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 Tout est dans le titre (et même ce qu'il n'y a pas)

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Pravda
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MessageSujet: Tout est dans le titre (et même ce qu'il n'y a pas)   Mer 12 Jan 2011, 17:24

Le titre est encore... A choisir. Il y aura des hipsters et des gens cool. C'est dans le style Jésus est à la piscine en peut-être moins absurde(même si le début laisse penser le contraire). Elle sera à mon avis beaucoup plus longue, je vous laisse le début, sachant qu'il y a presque une œuvre complète.
C'est la deuxième pièce que je vous livre et la deuxième que j'écris. Peut-être que ça me motivera à boucler ENFIN celle ci.

Des bisous. <== Ici pour les commentaires.


Dernière édition par Pravda le Mer 12 Jan 2011, 17:31, édité 2 fois
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Pravda
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MessageSujet: Re: Tout est dans le titre (et même ce qu'il n'y a pas)   Mer 12 Jan 2011, 17:26

Prologue
La scène est noir, seul un rayon de lumière au centre semble sortir du ciel, il donne l'impression qu'une apparition solennelle va arriver.

Cassandre entre d'un pas décidé, elle s'arrête et observe. Surprise elle est interloquée quelques secondes.


Ah ! Mais vous êtes là ! On m'avait dit que vous étiez là, mais vous voir c'est toujours un peu surprenant. C'est... Enfin, vous voyez ? Les dieux m'envoient vous dire que... Oui les dieux, rien que ça. Que vous êtes conviés à un spectacle grandiose. Vous savez entre nous, depuis le temps que je travaille pour les dieux, je peux vous dire qu'ils savent s'amuser, ils sont plutôt joueurs.

Un temps.

Ah ! Suis-je bête ? J'ai oublié de me présenter. On me nomme Cassandre. Les dieux m'ont donné le dons de prédire l'avenir, mais de n'être jamais écoutée. Ils sont farceurs vous savez. Les jeux sont déjà fait au moment où je vous parle, mais le gagnant reste inconnu. La tragédie est écrite, qui de l'amour ou de la haine triomphera ce soir ? Ce soir... Donc ce soir, sous la voute étoilé, le spectacle mettant en scène des pantins sur le grand échiquier, peut enfin commencer.


ACTE I
Une ville lumineuse dans le fond, une rue et un arbre près du côté jardin.

Scène 1

Martin, le bourreau

Martin : Souffrance, souffrance, souffrance ! Le monde est souffrance. Silence.
Je suis si seul, ici bas. Regardez ! Le ciel s'écarte, laissant passer une douce lumière sur mon corps, mon frêle corps. (Un faisceau de lumière lui tombe dessus, laissant le reste du décors totalement noir). Regardez ! Mes bras (il montre ses bras). Regardez ! mes jambes (il montre ses jambes). Regardez ! ma langue (il tire la langue). Que ce corps est laid. Que l'humain est moche. Toute cette crasse, ces microbes, tout pue. L'humain mouillé pue, autant que le chien mouillé. La viande humaine est mauvaise, son goût est amer, acide, les antibiotiques rendent la peau pourrie. Qui veut manger de cette carcasse ? Qui veut manger de cette chair ? Qui ? Voyez mesdames, comme je me sens seul, voyez messieurs comme je suis triste ici. Je n'irai jamais sur la lune, je ne gagnerai jamais des millions, je ne serais jamais surdoué, ni même intelligent. Je suis un homo sapiens. La troisième version. Après moi il y en aura d'autres, avant moi, il y en avait déjà. Je ne suis rien, je vis, je mange, je meurs et tout ceci n'a aucun sens. Aucun. Sur ces tristes constats, je me rends compte que ma vie est désuète, sans aucun sens, que je n'ai nul but, nul ami, nul amour. Je suis seul, si seul. (Silence).

Le bourreau entre et apporte une corde, il l'accroche à l'arbre et fait un nœud de pendu. Il dépose ensuite une chaise en dessous de la corde.

C'est donc aujourd'hui, devant vous, que j'ai décidé de mourir. (Il monte sur la chaise, et passe sa tête autour du nœud. Long silence. Il s'adresse ensuite à la coulisse). Je suis vraiment obligé de faire la scène comme ça et de mourir devant tout le monde ? Non parce que les gens ne savent peut-être pas que je vais vraiment mourir. (Il s'adresse au public). Il y avait une annonce sur Facebook "Cherche suicidaire pour faire scène d'introduction, bonne rémunération pour la famille". (Une voix dans la coulisse dit "oui, tu es obligé de faire cette scène, c'était écrit dans le contrat"). Bon... Très bien. (Silence).

