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 [Divers] Insatisfaction chronique

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Lily M  /  Hé ! Makarénine


ReindeerRodolphe a écrit:
Valéry K. a écrit:
J'aime bien ton expression. J'ai tendance à dire que j'écris de la merde en premier jet ou, du moins, quand je bloque, je me mets dans ce mode : "ne te prend pas la tête... Tu écris de la merde ? Eh bien écrit de la merde, tu t'en fous" (et, avec un peu de recul, ce n'est jamais tant mauvais, finalement). Mais le "YOLO-mode", c'est une façon un peu plus classe d'en parler. :mrgreen:
Il faut savoir rester classe tout en étant nulle XD

Ah oui c'est tout à fait ça ! J'aime bien aussi ce "YOLO-mode" !

Il faut accepter d'écrire de la merde, personnellement, c'est comme ça que je vois les choses et ce qui me permet d'avancer. Un premier jet ne sera jamais parfait. Mais il ne faut pas pour autant baisser les bras, c'est comme ça aussi qu'on progresse et qu'on apprend.
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art.hrite  /  Chantre brahmane ज्ञानयोग


c'est pire que de l'insatisfaction chronique: c'est une chose à mi chemin entre la lassitude et le dégoût (pour ma part). comme d'être en permanence rappelé à sa propre tiédeur, qui est la température de la vanité. c'est très souvent qu'un désir violent me prend de tout arrêter, de faire disparaître toutes ces choses grises que j'ai commises en espérant produire du blanc ou du noir, ou pire: du bleu. je me désespère. certains ont parlé de confiance en soi. il est vrai que la foi en ses capacités est une chose essentielle au fait de se trouver des capacités. y croire, semble-t-il, participe un peu de leur réalisation. ce sont les divinités du créateur. c'est de cette foi que dépend la volonté de travailler, le plaisir même de "progresser" (vers le but d'une oeuvre 'achevée', totale). il faut disposer d'une certaine naïveté et peut-être même d'une certaine ignorance de soi pour être capable de ce genre de foi. je veux dire, il faut être capable d'oublier que nous sommes des êtres limités, que notre corps, notre histoire, nos dispositions d'intellection et d'imagination sont autant d'ouvertures que de formidables cloisons. la lucidité exige qu'on ait les yeux rivés sur ces limites qui font d'ailleurs notre particularité, et je crois fermement qu'il faut la placer plus haut - cette lucidité terrible - que le désir puéril de créer. au risque de tuer ce désir (mais lucidité ou non, on ne peut chasser entièrement une aspiration réelle, profondément enracinée).

quand on écrit en poésie - je crois que c'est valable pour la littérature qui ne se contente pas de désirer divertir - on désire naturellement tout dire ou suggérer une chose capitale, cette ombre vague, cette brûlure qui nous obsède, qui nous tire très haut ou très bas ; on voudrait déceler l'infini humain, le forclore dans quelques mots qui agiraient en tirant intuitivement le lecteur très haut et très bas (en même temps). c'est impossible. tout est perpétuellement médiatisé, différé, intercepté, échappé. il y a le langage, il y a la grammaire, il y a le format sur lequel on écrit, il y a les catégories génériques auxquelles appartiennent ce qu'on fait, il y a l'humeur du lecteur, il y a les malentendus, les récupérations malveillantes, et il y a même l'incompréhension qu'on se fait de soi-même et des autres. toutes ces choses composent assez tragiquement la condition d'insatisfaction de celui qui écrit pour dire quelque chose, qui écrit pour parler d'un grand secret irrésolu, pour le communiquer, je veux dire le mettre en commun de manière exacte, comme on découvre une formule mathématique et magique. mais c'est un destin malheureux. il faut revoir les ambitions.

je n'ai absolument aucune solution. il faut être capable de faire abstraction de ça. faire entorse au remords lucide, retrouver la simplicité, l'immédiateté, la spontanéité (imbécile qu'on se le dise, mais si touchante) de l'enfant qui ne doute de rien mais est (miraculeusement) surpris de tout. jouer. l'action arrête momentanément la pensée et la relance comme un jet de dés (il le faut, au risque de se complaire dans les virtualités les plus désespérantes: celles-ci à force de tourner à vide menant irrémédiablement à la conclusion suivante: arrêter tout).
 
