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 Livre présent

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Pangolin  /  Très premier degré


Cent ans de solitude est trop bien, je m'attendais à quelque chose d'un peu languide genre sieste au soleil mais la poussière a jamais le temps de retomber. Le rythme des phrases est waouh !
 
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Hobbes  /  Attention : chat méchant


Bouclé Nous autres, texte fondateur de l’anticipation dystopique écrit dans les années 1920, encore trop tôt pour commenter la Russie de Staline mais juste au bon moment pour s’inquiéter du taylorisme à grande échelle qui marquera les deux Guerres mondiales du XXe : la plupart des motifs, dont quelques-uns très réussis — la cloche à air utilisée pour la torture, l’obligation de marcher en procession, l’indexation de la vie publique à un emploi du temps centralisé — procède plutôt de l’imagerie militaire et scientiste que du collectivisme à proprement parler. L’intérêt du bouquin, au-delà de ses trouvailles contre-utopiques globalement bien senties, réside dans l'instinct narratif de Zamiatine qui, introduisant son univers sans l’expliquer, réalisait le vœu de Fresán avec 70 ans d’avance : composer un roman de science-fiction qui soit la science-fiction elle-même. Pas certain, cela dit, d’avoir l’estomac nécessaire pour encaisser le sentimentalisme qui vient avec un narrateur rappelé aux émotions humaines par une insurgée vénéneuse jouant de ses charmes pour piquer son vaisseau spatial et faire chuter le pouvoir tyrannique en place. Intéressant dans l’ensemble.

Enfin tenté Baise-moi de Despentes, crucial au moins dans le geste et dans les représentations mais gâché par sa mise au point bancale : tout y est narré de manière trop expéditive ou trop appesantie, les deux protagonistes manquent à la fois d’incarnation et de subtilité dans le traitement, le texte étouffe sous les morceaux de bravoure pas toujours bien rythmés ni bienvenus tout court… Le plus désarmant dans le bouquin tient peut-être à sa facture moyennement punk ou viscérale pour un brûlot de prolétaire misandre, masculicide et junkie : la cavale de Nadine et de Manu sert moins de crescendo que d’alibi très lâchement intrigué pour tout un tas de confrontations chargées symboliquement, dont la plupart, clairement surgies pour éclairer des éléments de « doctrine » soit féministe, soit politique, soit sexuelle ou esthétique, ne sont jamais très loin non plus de devenir systématiques ou didactiques. Dommage qu’on en voie si franchement les coutures. Quelques très bonnes intuitions, surtout dans les dialogues, et un point de vue — au double sens de « perspective » : comment on voit, et de « focalisation » : par qui on voit — précieux parce que très singulier, si pas unique, dans les littératures francophone et mondiale.

Lu Demande, et tu recevras, fresque middle class étasunienne passant de manière assez peu téméraire par tous les passages obligés du genre : protagoniste quadragénaire et loser, femme adultère, marmaille peu expansive mais adorée — l’envergure romanesque en moins, ça ressemble très fort à Garp ou à Karoo. La singularité du texte tient davantage à ce qu’il embrasse très fort le problème des subprimes et tout ce que l’explosion de la bulle spéculative engendre de détresse financière, professionnelle et en dernière instance philosophique. Pas certain cela dit que Lipsyte, dont les harangues cradingues ne sont jamais aussi brûlantes ni licencieuses qu’il a l’air d’espérer, en fasse grand-chose de plus que ce qu’il y avait déjà dans les romans d‘Irving et de Tesich. Quelques caricatures marrantes — la maternelle privée, le baby sitting à domicile — qui aboutissent à une méditation neurasthénique sur la faillite du rêve américain, la vanité du self-made man fort en testostérone et plus généralement le poids des rêves formulés à vingt ans face au pressoir de la réalité. Peu d’intérêt mais pas désagréable pour autant.

Beaucoup de portes ouvertes enfoncées dans Je hais Internet, espèce de 101 de la justice sociale pas loin d’être réac ici ou là — appropriation, mansplaining, expression de genre, surveillance des représentations dans la fiction — tout en s‘autorisant pas mal de sorties de route au moins aussi catégoriques : Black Twitter comme nouvelle occurrence de la traite négrière, martingales « SJW » assénées à raison de parfois quatre ou cinq gimmicks par page, etc. C’est à la fois plein de choses assez intéressantes et singulièrement con, que ce soit dans l’hypothèse de départ — expliquer tout le XXIe siècle en se basant sur l’état actuel de la bande dessinée : bravo, champion —, les mignardises un peu partout et/ou dans la posture jamais bien arrêtée. Le livre, assez symptomatique du monde 2.0 qu’il s‘attache à décrire, n‘arrive jamais à faire la part des choses entre un certain degré de conscience réflexive et de défiance vis-à-vis de ses penchants « white knight ». Dommage que sa réticence structurelle à prendre parti par un autre biais que l’ironie ou le dédain le rende à la fois désagréable et plus ou moins inefficace au point de vue politique. Les purs moments de fiction sont légèrement mieux réussis.