Le bourreau arrive, se met derrière la chaise et s'apprête à la pousser.

Stop ! Arrêtez !
Le bourreau : Quoi ?
Martin : Vous allez prévenir ma famille, on est bien d'accord ?
Le bourreau : Oui.
Martin : Vous savez comment je m'appelle, vous n'allez pas vous tromper de famille ?
Le bourreau : Oui, tu t'appelles Martin, nous le savons.
Martin : Martin comment ?
Le bourreau : Martin... Martin... Quelque chose.
Martin : (s'esclaffant) Ha ? Ha ! Vous ne savez pas ! (Riant, la corde toujours autour du cou. Rire qui dure, jusqu'à laisser un silence.).
Le bourreau : Je peux ?
Martin : Hum... Oui. Éventuellement.

Il pousse la chaise et il se retrouve ainsi normalement pendu, mais, l'arbre étant peu solide, le décor s'écroule sur scène.

(Au sol) C'est un suicide vraiment raté je trouve.

Le bourreau(inquiet) : Vite ! Relève toi ! Il faut recommencer avant que les autres n'arrivent.
Martin : (Toujours au sol). Vous voyez bien que c'est trop tard. Tout est raté. Tout est nul ici, même mon suicide.
Le bourreau : Quoi, quoi ? Quoi ? Comment faire pour rattraper ce suicide manqué ? Il faut improviser. Les autres vont bientôt arriver et tu es toujours en vie ! C'est une catastrophe ! (S'adressant au public). Vous qui l'avez laissé se pendre, venez m'aider à le tuer. Il nous reste quelques secondes. Quoi ? Personne ne bouge ? Mon dieu ! Dieu aidez-moi ! (Le bourreau implore le ciel, il sort ensuite précipitamment par le côté jardin.)
Martin : (Se mettant sur les fesses, la corde autour du cou). Le décor est vraiment en carton. Je tâcherai de me plaindre à celui qui a fait la mise en scène.


Scène 2
Martin, Emmanuelle, l'Abbé, la bonne Lou

Entre Emmanuelle.

Emmanuelle (Entre avec le dos de la main sur le front, jouant la tristesse de la concubine effondrée de Martin) : Que le ciel est violent envers moi. Il me retire les êtres qui me plaisent. Que je me sens seule à présent. (Voyant Martin, surprise) Mais tu es encore en vie ? (Regardant le public) Il est en vie ? Mais que se passe t-il ici ? Ce n'était pas prévu.

Entre précipitamment l'Abbé .

L'Abbé : Madame ! Madame ! On m'informe que votre tendre époux s'est donné la mort. Je suis si triste pour vous, j'implore votre humanité et votre infinie tendresse. Soyez digne madame, soyez forte je vous en conjure. (S'approchant pour soutenir Emmanuelle qui ne s'écroule pas, il semble surpris). Vous... Vous ne tombez pas ?

Emmanuelle désigne du doigt Martin qui est assit.

Comment ! Qu-qu-quoi ! (Tournant la tête à droite et à gauche pour chercher une quelconque réponse). Mais il est en vie ?

Martin : Oui, c'est un suicide raté. Désolé mon cher Abbé. Repassez demain, qui sait ? Je serai peut-être mort ?
Emmanuelle : Ça serait bien pour tout le monde. C'est ce qui était prévu, je te le rappelle.
Martin : La vie est ainsi, on ne sait pas de quoi demain sera fait. Là, en l'occurrence, la mort s'en est allée.
Emmanuelle : Fais en sorte qu'elle revienne vite, et dès demain, sinon on devra l'aider à revenir. Crois moi !
Martin(effrayé) : Je te crois, je te crois ! (Silence).
Emmanuelle : Bien. (Silence).

L'Abbé : J'entends la bonne Lou qui arrive. (Un œil lubrique et joyeux)