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art.hrite  /  Chantre brahmane ज्ञानयोग


(je crois que je viens de commettre un délit d'excès de profondeur pale il est tard, qu'on me pardonne, la nuit, ma réflexion se loupgarouise pale pale)
 
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Valéry K.  /  Hé ! Makarénine


Tu m'as fais sourire, art.hrite, j'avoue. Smile Tu me rappelles un peu moi plus jeune, en fait. xD
Je serais tentée de te dire que tu te mets des objectifs trop haut, mais pourquoi te dirais-je ça après tout ? C'est peut-être inhérent à toi-même et ce qui te permettra de t'envoler peut-être pas aussi haut que tu le souhaiterais (quand on a de très gros objectifs, on ne les atteint réellement jamais ^^), mais pas loin ?
Je te dirais juste que j'ai eu tendance à être comme ça, aussi : à me demander trop, à vouloir atteindre trop, et à vivre trop douloureusement l'échec. Et que j'ai résolu ça en conservant mes rêves (il aurait été dommage de les abandonner) mais en les plaçant à très long terme. Tu as 17 ans. Garde tes rêves. Dis-toi que tu as 60 ou 70 ans devant toi pour les réaliser ! L'objectif n'est pas l’œuvre accomplie, là tout de suite, mais l’œuvre que tu pourras commettre plus tard, et tout ce que tu feras entre temps ne fera que t'en rapprocher. A voir si tu l'atteins un jour, mais tu auras toujours, déjà, la satisfaction de t'en rapprocher. Smile
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Gelana  /  Petit chose


Ça m'arrive tout le temps aussi, rien de plus normal. Des fois on galère sur un récit parce qu'on n'a pas assez de recul dessus. Mets ton récit de côté, reprends-le dans un mois ou plus, tu poseras un œil neuf dessus.
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Don Rumata  /  Effleure du mal


J'ai de la chance, car cela m'arrive très rarement ^^

Non, je suis sérieux Very Happy il m'arrive de trouver des tournures de phrases moches dans le fouillis que je produis, mais rien de plus normal comme dit Gelanal. Toutefois, les phrases qui me viennent sous le coup de la fièvre qui me prend souvent quand j'écris me paraissent justes et belles. Je ne me considère pas comme génial, toutefois je n'ai pas votre stress si intense, ce désir violent de tout gommer.

Rien n'est à jeter, tout reste à produire et personne n'est épargné par la médiocrité. Very Happy
 
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Nedjma  /  Blanchisseur de campagnes


Moira, j'ai repensé à ce sujet, et je me disais aussi que pour moi, l'absence de défauts, la "perfection" (du style, de la construction), ce n'est pas du tout le critère essentiel d'un bon livre.

Je veux dire : mes livres préférés ont tous des défauts, mais c'est leurs qualités qui en font des chefs-d'oeuvres. En revanche, j'ai lu beaucoup de livres auxquels je n'avais rien à reprocher mais qui ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable...

En fait, la chasse aux défauts, bien sûr il faut la faire, mais je ne crois pas qu'il faille en faire le critère n°1 pour juger de notre écriture...
 
   
    
                         
Invité  /  Invité


art.hrite > Ta réponse est très intéressante. Elle touche assez justement ce que je ressens, je crois.

Don Rumata a écrit:
Je ne me considère pas comme génial, toutefois je n'ai pas votre stress si intense, ce désir violent de tout gommer.
Je crois que ce n'est pas pareil quand on écrit de la fantasy (ou autre récit fictionnel). Il est bien plus simple de se détacher de ce genre de récits et de prendre du recul par rapport à eux, car on sait qu'on peut toujours les améliorer. Tandis qu'améliorer un poème ou, comme le dit art.hrite, tout autre texte de littérature qui ne se contente pas de désirer divertir, sans lui faire perdre son sens premier, c'est déjà plus difficile.

Nedjma a écrit:
Moira, j'ai repensé à ce sujet, et je me disais aussi que pour moi, l'absence de défauts, la "perfection" (du style, de la construction), ce n'est pas du tout le critère essentiel d'un bon livre.