Dans Nous avons toujours vécu au château. Plutôt chouette.
 
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Kid  /  Un talent FOU


Trip de Tao Lin.

je le lis très lentement.
le livre m'inspire un appétit de connaissance et d'ouverture d'esprit.
il est très agréable et inhabituel de rencontrer un Tao Lin optimiste, presque guilleret, débordant d'enthousiasme et d'optimisme vis-à-vis de l'existence. le livre décrit le processus post-Taipei de dépassement de son état "d'existentialisme désespéré" comme il le décrit.
Terence McKenna, figure centrale du livre, est un personnage très intéressant, qui échappe à toutes les idées reçues.


       
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Volte  /  JE's Official GO


J'ai fini A pale view of hills et avalé Les vestiges du jour, tous deux de Kazuo Ishiguro. A part Jack London, c'est la première fois que je lis autant de livres d'un même auteur, en cherchant réellement à découvrir cet auteur. Je suis toujours aussi perplexe après trois livres Laughing Les vestiges du jour est certainement celui qui m'a le moins plu. Il manque beaucoup de subtilité, et l'entêtement du narrateur donne un côté surréaliste dérangeant à certains égards. A pale view of hills m'a complètement retournée sur la dernière page, et même s'il est parfois trop lent j'ai plutôt aimé. On manque encore de précisions, mais au fond, à part la frustration du lecteur, je ne trouve pas ça dérangeant, j'aime même assez ce principe.

J'ai lu aussi Adieu à ce qui vient de Pierre Cendors (je l'ai en tête depuis un JE Bouquine) . J'ai beaucoup aimé le livre en lui-même, cette couverture gaufrée cartonnée, c'est très élégant. L'histoire en elle-même, je n'y ai pas trouvé d'intérêt, j'ai trouvé que tout manquait de profondeur ; c'est plus un journal qu'une histoire.

Prochainement, j'attaque un cycle Damasio Wink


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P'tite Hildly  /  Tycho l'homoncule


Je viens de lire les tomes 2 et 3 de la série "La Passe-Miroir" de Christelle Dabos et cette série est une agréable surprise. J'avais de l'appréhension car elle est généralement "encensée" sur internet donc j'avais peur qu'elle soit "sur-vendu". Ca se lit vite effectivement, mais c'est surtout l'univers, le contexte de l'histoire que j'aime beaucoup.
Franchement, pas mécontente du voyage !
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Hobbes  /  Attention : chat méchant


Nous avons toujours vécu au château, variante crépusculaire et venimeuse du Tour d’écrou, la sophistication en moins et le brio gothique en plus. À rebours de ses inspirations jamesiennes, Jackson s’embête à peine avec les faux-semblants, truquages, codages et hallucinations faciles à exploiter quand on invoque une narratrice peu fiable : le twist, éventé dès les premières pages, sert moins de plus-value scénaristique que de concession au genre et d’instrument de caractérisation pour un duo de gamines dont l’insouciance fin de race cache des camions-citernes de psychoses. Que les personnages autour, cliniquement rationnels ou pas, témoignent eux-mêmes d’obsessions névrotiques assez vénères — richesse, alcool, fascination de la mort et voyeurisme —, permet de traiter la maladie mentale avec plus de nuances que de coutume, surtout vu l’âge du texte, et donne la dernière main à l’atmosphère nocturne, déliquescente, presque poisseuse, qui baigne l’ensemble du bouquin. Intelligence assez démente du décorum et de la définition par le détail : le chat qui se balade, les fantaisies lunaires, l’inspiration fin-de-siècle.

