe belge Isabelle Stengers qui s'appelle la complexité.
 
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Je voulais juste relever un petit truc qui m'a fait tiquer :

Lo.mel a écrit:
L'"instinct maternel" était préférable sur le plan de la transmission des gènes, il devient préférable "socialement".
L'instinct maternel est un faux instinct et n'a aucun rapport avec la génétique, c'est une pure construction de la société. Contrairement à ce que l'on pense, il est très récent : vers la fin du XIXème, on  ne s'occupait absolument pas des enfants en bas âge. Deux exemples parmi d'autres qui en attestent :
- les mères des familles aisées ne s'occupaient pas de leurs enfants (cette idée même les rebutait), qui étaient confiés à des nourrices (des femmes plutôt que des hommes pour la simple raison que seules les femmes peuvent allaiter) ; bon après, ce pouvait simplement être le résultat d'une construction sociale
- mais surtout, une chose qui se faisait beaucoup, c'était de mettre les bébés dans des langes/sacs et de les suspendre à un mur (comme à un porte-manteau) pour être tranquille :mrgreen:
C'est lorsqu'on (= la science) s'est rendu compte que c'était mauvais pour leur santé que l'instinct maternel a été créé de toute pièce et mis en scène, par exemple, dans la publicité, pour sensibiliser les gens aux conditions de vie des enfants, et faire baisser la mortalité infantile.


EDIT : je voulais aussi te demander, Lo.mel, as-tu des articles/études qui parlent de cette théorie de la jalousie comme avantage évolutif ? Parce qu'elle me paraît assez bancale quand même... (D'autant plus avec l'exception dont parlait Mâra ! L'un des objectifs de l'anthropologie, c'est quand même de nous sortir de notre vision très européo-centrée des choses ; et je trouve ça dommage de réduire ces exemples à des exceptions, qui nous prouvent quand même qu'un tout autre modèle est possible, et qu'on se trompe peut-être dans nos interprétations)


Dernière édition par Aquae le Mar 14 Nov 2017 - 18:24, édité 2 fois
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Moi du coup j'ai une question (je ne suis plus capable de répondre sur les trucs trop théoriques)
Une fois j'étais en Italie, c'était sur une période de vacances, on était partis ensemble quand même avec ma copine même si elle ne m'aimait plus trop (ce n'était pas une bonne idée) ; moi j'avais incroyablement du désir pour elle mais elle n'avait plus envie pour les raisons qui sont les siennes
et c'est fou à quel point je trouvais ça intolérable, insupportable la souffrance qui découlait de cette frustration-là alors que je la désirais encore et que je ne pouvais plus la toucher et qu'elle était à côté tout le temps
impossible même de t'endormir quand tu as un désir frustré comme ça
ma question sur ce sujet du débat entre désir féminin et masculin : est-ce que les filles vous pensez que ça pourrait vous faire ça à ce point aussi, je veux-dire à en être malade, physiquement, de façon aussi forte, quand vous avez un désir pour quelqu'un, comme ça, que vous ne pouvez pas assouvir ? c'est une vraie question, si c'est oui ça me rassurerait je crois (parce qu'on a toujours tendance à s'imaginer que c'est pas pareil ou aussi fort pour l'autre sexe mais ça l'est sans doute pour vous aussi ?)

(c'est pragmatique et pas très pudique mais ça me semble super important : est-ce qu'un désir frustré vous fait aussi "mal" physiquement qu'à nous ? car clairement quand tu as une érection prolongée que tu peux pas assouvir ça fait super mal, l'afflux trop grand de sang etc je suppose ou quelque chose comme ça  scratch  ; désolé pour les détails concrets)
j'aimerais bien qu'un jour des filles m'explique ça, si pour eux un désir frustré leur fait mal comme ça aussi, etc, parce que finalement c'est des choses dont on ne se parle jamais et qui peut-être pourraient expliquer nos différences d'approches par rapport au désir (et les incompréhensions aussi sur les désirs qu'on a tendance à manifester, "nous les hommes" un peu trop fort auprès des femmes, éventuellement, s'il s'avérait que vraiment physiquement c'était quelque chose qui devenait dur à contrôler ?*)

* et la question n'est pas tellement : "ah oui mais si c'est dur à contrôler c'est parce qu'il y a un problème d'éducation et de représentation sociale qui à un moment vous fait croire que vous ne pouvez pas maîtriser votre désir, le contrôler, le faire redescendre, etc" car c'est une question très concrète et très physique que je pose : comment dans une situation à un moment T et que c'est insupportable on fait pour gérer notre désir ? (pour arriver par exemple à ne pas essayer d'harceler la personne en face pour obtenir un soulagement)

après peut-être que des femmes ressentent moins de désir de façon aussi forte parce que justement la société ne les a pas "autorisées" à ressentir ce désir ? (peut-être que la frustration leur ferait moins "mal" parce qu'elles ont moins tendance culturellement à considérer leur désir comme tout puissant ? y'a peut-être là un biais socio-psychologique que je veux bien entendre
vivement alors que les femmes s'autorisent pleinement le désir (ou plutôt, que la société leur autorise à désirer de façon aussi forte que les hommes è_è) qu'on puisse discuter du fait de pas savoir à gérer nos désirs frustrés parce qu'ils nous font super mal (physiquement)

désolé pour les questions directes mais je me pose vraiment ces questions et ça a l'air d'être le bon endroit pour les poser
 