Je veux dire : mes livres préférés ont tous des défauts, mais c'est leurs qualités qui en font des chefs-d'oeuvres. En revanche, j'ai lu beaucoup de livres auxquels je n'avais rien à reprocher mais qui ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable...

En fait, la chasse aux défauts, bien sûr il faut la faire, mais je ne crois pas qu'il faille en faire le critère n°1 pour juger de notre écriture...
C'est très intéressant ce que tu avances là. J'avoue ne jamais y avoir pensé.
 
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Sérafine  /  Clochard céleste


Pour ma part, j'ai eu une idée un jour, après avoir expérimenté cette saleté d'insatisfaction. J'avais l'impression d'écrire du vent, que mes mots ne voulaient rien dire, je me sentais bête en me relisant. Puis j'ai réalisé qu'il me manquait peut-être un "fil conducteur", comme on dit.
J'ai commencé avec mon personnage principal : je me suis dit, OK, elle fait ça, elle fait ci, mais j'ai toujours l'impression que ça ne mène à rien. Puis j'ai réfléchi : et si je lui trouvais un fil conducteur ? Une motivation, un trait phare de sa personnalité. C'est là que j'ai pu avancer dans mes idées.

Autre conseil qui peut aider : Se la jouer RP, Role Player. C'est-à-dire, faire comme si on était sur un forum de RP et créer des fiches pour chaque personnage : histoire, caractère, physique, etc... Puis les mettre en scène avec toutes ces informations à côté de soi, comme ça on part d'une base solide et on n'est pas inquiété de savoir si ce qu'on imagine là, tout de suite, ça ne va pas nous donner envie de nous pendre plus tard en se relisant. Et aussi, faire pareil avec tout l'univers qu'on crée (si création il y a). C'est sûr, c'est un travail long et fastidieux, mais je n'ai jamais eu si peu de mal à écrire que quand j'avais toutes les bases, et juste l'histoire à inventer. Ça n'engage que moi.
Un autre exercice, je prends un livre qui m'a beaucoup plu et je lis en détail, j'analyse : ici, qu'est-ce qui m'a permis d'imaginer si clairement la scène ? Ici, qu'est-ce qui met cette ambiance si mystérieuse ?

Un autre problème : les verbes de dialogue. J'ai l'impression que le dialogue est mon gros point faible, au pire ça n'a ni queue ni tête, ils ne sonnent pas naturel, au mieux j'introduis mal les paroles. Et là, pareil, je compare mon travail avec celui d'un autre, et je me rends compte encore une fois qu'on ne fait jamais attention aux mêmes choses, et que quand pour moi les verbes introducteurs sont cruciaux et déterminent en partie la qualité de mon dialogue, les lecteurs s'intéressent surtout aux paroles et les verbes, pour eux, sont très secondaires et servent de support pour imaginer la scène.

Mais surtout je pense qu'il faut se relire pour perfectionner et non se juger. J'ai remarqué qu'en tant que lectrice je prête bien plus attention au sens des écrits qu'à leur forme, et je fais le contraire quand j'écris. Un lecteur ne verra jamais notre travail comme on le voit, et c'est une bonne chose. Donc, au pire, on est notre pire fan...

Pour ce qui est du style, j'ai décidé de me borner à quelques petites règles :
- Pas de répétitions stériles, donc un dictionnaire de synonymes sous la main.
- Si une phrase me paraît mal tournée, j'essaie de la rendre fluide et harmonieuse, et après je n'y touche plus.
- Il faut que je m'amuse : me lâcher de temps en temps, voir que j'ai dévié du sujet et y revenir en enlevant tout ce qui n'a pas d'importance. Ecrire est un plaisir, alors ça ne fait rien ni on ne garde pas tout.

Enfin, j'ai remarqué que j'ai des sources d'inspiration conductrices : un livre, un film, une série qui me passionne, et je pars de là. Mais le problème c'est de s'en détacher, et pas seulement pour des raisons de copyright. Je m'efforce de m'en détacher parce que sinon, je compare tout ce que je fais à ma source d'inspiration et je me dis que c'est nul, ce ne sera jamais aussi bien, je perds mon temps. Il faut se comparer aux autres, oui, mais il faut aussi prendre confiance et soi et ne pas avoir peur de partir de nos propres idées.
 
   
    
                         
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