Au cœur du cœur de ce pays, pas loin de la perfection malgré les deux dernières nouvelles un peu moins fortes. Beaucoup de choses en pas tellement de pages : naissance — évidemment — de la métafiction, qui se complique d’une ambition définitoire et linguistique encore à cheval sur les reliefs du modernisme et les balbutiements de son occurrence chirurgicale, désenchantée, toujours fautive, qu’est le postmodernisme. Ce serait quand même dire peu de choses de l’entreprise de Gass, dont le miniaturisme — obsession de la liste, amoncellement de détails conçus comme des « données vitales », polissage névrotique — se panache d’emballements qui préfigurent le tour puissamment théorique et le maximalisme des grandes nouvelles de l’écurie Foster Wallace : « Vers l'ouest fait route la trajectoire de l'empire » dans La Fille aux cheveux étranges et « Mister Squishy » dans L’Oubli. À noter également que la relative enflure des novellas, parfois limite frigides, de Sonate cartésienne s’efface ici, même si le bouquin paraît trente ans plus tôt, derrière une langue plus spasmodique, iconoclaste, notamment rehaussée par des ruptures de rythme très efficaces et un talent de satiriste assez surnaturel. Moins enthousiasmé par « L’Ordre des insectes » et — encore que — le segment titre, mais les trois premiers textes, surtout « Madame Grisemine » et « Stalactites », sont globalement incontestables.

L'Affamée, incantation laborieuse, systématique, au total monochrome — un monochrome thématisé, qui voudrait dire le caractère répétitif, abrutissant, ubiquitaire du désir constamment déçu, et qui le plus souvent évoque moins le manque qu'une image rebattue, puissamment littéraire, du manque —, structurée toute entière par la passion de Leduc pour Simone de Beauvoir, dont elle dépend sous le rapport artistique et financier. Le texte entier, qui tourne autour des rendez-vous toujours trop courts et de leur attente de plus en plus fiévreuse, s'épanouit dans un brouillard d’ailleurs assez radin de procédés convenus, utilisés au plus économique : parataxes partout, inflation de chaque détail, débordements fantasmatiques assénés tout d’un bloc, emphase perpétuelle. C’est moins le récit d’un amour malheureux que son imitation sans ingéniosité, conçue purement et simplement comme exercice de style. Le livre essore à ce point ses rares trouvailles, pourtant pas toujours mal senties, qu’elles en deviennent usantes au bout de quelques pages. Très long, très daté, très prisonnier de ses lieux communs grandiloquents, étroits, qui sentent moins le désespoir que la singerie. Usant.

Dans Une œuvre déchirante d'un génie renversant. Ça commence à vieillir. Assez marrant quand même.

Kid a écrit:
Trip de Tao Lin.

je le lis très lentement.
le livre m'inspire un appétit de connaissance et d'ouverture d'esprit.
il est très agréable et inhabituel de rencontrer un Tao Lin optimiste, presque guilleret, débordant d'enthousiasme et d'optimisme vis-à-vis de l'existence. le livre décrit le processus post-Taipei de dépassement de son état "d'existentialisme désespéré" comme il le décrit.
Terence McKenna, figure centrale du livre, est un personnage très intéressant, qui échappe à toutes les idées reçues.

C'est bien ? J'ai un peu de réticence à m'y mettre, en grande partie parce que les passages exclusivement dédiés aux psychotropes sont souvent ceux qui m'intéressent le moins dans sa fiction. Pas sûr que la récurrence de l'ecstasy dans Taipei soit sa meilleure idée, surtout quand c'est pour dire toujours plus ou moins la même chose.
 
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Kid  /  Un talent FOU


en fait ce qui est amusant c'est qu'il décrit son expériences des drogues pharmaceutiques (qu'il sépare des psychédéliques sur plusieurs points) comme autodestructrice, terne et désespérée, exactement telle qu'on l'aperçoit dans Taipei.
les psychédéliques dont il parle ici sont pour lui le cadre d'une renaissance créative et spirituelle, qu'il aborde avec joie, énergie et curiosité (autant de choses aux antipodes du personnage développé dans Taipei). c'est en réalité un regard sur le sujet très différent de Taipei, car pour lui il s'agit d'une nouvelle période de sa vie, un renouvellement de son intérêt pour l'univers. d'ailleurs le livre ne parle exclusivement de drogues. elles sont le sujet central, mais il touche à des thématiques très variées, sans doute dans cet élan d'énergie créatrice qui s'éparpille partout.
de manière générale c'est assez inhabituel de sa part de se montrer aussi self-aware, sur ses oeuvres précédentes en particulier


       
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Audrey H.  /  Barge de Radetzky


Je viens de finir Le marin rejeté par la mer de Mishima. Ce livre est tellement détestable, l'histoire et le personnage du gamin, c'est fait exprès je le sais, mais ça m'a juste énervé.
Je passe à Cent ans de solitude et derrière j'enchainerai sur Don Quichotte
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Pangolin  /  Très premier degré


Je viens de finir Cent ans de solitude ! C'est marrant je lui trouve une ressemblance avec Les Hauts de Hurle-Vent.
 
   
    
                         
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