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 Ecrire sur des thèmes violents = voyeurisme ou exorcisation ? [bon pour la corbeille...]

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Séléné.C  /  La femme qui tomba amoureuse de la lune


Bonjour...


Suite à une discussion sur la CB qui m'a turlupinée...


Je crois que tout est plus ou moins dit dans le titre du sujet...



Quand on écrit une scène brutale ...
Est-ce par plaisir ?
(un plaisir un peu sadique, alors ?)
Ou bien parce que quelque chose a besoin d'être craché, vidé ?
Une douleur qui veut hurler ?
Une contrariété qui veut protester ?  
Est-ce que ça peut être les deux à la fois ?
Selon un dosage variable ou constant ?
Equilibré ou nuancé ?
Est-ce qu'il y a d'autres composantes en jeu ?


Very Happy A vous les claviers :write:
sans se taper dessus, même pour illustrer la question, hein Wink


Dernière édition par Séléné.C le Sam 3 Oct 2015 - 9:18, édité 2 fois
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Jana-Ships  /  Barge de Radetzky


Petit déterrage de topic pour dire que, à mon avis, non, écrire sur des thèmes violents ne veut pas forcément dire qu'on est pervers, que c'est une forme de voyeurisme, ou que c'est pour exorciser les démons. S'il y a trop de violence et qu'on la sent gratuite, là, oui, on peut dire que c'est une forme de perversité, mais au-delà, on peut écrire sur tous les sujets, alors pourquoi pas sur un sujet violent, ou tabou?

Certains peuvent s'en servir pour se défouler, ou comme thérapie, ils y mettront peut-être de la violence pour que ça passe un bon coup. C'est possible, bien sûr, mais tous les auteurs ne font pas forcément ça à cause de leurs sentiments. En tout cas, il ne me semble pas, je peux aussi me tromper.

Personnellement, j'ai déjà écrit des choses qui sont loin d'être mignonnes et qui abordent des sujets durs en tous genres, et je ne me considère pas comme perverse. J'écris, je teste, mais je n'en fais pas des tonnes, pas de violence gratuite car pour moi, ça ne sert à rien. Et je ne pense pas non plus exorciser mes démons, pas de cette manière en tout cas.

D'autres avis?
 
   
    
                         
Invité  /  Invité


Je suis d'accord. Un écrivain doit être un peu sophiste dans ses textes. On est parfois amener à ignorer notre personnalité et nos valeurs pour amener une intrigue là où elle doit. Idem pour les personnages. Ce n'est pas parce qu'un écrivain peut se montrer persuasif dans ses mots qu'il est convaincu de ce qu'il dit, ou en tire du plaisir.
 
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LadyRavenya  /  Double assassiné dans la rue Morgue


Comme dit, si le thème violent sert l'intrigue, ce n'est pas là du voyeurisme. Dans mon tome 2 des Chroniques, un personnage se fait violer...mais c'est indispensable pour justifier sa descente aux enfers et la naissance en lui d'une rage telle qu'il en vient au meurtre le plus dégueulasse possible. C'est également une façon de montrer que celui qui l'a conduit à cette situation est dénué de tout sens moral, pour des raisons expliquées et réfléchies. Je n'écris pas du tout ces scènes là pour extérioriser de la rage ou quoique ce soit. Après, je suis d'avis qu'il y en a qui le font et j'ai envie de dire, pourquoi pas ? Mieux vaut le faire par écrit qu'autrement. Laughing
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Rapsatriani  /  Barge de Radetzky


Heureusement que nous sommes pas ce que nous écrivons sinon je finirais vite fait en cabane......
De mon côté j'ai écrit énormément de scènes érotiques, chaudes pour la plupart, et cela ne me sert pas de défouloir, ni pour m'exorciser de mes fantasmes ( quoique dans certains cas...huhu...) .
J'ai également écris un roman fantastique un poil gore sur les scènes de meurtres, et là encore, aucun rapport avec les fondements de ma personne, d'ailleurs c'est ce qui rend parfois la tâche assez difficile , mes premiers écrits sur l'érotisme ont été pénibles à réaliser, puis une fois parti, ça allait tout seul Smile
La seule chose sur laquelle je ne m'engagerais pas à écrire sous peine cette fois de vivre vraiment ce que je couche sur papier, ce serait sur la politique, là il est possible que ça fumerait sévère Smile
 
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Jana-Ships  /  Barge de Radetzky


Ahah, la politique, dur sujet que voilà! Là, l'auteur peut se défouler dessus comme qu'il veut comment qu'il veut.

Globalement de l'avis de tous les posteurs, l'auteur doit garder une certaine distance avec ses textes. Vu le nombre de textes avec des thèmes violents qui existent, si tous les auteurs qui les avaient écrit étaient pervers ou que-ne-sais-je, je crois que ça ferait un beau paquet de monde à enfermer ou à éviter.
 
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Rapsatriani  /  Barge de Radetzky


Oh que oui !!! A commencer par les plus grands déjà Smile Y'avait du gros coquin autrefois Smile Du bon pervers en écriture !! Cependant il est des sujets qui me seraient vraiment pénible à écrire, impossible même, des scènes avec des enfants ou ce genre de choses, que ce soit violent ou pire encore. Là je dois avouer que je ne m'en sens pas capable, il faut tout de même un certain détachement sur ce genre de passage.
 
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Jana-Ships  /  Barge de Radetzky


Ah oui, c'est certain. Il y a des limites intérieures pour l'auteur. Et je dirais, heureusement qu'il y en a.
 