Entre la femme de ménage Lou

Lou : Madame ! Madame ! Le président vient d'apprendre la nouvelle. Il vous donne toute sa peine. Mais il exige que votre mariage se fasse demain. Il a déjà choisi un remplaçant pour vous. Le baron Von Zimel.
Emmanuelle : (Étant prise au dépourvue, elle enchaine tout de même) Non je n'épouserai jamais un Allemand ! Plutôt... Plutôt mourir comme mon défunt Martin (elle s'efforce de ne pas le regarder). Il n'y avait que lui que j'aimais. Seulement lui. Je ne peux épouser quelqu'un même après sa mort. Ce serait trahir notre serment d'amour éternel.
Martin: Tu ne l'as pas trahis, je suis toujours là.
Emmanuelle : (coupant cours) Chut ! Tu es mort.
Martin : Mais non, puisque je suis là.
Lou : Il n'est pas mort ?
Emmanuelle : Chut ! Toi aussi !
Martin : Je suis bien en vie comme vous pouvez le voir.
Emmanuelle : Mais chut je te dis ! Chut !
Martin : Mais ...
Emmanuelle: Chut ! Je ne le répéterai pas !
Martin : … (Prononçant un son presque inaudible).
Emmanuelle : Chut ! Je n'y peux rien moi si tu es vivant ! (s'adressant à la bonne Lou) Retire toi maintenant, je ne veux plus entendre parler de ton Von Zimel, je ne l'épouserai pas ! Ma décision est prise et elle est définitive.
Martin : Tu en es bien sûre ?
Emmanuelle : Absolument ! Certaine ! Catégorique ! Affirmative ! (Silence)
Lou : Quoi ?
Emmanuelle : Retire toi !
Lou : Mais...
Emmanuelle : Retire toi ! Je ne le répéterai pas !
Lou : … (Prononçant à peine un son presque inaudible)
Emmanuelle : Retire toi ! (Lui mettant un coup de pied dans les fesses) Oust !

Lou sort par la contrainte.

l'Abbé (Flairant un bon coup) : Je vais l'accompagner, on ne sait jamais. Elle est peut être blessée.

L'Abbé sort.

Emmanuelle : Toujours à lui courir aux miches celui-ci.
Martin : C'est son métier d'Abbé.
Emmanuelle : Vraiment ?
Martin : Oui, il doit recueillir les brebis égarées, leurs donner du nectar lorsqu'elles ont soif, leur montrer la chose et la forme des choses. C'est une tâche difficile que d'être ainsi un berger. Il faut faire preuve d'abnégation, aider son prochain, le combler de bonheur, le remplir, s'occuper de ses moutons.
Emmanuelle (Sur le ton de la fervente croyante) : Amen ! (Silence).


Scène 3
Martin, Emmanuelle

Martin : Tu ne vas pas tout de même pas épouser ce "Von Zimel", douce Emmanuelle, nous sommes bien d'accord ?
Emmanuelle : Et bien... Maintenant que tu le dis. Pourquoi pas ? C'est un homme bon et il doit te remplacer.
Martin : Mais je suis toujours là ! Les hommes sont tous bons, lorsqu'il y a une femme à la clé. En toute sincérité tu devrais attendre avant de l'épouser, tu ne sais même pas de quoi il est fait.
Emmanuelle(riant) : C'est un homme ! Il est fait de chair et de sang, comme chaque homme avec les mêmes défauts, les mêmes envies, les mêmes sermons...
Martin : Il est Abbé ?
Emmanuelle : Non, mais je ne pensais pas à l'Abbé. Je pensais aux hommes.
Martin : L'Abbé est un homme.
Emmanuelle : Oui ! Il l'est ! Mais lui a fait vœux de chasteté. Enfin, dans l'idée.
Martin(Songeur) : D'une idée très lointaine alors.
Emmanuelle(Priant le ciel) : Faites qu'il soit homme, sans être trop Abbé ! (Silence).
Martin(Ayant une sorte d'illumination) : Mais j'y pense, il est si lointain, et je suis si présent, pourquoi ne pas m'épouser finalement ?
Emmanuelle : Car nous sommes déjà mariée. C'est un fait.
Martin(Songeur) : Ha oui... J'oubliais. Alors ne l'épousez pas, il faudrait d'abord divorcer.
Emmanuelle : Je fais ce que bon me semble, je suis libre et femme. Mon corps m'appartient en mon âme et conscience.
Martin : Et aussi aux yeux de ceux qui le regardent.
Emmanuelle : Je l'ai maudits ses regards là ! Qu'il aille au diable et qu'ils y brûlent de toutes leurs pervertités. Ainsi notre corps si désiré ne serait peut-être plus simplement une idole charnelle, prié et contemplé par leurs yeux impies.
Martin : Je suis d'accord, je te soutiens. Je t'aime, tu as bien dit que tu n'épouserais pas un Allemand, tu n'es plus de cet avis ?
Emmanuelle (jouant la belle) : Je fais ce que bon me semble. Tu n'as pas à me dicter ma conduite.
Martin : Ce n'est pas ce que je fais... J'attendais de toi un peu de reconnaissance, tout à l'heure j'étais quand même sur le point de mourir !
Emmanuelle : Mais tu n'es pas mort, ce qui veut dire que les cartes sont remises sur la table, et il me faudra me décider entre deux prétendants. Deux amants, deux amours... Deux ... Hummm... (Elle frisonne).
Martin : Tu ne trouveras jamais mieux que moi !