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Aquae a écrit:

EDIT : je voulais aussi te demander, Lo.mel, as-tu des articles/études qui parlent de cette théorie de la jalousie comme avantage évolutif ? Parce qu'elle me paraît assez bancale quand même... (D'autant plus avec l'exception dont parlait Mâra ! L'un des objectifs de l'anthropologie, c'est quand même de nous sortir de notre vision très européo-centrée des choses ; et je trouve ça dommage de réduire ces exemples à des exceptions, qui nous prouvent quand même qu'un tout autre modèle est possible, et qu'on se trompe peut-être dans nos interprétations)

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/588441-la-jalousie-ce-fleau-et-si-c-etait-une-question-d-hormones.html

Source secondaire, mais bien plus qualifiée que moi, et elle renvoie à des références scientifiques précises, c'est son métier.

Et quand je dis "instinct maternel", c'est un raccourci, c'est juste le phénomène qui fait qu'un mammifère femelle va plus facilement aller s'occuper d'un petit, y compris s'il n'est pas le sien, qu'un mâle. Ça doit regrouper plusieurs traits, dont une capacité d'empathie accrue.


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Brutu, c'est une question un peu compliquée scratch je vais y répondre en plusieurs fois, pour mon cas:

- non, je n'ai jamais vécu ça comme une douleur réelle. Ca le pourrait, je conçois très bien comment ça serait ressenti, mais le fait de ne pas avoir un gros machin comprimé dans un calebut doit jouer pas mal là-dessus. Ensuite, avoir le clitoris en érection pendant plusieurs heures, ça reste quand même désagréable. Frustrant, énervant, hypersensible, obsédant, et physiquement inconfortable (comme un pincement qui n'en finit pas). Ca peut rendre agressive, et irrespectueuse (à la limite de l'abus de l'autre)-> raison pour laquelle je voudrais qu'on parle plus de respect femme -> homme, parce qu'on n'est pas du tout préparées à vivre la situation où c'est nous qui voulons trop, et pourtant, ça arrive... Se gérer moralement, à ce moment-là, demande pas mal de recul.

- je parlais là du désir sexuel pur, mais la situation où quelqu'un ne veut pas de toi alors que tu le veux (sexuellement, amoureusement) est insupportable, ça oui ça fait mal physiquement, ça dévore tout le corps, de la vulve à la poitrine. Difficile, là, de dire où finit le simple désespoir pour laisser place au manque sexuel.

- enfin, j'ai la situation où tu n'es pas en présence de la personne mais où tu penses sexuellement à elle. Il m'est arrivé de passer une semaine entière à penser à un certain garçon, et c'était intenable. Je fantasmais en permanence. Je n'arrivais plus à suivre mes cours parce que mon corps était en état d'excitation continuel, avec la chaleur et tout. À force c'était tellement frustrant, je ne savais plus si je devais continuer de fantasmer pour profiter de cet état exceptionnel, ou réfréner mes pensées pour ne plus souffrir. Dilemme.

Voilà, deux ou trois éléments de réponse, bon ce n'est que mon avis blablablabla
 
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Puisque le débat consiste à ne pas dogmatiser, pourquoi ne pas parler - plutôt que de désir sexuel - d'attrait, d'attirance, d'attraction sexuelles ? Là à mon avis, il n'y a pas de doutes, et pour des raisons simples, basiques. A savoir qu'on y est diversement sujets, selon tempéraments, voire que ça nous révulse. Bref : le désir varie ...
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Merci Lo.mel pour le lien ! Smile

Brutu, je ne sais pas, je n'ai jamais ressenti ça, mais tu as le témoignage de Mâra Smile

Citation :
après peut-être que des femmes ressentent moins de désir de façon aussi forte parce que justement la société ne les a pas "autorisées" à ressentir ce désir ? (peut-être que la frustration leur ferait moins "mal" parce qu'elles ont moins tendance culturellement à considérer leur désir comme tout puissant ? y'a peut-être là un biais socio-psychologique que je veux bien entendre
Effectivement, je pense que la société nous autorise moins que vous à ressentir ce désir. Mais au final, je ne suis pas sûre que ça ait d'incident sur le désir lui-même : on ne peut pas l'empêcher d'être là même si ce fait peut nous faire ressentir de la honte, par exemple. C'est sans doute cette même honte qui explique que les femmes parlent moins de la façon dont elles ressentent le désir (alors qu'il n'est pas forcément moins violent physiquement, si on en croit Mâra)... Bref, à mon avis la société joue plus sur les conséquences que sur les manifestations du désir, mais à vrai dire je n'en sais rien.
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Je dirais qu'il s'agit d'attrait, d'attirance, d'attraction sexuelles, plus que de désir sensuel, du coup. Ce n'est pas parce que je suis attirée, que je désire l'être, sinon je n'en aurais pas forcément honte. Je peux avoir honte de mon désir, si je me sens jugée ou compromise. Mais, si j'éprouve de l'attirance, je peux très bien ne pas désirer, sans honte, et rester froide à côté du p'tit cul, des belles mains, de la noble dégaine ou de la chouette frimousse, qui me font sourire. D'autant plus que je peux reconnaître l'attrait d'un corps que je suis incapable de désirer. Etc.
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La distinction que tu fais n'a pas beaucoup d'intérêt étant entendu que parlant de désir sexuel on parle d'attraction ou d'attirance sexuelle.
 

 Le désir et les sexes

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