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Trench  /  Le bruit et la pudeur


G.R.R Martin écrit beaucoup sur les pénis et la violence, ça dit ce que ça veut dire
 
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Rapsatriani  /  Barge de Radetzky


ah ben j'ai fait une nouvelle pour mon deuxième recueil sur une relation d'un homme avec un transsexuel homme, incluant tous les détails croustillants de la scène, y'à pas à dire, c'était chaud à écrire...J'suis pas homophobe du tout mais pas pratiquant, pour décrire des choses non vécues ça reste tendu...
 
   
    
                         
Invité  /  Invité


D'une manière générale, il ne faut pas trop vite verser dans le jugement en criant à la perversion ou à l'immoralité.

Je pense par exemple au sado-masochisme qui me fait rigoler, je l'avoue, mais que je respecte, à l'horreur pour les gens qui aiment avoir peur, la dark-fantasy pour les atmosphères sinistres, les thrillers psychologiques pour ceux que les psychopathes horrifient et fascinent. Les jeux-vidéo aussi, où l'on est actif dans la violence parfois extrême (Notamment les coups finaux de certains jeux de combat) etc.

Quand il conduit à une forme d'intolérance bien-pensante, l'angélisme m'agace.

Je précise que personne ne doit se sentir viser. Il n'y a pas d'animosité envers quiconque dans mon propos. Je développe juste un avis très personnel.  Smile
 
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Lohengrin  /  Chevalier au Pancréas


Contrairement à la plupart des intervenants sur ce topic, je ne traite pas la violence avec distance dans le but de servir une intrigue générale, mais bien parce que j'y trouve mon compte.

Je ne parlerais pas de plaisir ou de douleur crachée (pour reprendre les mots de Séléné), mais plutôt d'une forme de satisfaction : le genre de satisfaction que l'on peut ressentir à gratter la croûte d'une plaie mal cicatrisée ou à fracasser un bibelot. La recherche d'un ressenti intense, aussi / ou de l'expression d'un ressenti intense.

Mais la violence peut revêtir diverses formes, dans le choix des mots, la structure du texte, la représentation d'une émotion / même quelque chose de très simple à première vue peut me sembler violent, en tant que lectrice. Et inversement, des scènes supra gore mal foutues me laissent indifférente.

Question complexe...
 
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Gemili  /  Tapage au bout de la nuit


Hmmmm, que serait la littérature si on se privait des thèmes violents ? Sûrement un amas de conte pour enfant.

J'ai l'impression que la question est mal posée. Déjà parce qu'elle ne propose que deux choix étranges mais, surtout, parce qu'elle prend le problème dans le mauvais sens.
Les vraies questions seraient : Pourquoi la violence ? A-t-on BESOIN de l'écrire ? Qu'est-ce que la violence ?

J'écris et je lis des scènes extrêmement violentes. Pourquoi ? Parce que je refuse de sublimer ce qui ne l'est pas à mes yeux, c'est pour servir mon message. Dans mes textes, je lutte contre le sublime qu'on a mis en place depuis des centaines d'années. Je clame haut et fort qu'un héros de guerre, ça n'existe pas. La guerre, c'est sale. La guerre, c'est violent en soi. Ce n'est pas bien de rêver à devenir un soldat triomphant du "mal" qu'est le soldat du pays d'à côté.
Décrire un acte de nature violente avec la même violence, c'est juste du réalisme.
Inversement, on a vu ces derniers temps une banalisation de la sublimation. Avec des personnages comme Hannibal, des centaines de "anti-héros mais à qui on s'identifie", au point de détruire l'idée de Catharsis.
Est-ce que décrire un viol avec douceur et caresse n'est pas un acte plus horrible que de le décrire avec violence pour en souligner le caractère malsain ?
Il y a des livres qui racontent l'histoire de violeur à la première personne. Ou de meurtrier. Ce sont des livres horribles à lire par leur côté sublime, justement. Ce qui les rend horrible, c'est l'idée même de comprendre les actions de ces gens, au risque de les ... excuser (ou au moins de les pardonner).
Concrètement, sublimer c'est quoi ? C'est associé violence et beauté, violenté et plaisir. Car violence n'est pas toujours synonyme de "sale" et donc de dégoût pour le lecteur.

Car il faut séparer "violent" et "cru". Si je décris un personnage qui bave en mangeant, avec beaucoup de détail, c'est dégueulasse sans être violent. De même, si les personnages ne font pas caca dans les livres, c'est parce que c'est scatologique (à ne pas confondre avec scatophilique) et que ça sert rarement le texte. Particulièrement pour les scènes de cul, elles peuvent être crue sans être violente.
De même, je peux être violent en restant vague. Puisqu'il est cité, je trouve que G.R.R Martin le fait très bien et que la série est bien plus crue que le livre.
L'écriture permet d'être beaucoup plus violent dans ce qu'on écrit, parce que l'imagination du lecteur va s'auto-censurer, sauter une phrase ou un paragraphe. Le cerveau est même capable de le faire inconsciemment (une belle bête) et j'ai tendance à penser que le livre peut aborder des thèmes plus violents, plus dur et donc servir plus facilement un message de : la violence, c'est caca.
Toute la difficulté est de ne pas tomber dans l'excès du dégoût qui va donner envie au lecteur de refermer le livre. Ou l'excès de violence qui rend toutes les scènes semblables et creuses, car aucune ne sort du lot.


Pour en revenir à la question de base, car je ne l'ai pas oubliée, je la trouve mal posée parce que je n'écris pas pour moi. Si je veux m'exorciser, je gribouille une connerie dans un coin. Le voyeurisme, c'est plus en tant que lecteur qu'on peut le trouver.
L'exorcisation, c'est plus quelque chose que je range dans les auto-bio/auto-fiction. Perso.


Pouf, c'était long. Je tenais vraiment à mettre des arguments là dessus :mrgreen:
 

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