Scène 4

Martin, Emmanuelle , le bourreau

Entre le bourreau qui traverse la scène avec une hache géante. Emmanuelle et Martin sont surpris.

Le bourreau(s'exclamant) : C'est bon ! Je vais pouvoir lui trancher la gorge !
Martin (criant) : A moi ! Police !
Emmanuelle : Arrêtez !
Le bourreau (ralentissant dans son élan jusqu'à s'arrêter. Laissant par la suite trainer sa lourde hache sur le sol) : Pourquoi ? Il doit mourir.
Emmanuelle : Pourquoi ?
Le bourreau : Pourquoi quoi ?
Emmanuelle : Pourquoi quoi quoi ?
Le bourreau : Pourquoi quoi quoi quoi ?
Martin : Pourquoi pas ?
Le bourreau : Vous voyez qu'il veut mourir (Brandissant sa hache en l'air).
Emmanuelle : Arrêtez !
Le bourreau (laissant retomber sa hache) : Pourquoi ? Il doit... Je l'ai déjà di.
Martin : Oui, vous l'avez déjà dis.
Emmanuelle : Oui, en effet, vous l'avez déjà dis. (Silence).
Le bourreau : Laissez-moi simplement lui trancher la gorge et je retourne vaquer à mes occupations. Ça ne prendra pas longtemps. (Relevant sa hache et se ventant) J'ai beaucoup d'expérience dans ce métier, vous savez. Moins d'une seconde pour trancher une jugulaire et le tour est joué.
Emmanuelle : Non ! Vous ne tuerez pas mon mari !
Le bourreau (baissant sa hache) : Mais ce n'est pas moi qui décide, il me faut le tuer, c'est écrit dans mon contrat. C'est écrit partout où on peut le lire, qu'il faut et que je dois tuer Martin ! Mêmes les muets le disent !
Martin : (s'adressant à Emmanuelle) Ma tendre, comprenez sa détresse. C'est son métier tout de même, laissons le faire.
Le bourreau (heureux, relevant sa hache) : Vous voyez que j'ai raison !
Emmanuelle (Avec résignation) : Très bien, tranchez-lui la gorge.
Martin (Surpris) : Ha ? Nous parlions de ça ? Euh, non, finalement ça ne sera pas nécessaire.
Le bourreau (baissant sa hache) : Pourquoi ?
Emmanuelle : Pourquoi quoi ?
Le bourreau (Relevant sa hache) : Pourquoi pas maintenant ?
Martin(se protégeant le cou de ses mains) : Parce que je tiens à ma tête. (Le bourreau baisse sa hache)
Emmanuelle (s'adressant à Martin) : Ce n'est pas à toi de répondre mon chéri.
Le bourreau : Que vous êtes beau, que vous êtes mignon. (Silence). Je peux tuer Martin ?
Emmanuelle et Martin : Non !
Emmanuelle : Sortez, maintenant !
Le bourreau : Décidément, la vie est vraiment trop injuste. Un si petit cou, c'était presque trois fois rien de le couper. Donnez moi une raison de ne pas le faire ?
Emmanuelle : Retirer la vie à quelqu'un est la chose la plus cruelle au monde, car jusqu'à preuve du contraire, on n'a qu'une vie.
Le bourreau : Et les condamnés à mort ? Il faut bien quelqu'un pour les tuer ? Même si c'est un travail difficile et peu glorieux. Je gagne ma vie comment sinon ?
Emmanuelle : Trouvez autre chose ! Je n'ai pas à décidé de votre avenir. Espèce de tueur !
Martin : Ho ! Oui ! Espèce de tueur !
Le bourreau (sortant) : Vous êtes vraiment des gens peu compréhensifs. Si j'en avais le pouvoir. (silence). Je ne sais pas ce qui me retiens !
Emmanuelle : Nous ne savons pas non plus ce qui vous retiens de partir !

Le bourreau brandit sa hache dans un excès de colère, avant de la rabaisser et de sortir avec une triste moue, tirant sa hache qui traine sur le sol.

Martin : Ma biche, ma mie, tu m'as sauvé !
Emmanuelle : Sans nous les femmes, cela fait bien longtemps que vous les hommes vous n'auriez plus la tête sur les épaules. (Silence).
Martin : Et sans nous les hommes, vous n'auriez plus de carte bleue. (Silence) .
Emmanuelle : C'est bien là notre plus gros problème malheureusement. Changeons de sujet, tu veux du thé ? (Elle frappe deux fois des mains, pour appeler la bonne).
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